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Moyen Orient et Monde - Migrants

La police hongroise ferme le principal passage à la frontière serbe

Toujours divisés, les pays européens tentent de réagir face à l'afflux des réfugiés qui menace la liberté de circuler dans l'espace Schengen.

La Hongrie a fermé sa frontière avec la Serbie hier en érigeant des barbelés et déployant les militaires. Attila Kisbenedek/AFP

Des migrants en pleurs devant des barbelés subitement tendus devant eux : Budapest a fermé hier le principal point de sa frontière avec la Serbie au moment où les pays européens, réunis à Bruxelles, tentaient laborieusement d'apporter une réponse à l'afflux de réfugiés qui menace la liberté de circuler en Europe. À Röszke, le principal point de transit des migrants à la frontière serbe, une quinzaine de policiers hongrois en uniforme bleu empêchaient leur passage, pendant que d'autres agents tendaient des fils de fer en travers de la voie, selon des journalistes de l'AFP. Des migrants arrivant de Serbie éclataient en pleurs en voyant que le passage n'était plus libre. Et dès aujourd'hui, la Hongrie devait mettre en œuvre une nouvelle législation destinée à leur rendre sa frontière infranchissable. Par ailleurs, à la frontière germano-autrichienne, le retour des contrôles – « comme dans les années 1980 » – a déclenché embouteillages et protestations. Sur le pont reliant l'Autriche à l'Allemagne entre Salzbourg et Freilassing, les chauffeurs devaient redécouvrir la patience comme avant l'entrée en vigueur progressive à partir de 1985 des accords de Schengen. Dès l'aube à Freilassing, des bouchons monstres s'étaient formés, passeports et véhicules étant désormais contrôlés par les policiers, qui orientent les réfugiés vers des centres d'accueil. La capitale de la Bavière, Munich (Sud), est proche de la saturation, avec 63 000 réfugiés arrivés en deux semaines.

« Inaction de Schengen »
Au même moment, à Bruxelles, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn mettait en garde les dirigeants européens. « Si nous ne nous ressaisissons pas ensemble aujourd'hui, l'Europe sera totalement déchirée », a averti M. Asselborn, qui présidait un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE. Ces derniers, divisés, devaient examiner les mesures dévoilées la semaine dernière par la Commission européenne, qui a exhorté les États membres à se répartir, suivant des quotas contraignants, la « relocalisation » de 160 000 réfugiés au total. Ils ont entériné leur décision prise fin juillet de se répartir l'accueil de 40 000 réfugiés se trouvant en Grèce et en Italie (même s'ils ne se sont pour l'instant entendus que sur la destination de quelque 32 000). Mais les discussions s'annonçaient plus difficiles sur les 120 000 supplémentaires. « L'Allemagne est légitime à rétablir des contrôles, j'ai déjà eu à procéder moi-même à une décision similaire », a souligné le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, arrivé, hier, au Conseil au côté de son homologue allemand Thomas de Maizière. Devenue en quelques semaines une terre promise pour des réfugiés de plus en plus nombreux qui pourraient atteindre un million cette année, l'Allemagne a justifié sa décision par « l'inaction » de l'UE. De son coté, la Commission européenne a jugé que la décision de l'Allemagne « soulignait l'urgence » de parvenir à un plan européen de répartition. Elle a également annoncé hier qu'elle recourrait, à partir de début octobre, à la force militaire contre les passeurs de migrants dans le cadre de son opération navale en Méditerrannée

Durcissement des pays européens
La décision de Berlin a immédiatement fait des émules parmi les pays de l'Est – Slovaquie et République tchèque – qui rejettent depuis des semaines l'idée allemande de quotas de répartition des réfugiés entre les 28 membres de l'UE, mais aussi en Autriche, elle aussi sous pression.
La Pologne, elle, s'est dit prête, en cas de danger pour sa sécurité, à rétablir « sans délai » des mesures de contrôle à ses frontières. Vienne a aussi décidé de déployer des militaires à sa frontière avec la Hongrie, où le flux de migrants a pris des proportions sans précédent à la veille de la mise en œuvre des nouvelles dispositions antimigrants de Budapest. Plus de 4 500 migrants se sont ainsi présentés au poste-frontière autoroutier de Nickelsdorf entre minuit et 06h00.
Avant la réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, hier après-midi, les ministres allemand et français ont tenu une réunion à huis clos avec leurs homogues italien, grecque et hongrois, ainsi qu'avec un membre de la Commission et la présidence luxembourgeoise.
La France et l'Allemagne « ont mis la pression sur les Italiens, les Grecs et surtout les Hongrois pour qu'ils mettent en œuvre les hotspots », ces centres d'accueil pour faire le tri entre réfugiés et migrants illégaux à renvoyer vers leur pays d'origine, a indiqué à l'AFP une source européenne.
De son côté, le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés a mis en garde contre un « vide juridique » auquel seraient confrontés les réfugiés en Europe avec la multiplication des mesures prises isolément par les États, et a souligné une nouvelle fois « l'urgence d'une réponse globale européenne ».

(Source: AFP)

Des migrants en pleurs devant des barbelés subitement tendus devant eux : Budapest a fermé hier le principal point de sa frontière avec la Serbie au moment où les pays européens, réunis à Bruxelles, tentaient laborieusement d'apporter une réponse à l'afflux de réfugiés qui menace la liberté de circuler en Europe. À Röszke, le principal point de transit des migrants à la frontière serbe, une quinzaine de policiers hongrois en uniforme bleu empêchaient leur passage, pendant que d'autres agents tendaient des fils de fer en travers de la voie, selon des journalistes de l'AFP. Des migrants arrivant de Serbie éclataient en pleurs en voyant que le passage n'était plus libre. Et dès aujourd'hui, la Hongrie devait mettre en œuvre une nouvelle législation destinée à leur rendre sa frontière infranchissable. Par ailleurs,...
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