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À La Une - drame

Publier la photo d'Aylan ou pas, la presse française s'explique

Plusieurs médias français se sont expliqués vendredi sur leur décision de ne pas publier la photo du petit Syrien Aylan Kurdi échoué sur une plage. REUTERS/Kurdi family/Handout

Plusieurs médias français se sont expliqués vendredi sur leur décision de ne pas publier la photo du petit Syrien échoué sur une plage, à l'inverse de la plupart des quotidiens européens, certains invoquant le respect de la dignité humaine.

Seul le quotidien Le Monde, qui paraît à la mi-journée, avait mis jeudi à sa Une la photo d'Aylan, ce qui a suscité une "surprenante controverse", selon l'éditorial du journal catholique La Croix.
"Nous n'avons pas publié cette image et nous ne la publierons pas en raison de l'idée que nous nous faisons de la dignité humaine. Nous nous l'interdisons par respect pour la mémoire d'une personne et pour la douleur de ses proches", explique Guillaume Goubert, le directeur du quotidien.

Delphine Ernotte, nouvelle présidente du groupe de télévision public France Télévisions, a justifié la décision de flouter le visage de l'enfant dans les journaux télévisés de 13h et 20h jeudi "par respect".
"Il est légitime quand on est un média aussi puissant que la télévision de réfléchir à l'impact que ça va avoir sur tous nos publics", a-t-elle ajouté. "Se demander comment un enfant de 12 ans, par exemple, va recevoir cette image s'il regarde le journal avec ses parents, c'est notre responsabilité."

 

(Lire aussi : "Mes enfants m'ont glissé des mains" : le père du petit Aylan raconte)


Le quotidien de gauche Libération, qui s'était déjà justifié sur son site internet, est revenu vendredi dans ses pages sur la photo "iconique". "La réponse est malheureusement simple : nous ne l'avons pas vue. Pour être précis, ceux qui l'ont vue ont eu un mouvement de recul (...) ou n'ont pas tiré la sonnette d'alarme", écrit Johan Hufnagel, le directeur en charge des éditions.

Pour le quotidien populaire Le Parisien, qui la publie vendredi en page trois, une telle publication "est une violence qui, en l'espace d'une journée, s'est transformée en évidence". "Parce que cette photo doit rester imprimée dans ces pages et dans nos mémoires comme celle qui a changé le regard des Européens sur la crise des migrants", écrit Frédéric Vézard, directeur adjoint des rédactions.

Interrogé par l'AFP, Le Figaro a choisi vendredi de publier deux photos de l'enfant, l'une où il est vivant, l'autre où son corps est partiellement caché par un policier turc qui le recueille.

 

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