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Économie - Conjoncture

Sous tension, les prix des matières premières font vaciller les acteurs du secteur

La baisse prolongée des cours de l'énergie et autres métaux à laquelle s'ajoute une crise de confiance met les entreprises du secteur en position délicate.

Le cours de Bourse du géant des mines et du négoce Glencore a chuté de près de 30 % lundi en raison des inquiétudes liées à sa dette. Les autres grands noms du secteur minier sont victimes des mêmes maux. Romeo Gacad / AFP

Le dépôt de bilan d'un groupe japonais de transport maritime et les résultats en forte baisse du géant du négoce Louis Dreyfus ont confirmé hier l'impact de plus en plus sensible de la chute des cours de l'énergie et des matières premières sur la plupart des entreprises du secteur.
Lundi, déjà, le cours de Bourse du géant des mines et du négoce Glencore a chuté de près de 30 % sur la journée en raison des inquiétudes liées à sa dette. Mardi, le titre regagnait un peu de terrain (+3,76 % à la mi-journée), un analyste ayant envisagé une sortie pure et simple de la Bourse. Glencore est victime des mêmes maux que ceux qu'affrontent les autres grands noms du secteur minier : la baisse prolongée des cours des métaux, liée entre autres au ralentissement économique en Chine, premier consommateur mondial.
Les prix de l'énergie et de nombreuses autres matières baissent depuis des mois, principalement parce que leur production n'a cessé d'augmenter après de lourds investissements engagés en période de cours élevés, alors que la demande s'est orientée à la baisse. Les résultats semestriels publiés hier par Louis Dreyfus Commodities sont ainsi marqués par une chute de moitié des profits du groupe. Le secteur du transport maritime, lui, subit le contrecoup de cette tendance : l'armateur spécialisé dans le transport de vrac Daiichi Chuo Kisen Kaisha s'est placé hier sous la protection de la loi sur les faillites.

L'Asie en première ligne
À la Bourse de Londres, l'action Glencore, malgré son rebond d'hier, accuse encore une baisse de plus de 80 % depuis sa mise sur le marché en 2011, année du dernier pic du marché des matières premières. Sa capitalisation boursière est brièvement tombée lundi pour la première fois sous 10 milliards de livres (15,5 milliards de dollars). Glencore a cependant assuré hier n'avoir « aucun problème de solvabilité », tentant de couper court aux rumeurs de retrait de la cote. La banque Citigroup a de son côté jugé hier que le groupe offrait aujourd'hui des perspectives de valorisation et l'a recommandé à l'achat.
D'autres analystes sont plus prudents et préfèrent rester à l'écart du secteur des matières premières. « Il est difficile de trouver des arguments justifiant l'achat d'actions du secteur des matières premières en général avec le climat actuel sur la Chine », explique Gerren O'Neill, trader senior de Thames Capital Markets.
À Singapour, Noble Group, un négociant qui réalise la majeure partie de ses activités en Asie, a chuté de 10,1 % hier, retombant non loin des plus bas atteints pendant la crise financière de 2008 et ramenant sa capitalisation à moins de trois milliards de dollars de Singapour (3 milliards de dollars). En Australie, le mouvement de baisse a touché principalement le secteur de l'énergie : Santos, Origin Energy et Karoon Gas ont perdu entre 9 % et 11 % de leur valeur sur la journée.

« Crise de confiance »
« Il y a une crise de confiance et les investisseurs continuent de réduire leur exposition aux valeurs de matières premières », résume Benjamin Chang, directeur général du fonds LBN Advisers. Glencore et Noble Group souffrent aussi sur le marché du crédit, où les cours de leurs « credit default swaps » (CDS), des instruments de protection contre un risque de défaut d'une société sur sa dette, sont orientés à la hausse.
Le dépôt de bilan de Daiichi Chuo Kisen Kaisha a, lui, eu des répercussions sur les concurrents de l'armateur, le secteur contribuant au repli de 4,05 % de la Bourse de Tokyo. Daiichi Chuo, qui a enchaîné quatre exercices consécutifs dans le rouge en raison de la baisse de la demande chinoise de minerai de fer et de charbon, affichait environ 108 milliards de yens (902 millions de dollars) de dettes fin mars alors que sa valeur boursière ne dépasse pas 11,7 milliards de yens.
Autre conséquence de la crise des marchés de matières premières : la dépréciation des devises de pays dont celles-ci constituent une source primordiale de revenus.
(Source : Reuters)

Le dépôt de bilan d'un groupe japonais de transport maritime et les résultats en forte baisse du géant du négoce Louis Dreyfus ont confirmé hier l'impact de plus en plus sensible de la chute des cours de l'énergie et des matières premières sur la plupart des entreprises du secteur.Lundi, déjà, le cours de Bourse du géant des mines et du négoce Glencore a chuté de près de 30 % sur la journée en raison des inquiétudes liées à sa dette. Mardi, le titre regagnait un peu de terrain (+3,76 % à la mi-journée), un analyste ayant envisagé une sortie pure et simple de la Bourse. Glencore est victime des mêmes maux que ceux qu'affrontent les autres grands noms du secteur minier : la baisse prolongée des cours des métaux, liée entre autres au ralentissement économique en Chine, premier consommateur mondial.Les prix de...
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