Janet Yellen, à la tête de la Fed, devrait annoncer en fin de journée la décision prise par l’institution concernant les taux directeurs. Brendan Smialowski/AFP
Les membres de la Banque centrale américaine ont entamé hier une réunion monétaire de deux jours qui tient les marchés financiers en haleine, car la Fed n'a jamais été aussi près de relever les taux d'intérêt depuis neuf ans. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) a commencé à se réunir hier en début d'après-midi et annoncera sa décision sur ses taux directeurs aujourd'hui à 14h00 heure locale (21h00). La Fed révélera aussi de nouvelles prévisions économiques. Une demi-heure plus tard, la présidente Janet Yellen donnera une conférence de presse.
Jamais depuis le dernier cycle de hausse de taux d'intérêt américains en juin 2006, la Fed n'a été aussi proche de tourner la page de la politique monétaire ultra-accommodante. Les taux ont été maintenus proches de zéro depuis la crise financière de 2008 pour fluidifier le crédit et soutenir la consommation et l'emploi (voir ci-dessous).
Selon un sondage du Wall Street Journal, il y a encore un mois, une large majorité d'économistes (82 % des 64 interrogés) misaient assurément sur un relèvement des taux à cette réunion. La première économie mondiale connaît une croissance solide sans être époustouflante, en s'acheminant vers une expansion de 2,5 % environ pour l'ensemble de 2015. Mais surtout le taux de chômage est au plus bas depuis sept ans à 5,1 %. Plus récemment pourtant, selon cette enquête publiée le 11 septembre, les économistes n'étaient plus que 46 % à assurer qu'une hausse des taux interviendrait aujourd'hui. Entre-temps les marchés financiers ont été victimes d'accès de volatilité dans le sillage des incertitudes sur l'économie chinoise.
Encore attendre ?
La Fed pourrait vouloir attendre d'apprécier ces « développements internationaux », comme elle les appelle souvent, avant d'enclencher une hausse des taux historique. Le scénario rappelle ce qui s'était passé en juin 2013 lorsque Ben Bernanke, le patron de la Fed à l'époque, avait annoncé la fin proche des injections de liquidités de la banque centrale dans le système financier, destinées à soutenir la reprise. La nouvelle avait chahuté les marchés boursiers et provoqué l'affolement sur les marchés émergents, où plusieurs monnaies avaient souffert de la fuite des capitaux se réfugiant sur le dollar. Du coup, la Fed avait attendu encore six mois avant de réduire progressivement ses achats d'actifs. Aujourd'hui, un autre argument pourrait pousser la Fed à reporter encore le début d'une normalisation de la politique monétaire : l'inflation est loin d'être au rendez-vous. La Fed aimerait voir une hausse des prix tourner autour de 2 %, un objectif qu'elle estime sain pour l'économie. Mais la chute des prix de l'énergie et des matières premières ainsi que l'appréciation du dollar compriment depuis des mois l'évolution des prix à +0,3 % sur un an, selon l'indice PCE, baromètre favori de la banque centrale. La Fed ne cesse d'assurer que ces facteurs ne sont que « passagers ».
L'indice des prix à la consommation pour août publié hier n'a guère changé la donne, montrant une nouvelle baisse de 0,1 % sur un mois. « La basse inflation combinée avec le fait que la Fed, allergique aux risques, aimerait en savoir plus sur ce qui se passe avec l'économie chinoise et le plongeon des marchés financiers signifient que le Comité monétaire va laisser les taux inchangés cette semaine », présageait hier Harm Bandholz, économiste en chef pour les États-Unis d'UniCredit. Pour Chris Low, de FTN Financial au contraire, il faut « s'attendre à une hausse des taux après la réunion ». « La date de la première hausse est secondaire par rapport au rythme de hausse qui sera adopté », a estimé pour sa part l'OCDE hier.
Le Comité monétaire de la Fed a encore deux autres réunions à son calendrier avant la fin de l'année, fin octobre et mi-décembre.
(Source : AFP)


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