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Économie - Politique Économique

La Chine et les taux d’intérêt américains au menu du G20 Finance

Réunis en Turquie, les ministres des Finances du G20 ont largement planché sur les deux grands dossiers qui agitent l'économie mondiale. Ils se sont également penchés sur la question de la crise des migrants qui frappe l'Europe.

Les acteurs du G20 Finance, réunis à Ankara, ont surtout évoqué les dossiers du ralentissement chinois et des taux d’intérêt américains. Adem Altan/AFP

Les grands argentiers du G20 tentaient hier en Turquie de serrer les rangs face à deux défis économiques majeurs, le ralentissement chinois et une probable hausse de taux américaine, et n'ont pu faire l'impasse sur la crise des migrants qui secoue l'Europe.
Les cahots boursiers et économiques en Chine comme les intentions de la Réserve fédérale américaine (Fed) constituent jusqu'à samedi le plat de résistance des débats des ministres des Finances et banquiers centraux des vingt principales économies mondiales réunis à Ankara. Une partie de la réunion s'est aussi tenue avec les ministres du Travail.
La Turquie est cette année le pays hôte des réunions du G20, dont celle qui réunira en novembre les chefs d'État et de gouvernement, et passera le relais l'an prochain à la Chine.
« L'ambiance n'est pas du tout de mettre la Chine sur le banc des accusés », a assuré un participant aux réunions, disant avoir une « pleine confiance » dans la capacité du gouvernement chinois, assis sur plus de 3 000 milliards de dollars de réserves en devises, à gérer le ralentissement. « Mais il faut communiquer de manière plus claire » à Pékin, a encore dit cette source, évoquant une « certaine confusion » suscitée par la dévaluation brutale du yuan en août.
Prenant moins de pincettes, le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a annoncé son intention de demander « des comptes » aux responsables chinois sur leur politique de changes. Néanmoins, les participants vont s'efforcer de rassurer, en particulier les Bourses, encore en baisse vendredi.

« Vigilants mais pas inquiets »
« Nous sommes vigilants mais pas inquiets », a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Quant au patron de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, il avait assuré jeudi qu'il ne se fixait « aucune limite » dans son soutien à l'économie de la zone euro.
C'est désormais au tour de la Fed de préciser ses intentions. La publication hier de chiffres mitigés sur l'emploi américain n'a rien fait pour lever les incertitudes et a donné des arguments à la fois pour et contre une hausse des taux dès le 17 septembre. Une telle décision, après des années de largesse monétaire, enverrait une onde de choc dans les pays émergents, dont certains, comme le Brésil et la Russie, sont déjà mal en point. La Turquie, guère plus vaillante, a vu sa devise toucher un nouveau plus bas historique face au dollar hier, sous la barre des 3 livres turques pour un billet vert. Et un durcissement monétaire américain aurait un effet d'aspirateur sur les capitaux, aimantés par de meilleurs rendements, au détriment des économies émergentes.
Les ministres et gouverneurs, sans le Français Michel Sapin retenu par des discussions fiscales à Paris, doivent aborder aussi les « fonds vautours » qui empêchent certains pays de restructurer leurs dettes, le financement du terrorisme, le réchauffement climatique, et les stratégies des multinationales pour éviter l'impôt.

« Structurée et ambitieuse »
Quittant la sphère purement économique, les responsables réunis à Ankara ont également évoqué les migrants, dans un contexte de grande émotion internationale après la publication de la photo du corps sans vie du petit Aylan.
« Nous avons discuté pour la première fois la question des migrations dans le cadre des migrations de travail », a déclaré à la presse le ministre turc du Travail et de la Sécurité sociale, Ahmet Erdem.
« Si l'on considère le vieillissement rapide de la population mondiale et un possible déficit de main-d'œuvre à venir, je pense que cette question sera encore discutée davantage lors des réunions du G20 dans les années à venir », a prédit M. Erdem. M. Moscovici a, lui, appelé à une réponse européenne « extrêmement forte et unie ». « Le nationalisme n'est jamais la réponse, la fermeture n'est jamais la réponse, le manque de générosité n'est jamais la réponse », a-t-il insisté, alors que les pays européens restent divisés.
Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria, a, lui, appelé dans un communiqué à soutenir une proposition « structurée et ambitieuse » du président François Hollande et de la chancelière Angela Merkel sur des quotas obligatoires d'accueil de migrants dans les pays de l'Union européenne.
Le « Groupe des vingt » représente 85 % de l'économie mondiale et deux tiers de la population mondiale.
(Source : AFP)

Les grands argentiers du G20 tentaient hier en Turquie de serrer les rangs face à deux défis économiques majeurs, le ralentissement chinois et une probable hausse de taux américaine, et n'ont pu faire l'impasse sur la crise des migrants qui secoue l'Europe.Les cahots boursiers et économiques en Chine comme les intentions de la Réserve fédérale américaine (Fed) constituent jusqu'à samedi le plat de résistance des débats des ministres des Finances et banquiers centraux des vingt principales économies mondiales réunis à Ankara. Une partie de la réunion s'est aussi tenue avec les ministres du Travail.La Turquie est cette année le pays hôte des réunions du G20, dont celle qui réunira en novembre les chefs d'État et de gouvernement, et passera le relais l'an prochain à la Chine.« L'ambiance n'est pas du tout de mettre...
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