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Moyen Orient et Monde

Pillage archéologique à l’échelle « industrielle » en Syrie, s’alarme l’Unesco

L’EI se livre à un important trafic marchand d’objets anciens excavés de façon sauvage en Syrie. Joseph Eid/AFP

Le groupe État islamique (EI) se livre en Syrie à un pillage archéologique à l'échelle « industrielle », s'est alarmée hier la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, soulignant la nécessité de lutter contre le trafic d'objets d'art qui sert à financer le jihadisme.
Des images satellite et l'afflux d'objets antiques observé sur les marchés clandestins témoignent d'un « pillage à l'échelle industrielle » en Syrie, via des « milliers de fouilles archéologiques illégales », a déclaré Mme Bokova lors d'une conférence sur le sujet à Sofia. « Limiter le trafic d'objets d'art est en ce moment la priorité numéro un », d'autant qu'il « sert au financement des extrémistes », a souligné la directrice générale de l'Unesco, qui a appelé les pays membres de l'Union européenne en particulier à « consolider leur législation pour arrêter ce trafic », soulignant qu'ils avaient « beaucoup » à faire dans ce domaine.
Parallèlement aux destructions à caractère idéologique de sites antiques, l'EI se livre à un important trafic marchand d'objets anciens, excavés de façon sauvage dans ce pays au très riche patrimoine antique, qui le finance au même titre que les trafics d'armes, de pétrole ou d'êtres humains. « De nombreuses images prises par satellite (...) montrent des sites archéologiques en Syrie parsemés de milliers de fouilles archéologiques illégales, littéralement des trous, qui témoignent d'un pillage à l'échelle industrielle », a témoigné Mme Bokova. Outre les importants revenus générés, cette activité « fait partie d'une stratégie de purge culturelle pour détruire le passé, le présent et l'avenir de cette région connue comme un berceau de la civilisation humaine », a-t-elle souligné.
Selon le directeur des antiquités de Syrie Maamoun Abdulkarim, la situation est complexe car les extrémistes ont installé des campements à l'intérieur de plusieurs sites antiques. « Ce n'est pas simplement l'histoire de la Syrie qu'ils essayent de détruire aujourd'hui, mais toute une page de l'histoire de l'humanité », a-t-il alerté dans une vidéo diffusée pendant la conférence.
En termes de lutte contre les trafics, l'Unesco appelle à une accélération du processus de signature et de ratification de sa convention de 1970 sur la protection des patrimoines culturels et à laquelle seuls 128 États ont souscrit. Mme Bokova a reconnu que si les pays européens et les États-Unis étaient parmi les plus susceptibles de réagir efficacement au commerce d'objets pillés en Syrie, ce trafic s'établissait à « l'échelle mondiale ».
(Source : AFP)

Le groupe État islamique (EI) se livre en Syrie à un pillage archéologique à l'échelle « industrielle », s'est alarmée hier la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, soulignant la nécessité de lutter contre le trafic d'objets d'art qui sert à financer le jihadisme.Des images satellite et l'afflux d'objets antiques observé sur les marchés clandestins témoignent d'un « pillage à l'échelle industrielle » en Syrie, via des « milliers de fouilles archéologiques illégales », a déclaré Mme Bokova lors d'une conférence sur le sujet à Sofia. « Limiter le trafic d'objets d'art est en ce moment la priorité numéro un », d'autant qu'il « sert au financement des extrémistes », a souligné la directrice générale de l'Unesco, qui a appelé les pays membres de l'Union européenne en particulier à...
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