Les proches de la victime, Riham Dawabcheh, hier, à Douma. Thomas Coex/AFP
Des milliers de Palestiniens ont marché hier pour la troisième fois en cinq semaines jusqu'au cimetière de Douma, en Cisjordanie, pour enterrer Riham Dawabcheh, morte de ses blessures, après son bébé et son mari, à la suite d'un incendie imputé à des extrémistes juifs.
« Israël, État terroriste », a scandé la foule, avançant sous les drapeaux palestiniens et portant à bout de bras le corps de Riham Dawabcheh, lui-même enveloppé dans les couleurs noir-blanc-vert-rouge, de la petite école du village, rebaptisée « école du martyr Ali », jusqu'au cimetière proche.
Riham Dawabcheh, brûlée au troisième degré sur 80 % de son corps, a succombé peu après minuit à l'hôpital Sheba dans la banlieue de Tel-Aviv, moins d'un mois et demi après l'incendie de la petite maison familiale de Douma, a indiqué l'hôpital. Cette enseignante avait eu 27 ans dimanche.
Les autorités palestiniennes ont décrété trois jours de « deuil national » et fait mettre les drapeaux en berne.
De la petite famille ne subsiste qu'Ahmad, 4 ans, grièvement brûlé, mais dont « la situation s'est améliorée », a dit une porte-parole de l'hôpital Sheba. « Il doit encore subir plusieurs opérations, dont une la semaine prochaine, et c'est alors seulement qu'on pourra dire avec certitude que ses jours ne sont plus en danger », a-t-il ajouté.
Pour rappel, avant sa mère, son petit frère de 18 mois Ali avait péri dans l'incendie du 31 juillet. Son père Saad Dawabcheh, 32 ans, avait succombé huit jours plus tard.
Condoléances de Netanyahu
L'affaire a suscité colère et crainte en Cisjordanie, où la cohabitation entre Palestiniens et colons reste très tendue et où des villageois palestiniens ont entrepris d'organiser des rondes pour se protéger. Elle a remis en lumière les agissements violents des extrémistes juifs et ravivé l'accusation de complaisance de la part des autorités israéliennes.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a redit hier qu'il considérait l'incendie comme un acte « terroriste », terme plus fréquemment employé pour les agissements palestiniens, et a adressé une nouvelle fois ses condoléances à la famille. « Les forces de sécurité font tout leur possible pour arrêter les agresseurs et les traîner en justice », a-t-il assuré. En effet, malgré le retentissement de l'affaire, les auteurs n'ont toujours pas été publiquement identifiés. « Plus d'un mois a passé, et on attend toujours que le gouvernement israélien traduise les terroristes en justice », a déclaré Saëb Erakat, un proche du président palestinien Mahmoud Abbas. Il a invoqué la responsabilité du gouvernement israélien dans la « culture de l'impunité » et la propagation de la haine.
L'envoyé de l'Onu Nickolay Mladenov s'est dit lui aussi « inquiet du manque de progrès » de l'enquête.
De son côté, le Hamas a appelé les mouvements palestiniens et sa branche armée « à répondre avec force et détermination » au « terrorisme des colons soutenus par l'occupant » israélien.


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