Une photo du Premier ministre roumain Victor Ponta prise en juin 2015. AFP/Daniel Mihailescu.
Le Premier ministre roumain Victor Ponta était soumis, hier, à la double pression de la Haute Cour de justice, où une audience préliminaire a eu lieu sur les accusations de corruption portées contre lui, et du Parlement, où l'opposition a déposé une motion de censure. Le Premier ministre social-démocrate, qui a fêté ses 43 ans dimanche, a une nouvelle fois exclu de démissionner, affirmant qu'il était important pour la Roumanie de « bénéficier de stabilité ». L'opposition de centre droit a pour sa part annoncé avoir déposé une motion de censure contre le gouvernement, invitant les élus de la majorité à appuyer cette démarche. « La situation actuelle, avec un Premier ministre renvoyé en justice, compromet une nation tout entière », estiment les auteurs de ce texte. « Dans n'importe quel autre pays de l'UE, le Premier ministre aurait démissionné dès l'ouverture de poursuites à son encontre, soit il y a plus de trois mois », ont-ils ajouté.
Premier chef d'un gouvernement roumain à devoir se défendre devant un tribunal tout en occupant toujours ses fonctions, M. Ponta est accusé de « 17 infractions de faux en écriture », de « complicité d'évasion fiscale » et de « blanchiment » d'argent, pour des faits remontant à 2007-2011, quand il était avocat. Le parquet anticorruption (DNA) le soupçonne également de conflit d'intérêts dans l'exercice de ses fonctions, pour avoir nommé ministre, à trois reprises, un de ses proches, qui sera jugé par la Haute Cour. Les procureurs n'ont toutefois pas pu entamer de poursuites sur ce volet, car le Parlement, où la coalition de centre gauche dispose d'une confortable majorité, a refusé de lever l'immunité parlementaire de M. Ponta. S'il a demandé, à plusieurs reprises, la démission de Victor Ponta, le président conservateur Klaus Iohannis ne dispose d'aucun moyen constitutionnel d'obtenir son départ. Le chef de file de l'opposition, Alina Gheorghiu, a affirmé que des « discussions » sont en cours avec les élus de la majorité pour les convaincre de lâcher un Premier ministre que nombre d'analystes décrivent comme « un fardeau » pour la gauche.
(Source : AFP)


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