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Politique - Conflit

Kassem affirme que les négociations Liban-Israël doivent se limiter à « la sécurité mutuelle »

Le chef du Hezbollah a qualifié l’accord annoncé entre Washington et Téhéran de « grande victoire » pour Téhéran et de « moment charnière » pour le Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, s'exprimant le 17 juin 2026, à l'occasion de l'ouverture, selon la tradition chiite, des commémorations de Achoura. Capture d'écran de la retransmission de l'allocution par la chaîne du parti, Al-Manar.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé mercredi que les négociations menées par le Liban avec Israël depuis avril sous l’égide de Washington, jusque-là rejetées par son parti, devaient se limiter à « la sécurité mutuelle ». « Tout projet visant à désarmer ne passera pas ; c’est une recette d’Israël pour tout prendre et détruire le pays », a-t-il affirmé.

Il a appelé dans ce cadre à profiter de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 pour mettre en œuvre « cinq points : l’arrêt de l’agression par air, terre et mer, le retrait d’Israël de l’ensemble du territoire libanais, la libération des prisonniers, le retour des habitants jusqu’au dernier centimètre du Liban et la reconstruction ». Selon lui, « l’armée libanaise se déploie exclusivement au sud du fleuve Litani » dans ce cadre. « Il n’existe ni zones pilotes ni zones sûres pour Israël, ni zones jaunes, rouges ou vertes ; Israël do it partir et il partira », a-t-il ajouté.

Un accord de cessez-le-feu avait été conclu à l’issue du quatrième cycle de négociations israélo-libano-américaines à Washington, les 2 et 3 juin derniers. Le président de la Chambre, allié du Hezbollah, avait rejeté ce texte, qualifié d’« injuste ». Il prévoit notamment des « zones pilotes » dans lesquelles l’armée israélienne et le Hezbollah devraient se retirer, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise.

Naïm Kassem a également appelé « les autorités libanaises et toutes les parties concernées à consolider le récit des revendications libanaises face à l’ennemi israélien, sans les lier à aucune question interne et sans accepter qu’Israël intervienne dans nos affaires intérieures ». « Tout ce qui concerne l’organisation de notre situation interne doit être totalement exclu des négociations ; cel a doit être discuté en interne », a-t-il insisté. Il a souligné que « dans toute négociation, l’exigence fondamentale doit être la restauration de la souveraineté du Liban », estimant qu’Israël « est l’agresseur et n’a pas à intervenir dans la manière dont le Liban organise sa souveraineté ou ses affaires internes ». Il a dans ce cadre appelé le président de la République et les autorités politiques à « assumer leur responsabilité dans la réunification des positions, le dialogue et une discussion apaisée, afin d’expulser l’ennemi et de restaurer la souveraineté ».

« Le Liban n’aurait pas survécu »

Le chef du Hezbollah a par ailleurs affirmé que la résistance au Liban faisait face à l’agression israélienne, estimant que « tous les indicateurs depuis 1948 montrent qu’Israël vise un Liban incapable afin de pouvoir l’occuper et l’engloutir ». Il a rappelé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait exprimé son souhait d’un « Grand Israël ». « Certains ne voient pas, d’autres n’entendent pas, et d’autres encore interprètent les propos comme s’ils n’avaient pas été tenus, alors que les faits sur le terrain montrent l’expansion israélienne », a-t-il déclaré. Selon lui, « il ne s’agit pas d’un objectif criminel mais d’un crime », évoquant un « boucher agissant avec brutalité et sans humanité, sous couverture internationale ». « Que faut-il de plus pour comprendre les intentions d’Israël ? », a-t-il ajouté.

Il a également accusé Israël de viser « l’élimination du Hezbollah militairement, culturellement, politiquement, socialement et au niveau populaire », ce qui reviendrait selon lui à « l’effacement d’une large partie de la société libanaise ». « Tel est leur plan pour faciliter l’engloutissement du Liban », a-t-il poursuivi, ajoutant que « le danger est existentiel ». « Nous ne combattons pas pour une parcelle de terre, mais pour une existence, une vie, une terre, un avenir et un chemin », a-t-il affirmé.

Le Hezbollah, selon lui, aurait « brisé le projet israélien ». « Nous ne lui avons pas permis de nous tuer, ni de contrôler notre terre, ni de s’y installer, ni de réaliser le projet de Grand Israël », a-t-il déclaré. Il a estimé qu’il n’est pas « facile pour un petit groupe face à une puissance s’étendant jusqu’aux États-Unis de briser un tel projet ». Le chef du Hezbollah a également affirmé que, sans la résistance, « le Liban n’aurait pas survécu », ajoutant que le mouvement a mené « 3 185 opérations en 105 jours depuis le 2 mars , soit une moyenne de 30 opérations quotidiennes ».

« Grande victoire » et « moment charnière »

Évoquant l’accord annoncé entre Washington et Téhéran pour mettre fin aux tensions régionales, incluant, selon l’Iran et le médiateur pakistanais, le front libanais, il a qualifié ce texte de « grande victoire » pour Téhéran et de « moment charnière » pour le Liban. Il a appelé à en « tirer profit » au Liban afin d’« expulser Israël » du territoire. « Nous félicitons le peuple iranien, la résistance, ainsi que les États et peuples de la région et du monde aspirant à l’indépendance et à la liberté pour cette grande victoire », a déclaré le chef du Hezbollah.

Il a également remercié l’Iran pour avoir « lié la scène libanaise » à cet accord et pour avoir, selon lui, « contraint Israël à arrêter l’agression ». Selon lui, « la puissance de la tyrannie américaine s’est brisée et son projet colonial contre l’Iran a échoué ». Il a ajouté que « la puissance de l’Iran est désormais considérable, dotée d’une voix importante dans la région et dans le monde », estimant que « les rapports de force vont évoluer dans le sens du mieux, en faveur des peuples de la région ».

De son côté, le président libanais Joseph Aoun a affirmé mercredi que le processus de négociations avec Israël est « indépendant » de l’accord annoncé entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Depuis l’annonce de cet accord, qui doit être signé vendredi en Suisse, le Hezbollah a réduit la fréquence de ses tirs contre l’armée israélienne. Les frappes israéliennes ont également diminué, tout en faisant encore cinq morts depuis lundi, selon les autorités libanaises.

Le Liban avait été entraîné dans le conflit après des tirs de roquettes du Hezbollah contre Israël le 2 mars, auxquels l’État hébreu a répondu par des bombardements aériens ayant fait plus de 3 800 morts, ainsi qu’une offensive terrestre dans le sud du pays, où des troupes occupent toujours une partie du territoire.


Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé mercredi que les négociations menées par le Liban avec Israël depuis avril sous l’égide de Washington, jusque-là rejetées par son parti, devaient se limiter à « la sécurité mutuelle ». « Tout projet visant à désarmer ne passera pas ; c’est une recette d’Israël pour tout prendre et détruire le pays », a-t-il affirmé.Il a appelé dans ce cadre à profiter de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 pour mettre en œuvre « cinq points : l’arrêt de l’agression par air, terre et mer, le retrait d’Israël de l’ensemble du territoire libanais, la libération des prisonniers, le retour des habitants jusqu’au dernier centimètre du Liban et la reconstruction ». Selon lui, « l’armée libanaise se déploie exclusivement au sud du fleuve...
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