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Nos lecteurs ont la parole - Abdel Hamid El-Ahdab

Les parents des réfugiés syriens qui affluent en Europe entraient en transe en écoutant les discours de Abdel Nasser

Les réfugiés syriens qui, par dizaines de milliers aujourd'hui et par centaines de milliers demain, rampent et ramperont de la Syrie, jadis cœur palpitant de l'arabisme, vers l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, la France... et leurs pères et grands-pères à tous se tenaient en 1958 pendant des jours et des jours par millions sur la place du palais présidentiel à Damas pour écouter les discours de Gamal Abdel Nasser préparés par Mohammad Hassanein Haykal. Le raïs faisait vibrer les foules à Damas, Alep et toutes les villes arabes. Il disait que la démocratie factice qui est partout chantée n'est autre que la démocratie réactionnaire qui n'a pas coupé ses liens avec le colonialisme. Elle n'est qu'une dictature rétrograde. La liberté de critique s'est perdue avec la disparition de la liberté de la presse (sic)... « Ainsi parlait Abdel Nasser, suivi en cela par le monde arabe qui a répété après lui les mêmes a priori. »
Les peuples ont marché derrière lui, croyant qu'il leur recouvrait leur dignité, mais ne sachant pas ce qui les attendait !
Il est mort par la suite, mais ces schèmes sont demeurés dominants. Ils ont engendré des dictatures. Abdel Nasser était lui-même dictateur, mais il avait les mains propres et jouissait d'un charisme politique énorme. Mais les dictatures qui se sont succédé après lui et qui ont appliqué ses idées et ses propos provocateurs, remplis de haine de classe et manquant de réalisme et de toute ébauche de plan visant à l'essor de l'Égypte et du monde arabe, ont propagé la haine sociale et incité aux troubles publics. Ces dictatures ne jouissaient d'aucun charisme et n'avaient pas les mains propres. Elles étaient le fruit d'un processus qui avait commencé à la chute des « indépendantistes » et qui avait continué avec un Nasser porteur d'une vision politique, puis avec une série de dictatures, celles de Saddam Hussein, Assad, Hosni Moubarak, Abdallah Saleh, Mouammar al-Kadhafi, Zein el-Abidine, etc. Mais la défaite de 1967 était intervenue entre-temps et les Arabes avaient été blessés dans leur dignité. Ces dictatures sont ensuite tombées à la suite du tsunami qui a balayé la région et qui a provoqué un trouble effrayant et un vide qui a été rempli par les fanatiques religieux et qui a fait empirer les choses, le tout parce que la vision nassérienne de la démocratie « factice », du colonialisme, de la réaction... s'est écroulée avec l'écroulement des dictatures. Le monde arabe baigne à présent dans le sang et n'est plus que vide. Les fils des pays de la région ont commencé à migrer. En Syrie, la moitié de la population a, par exemple, quitté le pays. Mais il faut dire que les Arabes qui n'ont plus d'orgueil à présent et qui s'estiment exilés dans le monde d'aujourd'hui sont étrangers partout, même en leur propre pays où ils se sentent opprimés, humiliés...
Pendant toute la période d'expansion de la « culture » nassérienne et jusqu'à sa chute et la chute des dictatures arabes, le problème de la démocratie, de la liberté et de la dignité de l'homme n'a pas été résolu, ce qui a donné aux Arabes le sentiment d'avoir perdu leur rang dans le monde et de ne pouvoir le récupérer. D'où l'émergence de Daech et de ses frères !
Ce climat génère une haine de soi. D'où la multiplication des suicidaires qui aboutit à un monde où des groupes âgés de milliers d'années et conservateurs de grandes civilisations sont contraints de s'exiler en laissant derrière eux une terre qu'ils ont héritée de leurs lointains aïeux, pour demander refuge sous de nouveaux cieux. Les élites de ces groupes n'ont pu, pendant tout un siècle, acquérir un développement, assurer une libération nationale, installer la démocratie ou même opérer une modernisation sociale, la seule chose qu'ils ont recueillie étant une sorte de stalinisme nationaliste.
Cette migration historique des peuples imbus de l'arabisme d'antan vers l'Europe qui leur a ouvert ses portes nous fait penser à la statue de la Liberté à New York qui semble se tourner vers le monde arabe et sur laquelle est écrit :
« Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Qui, en rangs pressés, aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte. »
Nous sommes à un tournant de l'histoire. Des civilisations humaines s'écroulent en Orient et vaquent vers l'Ouest civilisateur, cet Ouest qui ne porte plus le nom d'Europe ou d'Amérique, mais est devenu le monde occidental, le monde tout simplement de la liberté, de la connaissance, le monde dont la médecine est La médecine et dont la philosophie est La philosophie !
Le monde arabe a, pendant un siècle, injurié l'Occident tout en vivant à sa charge...
Ce même monde a traversé tout un siècle sans même fabriquer une brosse à dents, mais se permet de pérorer sur sa civilisation perdue... Son Livre sacré nous dit « Eqraa » (Lit) mais nous sommes au nombre des pays qui lisent le moins de livres ou, plus exactement, qui ne lisent pas !
C'est un monde qui, contrairement aux autres peuples de la terre qui engendrent de nouvelles générations, est le seul à n'enfanter que des pères et grands-pères !
Le cours de l'histoire – que le monde arabe n'a pas compris, qu'il refuse et qu'il continuera de refuser – nous apprend qu'au cours des siècles à venir, les batailles seront celles de la science et de la morale, et que l'histoire se limitera en son cheminement à ce domaine.
Pendant un siècle entier, du Golfe à l'océan, des tribus ont abusé et il n'y avait plus ni pensée ni morale. Les intellectuels sont absents et la culture est devenue marchandise aux mains des mercenaires.
C'est ainsi que nous sommes parvenus à cette situation ! Tous les peuples arabes s'apprêtent à migrer et à se fixer dans un nouveau monde.
La civilisation de l'Orient s'est écroulée en totalité. En témoignent non seulement les bains de sang, mais aussi la migration de centaines de milliers de personnes vers un monde où existent la vie, la liberté et la dignité humaine. La moitié meurt en chemin et ceux qui survivent décident de vivre une autre vie !

Abdel Hamid EL-AHDAB
Avocat

Les réfugiés syriens qui, par dizaines de milliers aujourd'hui et par centaines de milliers demain, rampent et ramperont de la Syrie, jadis cœur palpitant de l'arabisme, vers l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, la France... et leurs pères et grands-pères à tous se tenaient en 1958 pendant des jours et des jours par millions sur la place du palais présidentiel à Damas pour écouter les discours de Gamal Abdel Nasser préparés par Mohammad Hassanein Haykal. Le raïs faisait vibrer les foules à Damas, Alep et toutes les villes arabes. Il disait que la démocratie factice qui est partout chantée n'est autre que la démocratie réactionnaire qui n'a pas coupé ses liens avec le colonialisme. Elle n'est qu'une dictature rétrograde. La liberté de critique s'est perdue avec la disparition de la liberté de la presse (sic)......
commentaires (1)

Chaque cycle de ces Printanières, portera la marque de la "Défaite" ! Mais ce ne sera pas le Printemps qui succombera, ce seront les traditionnels appendices qui parasitent : personnes, illusions et idées "Malsaines" dont ce Printemps n'est pas encore dégagé et dont il ne peut être affranchi par ces illusoires victoires actuelles, mais seulement par une suite de défaites. Ce n'est donc point par ses conquêtes prématurité que ce Cycle Printanier se frayera la voie ; au contraire, c'est en faisant surgir une Contre-révolution compacte, en se créant un adversaire clair et net à sa hauteur et en le combattant sur le terrain que cette Printanière pourra devenir une Révolution Culturelle ! Dans ce corps à corps entre cette Contre-révolution qui sort ses cornes et ce Printemps Arabe, la première aura en ses mains tous les postes décisifs, tous les "Moyens Coinniques" musulmans et chrétiens, dans le moment même où ces Printanières déferlent sur le Monde Arabe et où chaque nouvelle apporte un nouveau bulletin Printanier tantôt de Tunisie, de Syrie ou des confins de l’Arabie, entretenant l'ivresse des Saines Populations Arabes et non des "autres Sectaires et Malsaines" : leur donnant les témoignages d'une Victoire qu'elles avaient déjà cru consommée ! Ce qui se déroule en fait n’est qu’une Bataille, certes essentielle, mais non encore la Vraie Guerre. "C’est Ici qu’est la rose, c’est Ici qu’il faut danser !".

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 51, le 15 septembre 2015

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  • Chaque cycle de ces Printanières, portera la marque de la "Défaite" ! Mais ce ne sera pas le Printemps qui succombera, ce seront les traditionnels appendices qui parasitent : personnes, illusions et idées "Malsaines" dont ce Printemps n'est pas encore dégagé et dont il ne peut être affranchi par ces illusoires victoires actuelles, mais seulement par une suite de défaites. Ce n'est donc point par ses conquêtes prématurité que ce Cycle Printanier se frayera la voie ; au contraire, c'est en faisant surgir une Contre-révolution compacte, en se créant un adversaire clair et net à sa hauteur et en le combattant sur le terrain que cette Printanière pourra devenir une Révolution Culturelle ! Dans ce corps à corps entre cette Contre-révolution qui sort ses cornes et ce Printemps Arabe, la première aura en ses mains tous les postes décisifs, tous les "Moyens Coinniques" musulmans et chrétiens, dans le moment même où ces Printanières déferlent sur le Monde Arabe et où chaque nouvelle apporte un nouveau bulletin Printanier tantôt de Tunisie, de Syrie ou des confins de l’Arabie, entretenant l'ivresse des Saines Populations Arabes et non des "autres Sectaires et Malsaines" : leur donnant les témoignages d'une Victoire qu'elles avaient déjà cru consommée ! Ce qui se déroule en fait n’est qu’une Bataille, certes essentielle, mais non encore la Vraie Guerre. "C’est Ici qu’est la rose, c’est Ici qu’il faut danser !".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 51, le 15 septembre 2015

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