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Économie - Focus

Les médias russes passent aux grandes manœuvres après une loi patriotique

De la presse économique aux chaînes de télévision pour enfants, les grandes manœuvres capitalistiques s'accélèrent dans les médias russes, conséquence de la décision de Moscou de limiter la présence des étrangers dans ce secteur soumis à un contrôle croissant du pouvoir.
À partir du 1er janvier 2016, les étrangers ne pourront plus détenir plus de 20 % du capital de médias russes, en vertu d'une loi rédigée notamment par des députés ultranationalistes et communistes, et promulguée en octobre 2014 par le président Vladimir Poutine.Voulu selon leurs auteurs pour défendre la Russie des « ingérences étrangères » en pleine crise ukrainienne, le texte contraint les grands groupes internationaux de médias soit à céder le contrôle de leurs biens à des partenaires locaux, soit à partir purement et simplement de Russie d'ici à la fin de l'année.
Le géant allemand Axel Springer vient d'opter pour la deuxième solution pour ses titres en Russie : les magazines GEO, OK ! et surtout l'édition russe de Forbes influent dans les milieux économiques pour ses informations économiques et ses très attendus classements des fortunes des oligarques. Le propriétaire du tabloïd Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne, n'a pas caché son amertume, dénonçant une mesure « inacceptable » lorsqu'il a annoncé la cession de ses titres à l'homme d'affaires russe Alexandre Fedotov. Au printemps dernier, c'est le quotidien des affaires Vedomosti, l'un des derniers journaux indépendants de Russie, qui avait changé de mains. Le groupe de médias finlandais Sanoma avait vendu sa part de 33 % à un entrepreneur russe quadragénaire, Demian Koudriavtsev. Le sort du reste du capital, que se partagent les éditeurs des journaux Financial Times et Wall Street Journal, reste en suspens. Depuis l'adoption de la loi, l'avenir de Forbes, de Vedomosti et de la radio indépendante Echo de Moscou, également concernée, alimente toutes les inquiétudes tant ils sont devenus des exceptions dans le paysage médiatique russe. Ce dernier a subi une nette reprise en main en quinze ans de pouvoir de Vladimir Poutine et laisse très peu de place aux voix critiques du Kremlin.
L'éditorialiste Andreï Babitski dénonçait au moment du vote du texte une volonté de « priver les rares médias privés de leur dernière défense contre l'arbitraire (leurs propriétaires indépendants) ».
La loi constitue « une déclaration politique : nous voulons être souverains, nous voulons que les médias soient contrôlés par des patriotes », juge Ekaterina Schulmann, professeur à l'Académie russe de l'économie nationale et de l'administration publique. « Elle s'inscrit dans une série de lois répressives qui ont pour but d'affirmer une position qui ne sera pas forcément appliquée », poursuit la politologue, interrogée par l'AFP.
Le temps presse : plus l'échéance approche, plus les médias, au pied du mur, risquent de devoir accepter des prix de vente cassés pour se plier à la loi, dans un contexte de crise économique en Russie qui plombe déjà le marché publicitaire.
Germain MOYON/AFP

De la presse économique aux chaînes de télévision pour enfants, les grandes manœuvres capitalistiques s'accélèrent dans les médias russes, conséquence de la décision de Moscou de limiter la présence des étrangers dans ce secteur soumis à un contrôle croissant du pouvoir.À partir du 1er janvier 2016, les étrangers ne pourront plus détenir plus de 20 % du capital de médias russes, en vertu d'une loi rédigée notamment par des députés ultranationalistes et communistes, et promulguée en octobre 2014 par le président Vladimir Poutine.Voulu selon leurs auteurs pour défendre la Russie des « ingérences étrangères » en pleine crise ukrainienne, le texte contraint les grands groupes internationaux de médias soit à céder le contrôle de leurs biens à des partenaires locaux, soit à partir purement et simplement...
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