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Économie - Focus

Quand les pays émergents relancent la guerre des monnaies pour rester compétitifs

Les devises des pays émergents asiatiques souffrent particulièrement des craintes d'un nouvel affaiblissement du yuan et des inquiétudes sur la reprise apathique de la croissance mondiale.

Les dévaluations-surprise du renminbi par la Banque centrale chinoise (PBOC) ont été interprétées par certains observateurs comme étant destinées à enrayer le repli des exportations du pays. Archives/AFP

Les pays émergents producteurs de matières premières, qui souffrent déjà de la faiblesse de la demande mondiale hors États-Unis, laissent filer leurs devises dans l'espoir de rester compétitifs, après la dévaluation surprise de la monnaie chinoise. La dépréciation de ces devises s'est amplifiée ces derniers temps à cause de la vigueur du dollar, dans la perspective d'un relèvement des taux d'intérêt aux États-Unis.
Hier, le Kazakhstan a ainsi cessé d'intervenir pour encadrer les mouvements de la tenge, provoquant une dégringolade de sa monnaie, qui est tombée à un plus bas historique face au dollar (257,21 tenges pour un dollar).

Dévaluer pour être compétitif
Les devises des pays émergents asiatiques souffrent particulièrement ces derniers jours « des craintes d'un nouvel affaiblissement du yuan et des inquiétudes sur la reprise apathique de la croissance mondiale », a expliqué Kit Juckes, analyste chez Société générale. Les autorités kazakhes ont « décidé de laisser (leur devise) évoluer librement afin qu'elle soit compétitive face aux monnaies affaiblies de ses principaux partenaires économiques, la Russie et la Chine », a ajouté Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.
Les dévaluations surprise du renminbi (« monnaie du peuple », nom officiel de la devise chinoise) par la Banque centrale chinoise (PBOC) ont été interprétées par certains observateurs comme étant destinées à enrayer le repli des exportations du pays, après la publication de statistiques économiques décevantes.
En réaction aux baisses successives de la monnaie chinoise, le Vietnam a également porté un coup à sa devise mercredi en élargissant la fourchette dans laquelle elle peut fluctuer, ce qui a provoqué une chute du dong à son plus bas historique de 22 410 dongs pour un dollar. Le pays a ainsi procédé à sa troisième dévaluation de l'année, selon des cambistes.
De son côté, le rouble souffre depuis fin 2014 de la dégringolade des cours du pétrole couplée aux sanctions des Occidentaux liées à la crise ukrainienne. L'effondrement de la devise de la Russie a entraîné une violente récession dans ce pays, qui a plombé aussi ses partenaires et voisins, comme le Kazakhstan.
Ce processus s'étend à tous les marchés émergents, a relevé Jasper Lawler, citant en exemple le rand sud-africain, tombé hier à son niveau le plus faible depuis fin 2001, à 13,00 rands pour un dollar. La monnaie sud-africaine, comme la devise indonésienne (tombée hier à un plus bas historique à 13 926 roupies pour un dollar), souffre aussi en grande partie de la faiblesse des cours des matières premières.
Au Brésil, cependant, « les soucis du real sont autant politiques qu'économiques », a noté Kit Juckes. Le real est tombé mercredi à 3,4924 reals pour un dollar, son niveau le plus faible depuis mars 2003, alors que le Brésil fait face à un vaste scandale de corruption sur fond de croissance au point mort.
Également plombée par une crise politique, doublée d'une crise sécuritaire, la livre turque est tombée hier à un plus bas historique à 3,00 livres pour un dollar (voir par ailleurs).

Le dollar devrait continuer de plomber les monnaies émergentes
Les pays émergents affaiblis doivent, en outre, faire face en plus à un dollar revigoré par la perspective d'une hausse des taux d'intérêt américains, qui rendrait le billet vert plus rémunérateur et donc plus attractif pour les investisseurs. Ces derniers cherchent à faire des achats à bon compte avant un renchérissement encore plus marqué du billet vert.
Même si les inquiétudes sur l'économie chinoise et la croissance mondiale pourraient pousser la Réserve fédérale américaine à ne pas agir dès septembre, la Fed devrait être la première grande banque centrale mondiale à resserrer sa politique monétaire. Et la hausse des taux américains pousserait les investisseurs à se désengager des marchés émergents, vers lesquels ils s'étaient tournés pour absorber une partie des excès de liquidités créés par les mesures de la Fed pour soutenir la première économie mondiale, souligne Kit Juckes.
Alice DORE/AFP

Les pays émergents producteurs de matières premières, qui souffrent déjà de la faiblesse de la demande mondiale hors États-Unis, laissent filer leurs devises dans l'espoir de rester compétitifs, après la dévaluation surprise de la monnaie chinoise. La dépréciation de ces devises s'est amplifiée ces derniers temps à cause de la vigueur du dollar, dans la perspective d'un relèvement des taux d'intérêt aux États-Unis.Hier, le Kazakhstan a ainsi cessé d'intervenir pour encadrer les mouvements de la tenge, provoquant une dégringolade de sa monnaie, qui est tombée à un plus bas historique face au dollar (257,21 tenges pour un dollar).
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