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Moyen Orient et Monde - Soudan Du Sud

L’esclavage sexuel, nouvelle facette terrifiante de la guerre

Des milliers de femmes et de filles sont enlevées par des soldats et des milices pour leur servir de domestiques et assouvir leurs « besoins ».

Le camp de réfugiés de Bentiu, géré par l’Onu au Soudan du Sud. Tristan McConnell / AFP

Emmenée de force dans un camp militaire, l'une a été attachée et violée durant deux mois ; une autre a été kidnappée par des soldats et violée cinq nuits d'affilée : l'enlèvement systématique de milliers de femmes et de filles, réduites en esclaves domestiques et sexuelles, est une nouvelle facette terrifiante de la guerre au Soudan du Sud. Ainsi, des dizaines de témoignages, recueillis dans l'État septentrional isolé d'Unité, mettent en lumière une pratique récurrente.
Nyabena, 30 ans et mère de cinq enfants, a été capturée par des soldats qui ont attaqué en avril son village du comté de Rubkona. Les garçons et les hommes ont été abattus. Les maisons pillées et incendiées. Les filles et les femmes rassemblées et emmenées, à pied, avec celles d'un village voisin, vers le comté de Mayom. La zone est le fief du général Matthew Puljang, chef d'une milice ethnique Bul Nuer, alliée à l'armée sud-soudanaise loyale au président Salva Kiir, qui affronte depuis décembre 2013 les forces rebelles menées par l'ancien vice-président Riek Machar. Durant la journée, Nyabena est mise au travail, sous surveillance, portant biens et nourriture pillés, allant chercher de l'eau ou sarclant les potagers des soldats. La nuit, elle est attachée aux autres femmes, à la disposition des miliciens.
« Quand un soldat voulait avoir des rapports sexuels, il venait, nous détachait et nous emmenait. Quand il avait fini, il vous ramenait et vous rattachait », raconte Nyabena, ramenant ses coudes derrière le dos pour montrer la façon dont elle était liée. Être violée par quatre hommes chaque nuit était commun, dit-elle. Celles refusant de travailler ou se défendant contre leur violeur disparaissaient : « Le matin, on découvrait qu'elles n'étaient plus là », relate-t-elle.
Nyamai, 38 ans et mère aussi de cinq enfants, enlevée dans le comté de Koch, a passé la plupart du temps attachée. Dix soldats faisaient parfois la queue la nuit pour abuser d'elle. Quand elle les a implorés « qu'un seul s'occupe d'elle », elle a été battue. Nyatuach, elle, n'a plus de nouvelles de deux de ses trois filles adolescentes, depuis leur enlèvement lors de l'attaque de leur village. Mais elle sait tout de leur calvaire, depuis que la troisième (17 ans) est revenue avec trois de ses nièces, toutes « très malades et très maigres ». Elles « étaient faibles et, tellement d'hommes ayant eu des rapports avec elles, des fluides s'écoulaient de leurs corps », explique Nyatuach, décrivant une incontinence provoquée par une fistule obstétrique – une déchire de la paroi entre le vagin et la vessie ou le rectum –, conséquence de viols particulièrement sauvages.
Rebecca a retrouvé sa fille de 12 ans au lendemain de l'attaque de leur village du comté de Koch. « Ces gens se sont servis de moi », a raconté la fillette à sa mère.

(Source : AFP)

Emmenée de force dans un camp militaire, l'une a été attachée et violée durant deux mois ; une autre a été kidnappée par des soldats et violée cinq nuits d'affilée : l'enlèvement systématique de milliers de femmes et de filles, réduites en esclaves domestiques et sexuelles, est une nouvelle facette terrifiante de la guerre au Soudan du Sud. Ainsi, des dizaines de témoignages, recueillis dans l'État septentrional isolé d'Unité, mettent en lumière une pratique récurrente.Nyabena, 30 ans et mère de cinq enfants, a été capturée par des soldats qui ont attaqué en avril son village du comté de Rubkona. Les garçons et les hommes ont été abattus. Les maisons pillées et incendiées. Les filles et les femmes rassemblées et emmenées, à pied, avec celles d'un village voisin, vers le comté de Mayom. La zone est le...
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