Yoshikazu Tsuno/AFP
Après des échauffourées entre sénateurs, un nouvel obstacle a été franchi hier au Japon dans le parcours houleux vers l'adoption définitive de nouvelles lois de défense, autorisant l'envoi de militaires dans un conflit à l'étranger, une première depuis la guerre. Plusieurs sénateurs en sont donc violemment venus aux mains, au Parlement à Tokyo, avant d'approuver en commission cette législation proposée par le gouvernement de droite de Shinzo Abe. La prochaine et dernière étape, un vote en session plénière au Sénat, devrait intervenir dans les jours à venir. Pour ceux qui s'y opposent, ces lois, censées permettre au Japon d'intervenir pour défendre un allié, vont à l'encontre du renoncement à la guerre inscrit dans l'article 9 de la Charte fondamentale imposée en 1947 par les États-Unis. Selon ses détracteurs, cette nouvelle lecture de la Constitution pourrait précipiter le pays aux côtés des Américains dans des guerres au bout du monde. Toutefois, sûr de son bon droit, M. Abe fait fi des multiples avertissements d'universitaires et de juristes. Mais sa position inflexible lui coûte en popularité : les sondages témoignent de l'opposition d'une majorité des citoyens, attachés au caractère pacifiste de la Constitution.


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