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Moyen Orient et Monde - Crise Des Réfugiés/Droit D’Asile

« L’Europe doit cesser de s’émouvoir et commencer à se mouvoir »

Des milliers de migrants progressent sur la route des Balkans dans l'espoir de gagner l'espace Schengen.

Des jeunes migrants se reposant après avoir passé la frontière serbo-hongroise. Bernadett Szabe/Reuters

Plusieurs dirigeants européens sont montés au créneau hier en faveur du droit d'asile des réfugiés.
Dans un communiqué commun, les ministres français, allemand et britannique de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Thomas de Maiziere et Theresa May rappellent notamment « l'urgence de mettre en place, et au plus tard avant la fin de l'année », en Grèce et en Italie des « hot spots », des centres de tri destinés à faire la distinction entre personnes pouvant relever du statut de réfugiés et de migrants économiques clandestins. Les trois ministres ont souhaité également l'établissement, « très rapidement », d'une « liste des pays d'origine sûre » afin de « compléter le régime d'asile européen commun, de protéger les réfugiés et d'assurer l'effectivité des retours des migrants illégaux dans leurs pays ».
« L'Europe doit cesser de s'émouvoir et commencer à se mouvoir. On doit choisir enfin (...) d'avoir une politique d'immigration européenne, avec un droit d'asile européen », a martelé pour sa part le président du Conseil italien Matteo Renzi.
Les migrants qui « fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions doivent être accueillis », a abondé hier le Premier ministre français, Manuel Valls. Les « migrants doivent être traités dignement, abrités, soignés ». Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a pour sa part jugé « scandaleuse » l'attitude de certains pays de l'est de l'Europe face à la crise des réfugiés.

« L'humiliation »
Pendant ce temps, sur la « route des Balkans », des milliers de migrants – principalement des Syriens, Irakiens et Afghans – poursuivaient leur périple vers l'espace Schengen à pied, en bus, en train. Des centaines d'entre eux ont continué hier de franchir la frontière serbo-hongroise, en dépit de l'achèvement d'une clôture de barbelés par la Hongrie – qui a enregistré 50 000 arrivées au mois d'août – sur les 175 km de frontière. Rares étaient les migrants à entrer en Hongrie en se faufilant sous la clôture de barbelés, sur laquelle on pouvait voir de nombreux lambeaux de vêtements. La grande majorité empruntait la voie de chemin de fer où aucune barrière n'a été érigée, et où les trains ne passent qu'à très faible allure.
Dans le sud de la Serbie, dans l'air poussiéreux d'un centre d'accueil de migrants de Presevo, Samar, syrienne de 40 ans et mère de deux adolescents, était assise sur un morceau de carton en attendant que son mari finisse les démarches pour les enregistrer auprès des autorités serbes. « Le pire dans ce voyage, c'est l'humiliation », a-t-elle confié à une journaliste de l'AFP. « Nous sommes dans un labyrinthe, allant de file d'attente en file d'attente, et maintenant ici, en Serbie, la police nous crie dessus comme si nous étions des animaux », a déclaré, les larmes aux yeux, cette réfugiée qui a fui Damas.
Un employé de l'agence gouvernementale serbe pour les réfugiés et les migrants a reconnu que les services de son pays étaient dépassés par l'afflux de migrants. « Le gouvernement serbe veut les aider mais nous n'avons l'infrastructure nécessaire que pour un millier de personnes », a indiqué Dejan Milisavisevic. Or, chaque jour, « 2 000 à 3 000 personnes arrivent ».
Les chiffres de migrants quittant quotidiennement la Grèce, pays par lequel ils transitent pour l'Europe de l'Ouest, varient selon les sources. Si l'Onu parle de 1 500 personnes, un employé d'ONG du côté macédonien de la frontière évoque plutôt 3 500 arrivées quotidiennes.

Enfants syriens « disparus »
Par ailleurs, à Budapest, un cinquième suspect, un Bulgare, a été interpellé par la police hongroise dans la nuit de samedi à dimanche dans le cadre de l'enquête sur le camion découvert jeudi dernier en Autriche avec 71 cadavres de migrants, a annoncé hier la police. Trois Bulgares – le propriétaire du camion, qui est d'origine libanaise, et deux chauffeurs – ainsi qu'un Afghan avaient été arrêtés vendredi. La justice les soupçonne d'être les « petites mains » d'un gang de trafic d'êtres humains. Selon les premiers éléments de l'enquête, les 71 migrants ont péri asphyxiés.
Au lendemain de cette découverte macabre en bordure d'une autoroute autrichienne, un camion transportant 26 migrants avait été intercepté dans l'ouest du pays. Trois enfants syriens, souffrant de déshydratation sévère, avaient été hospitalisés dans un état de santé « extrêmement mauvais ». Hier, la police autrichienne a annoncé que ces trois enfants avaient « disparu » avec leurs parents, et étaient probablement partis pour l'Allemagne.

En Méditerranée
Autre voie de passage fréquentée par les migrants tentant de gagner l'Europe, la Méditerranée connaît également une série de tragédies. Sept corps se sont échoués sur la plage libyenne de Khoms (à environ 120 km à l'est de Tripoli) après un nouveau naufrage, a indiqué hier le Croissant-Rouge libyen, qui ignorait encore quand l'embarcation avait chaviré, ainsi que le nombre de personnes qui se trouvaient à bord.
En Italie, la justice a ordonné le maintien en détention de dix hommes – sept Marocains, deux Syriens et un Libyen – soupçonnés d'être responsables de la mort de 52 migrants par asphyxie dans la cale d'un bateau. Les corps de ces migrants avaient été retrouvés mercredi dernier.
(Source : AFP)

Plusieurs dirigeants européens sont montés au créneau hier en faveur du droit d'asile des réfugiés.Dans un communiqué commun, les ministres français, allemand et britannique de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Thomas de Maiziere et Theresa May rappellent notamment « l'urgence de mettre en place, et au plus tard avant la fin de l'année », en Grèce et en Italie des « hot spots », des centres de tri destinés à faire la distinction entre personnes pouvant relever du statut de réfugiés et de migrants économiques clandestins. Les trois ministres ont souhaité également l'établissement, « très rapidement », d'une « liste des pays d'origine sûre » afin de « compléter le régime d'asile européen commun, de protéger les réfugiés et d'assurer l'effectivité des retours des migrants illégaux dans leurs...
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