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Moyen Orient et Monde - Turquie

Le pouvoir s’en prend au leader prokurde après de nouvelles attaques du PKK

Le pouvoir turc a intensifié hier son offensive antikurde en lançant une procédure judiciaire contre le leader du HDP, qui dénonce la politique d'« esbroufe » d'Erdogan.

En déplacement en Chine, le président Erdogan a promis de ne pas « reculer dans la guerre contre le terrorisme », en mettant sur le même plan le PKK et l’État islamique. Photo Pool/AFP

Alors que le pays s'enfonce dans une guerre ouverte avec la rébellion kurde, les autorités judiciaires ont ouvert une enquête à l'encontre du leader du parti HDP (le Parti démocratique des peuples, prokurde) Selahattin Demirtas pour « troubles à l'ordre public » et « incitation à la violence ». Les faits reprochés à M. Demirtas remontent à 2014. S'il est jugé, il pourrait encourir jusqu'à 24 ans de prison, selon l'agence gouvernementale Anatolie.
Depuis les législatives du 7 juin, qui ont mis en ballottage le parti au pouvoir, l'AKP (Parti de la justice et du développement), M. Demirtas est devenu une cible privilégiée du président turc Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse de soutenir le « terrorisme ».
Dans une interview accordée hier avant l'annonce de ses ennuis judiciaires, M. Demirtas avait accusé M. Erdogan de mener une politique d'« esbroufe » en prétendant désormais lutter contre l'organisation État islamique (EI), afin de plaire aux Occidentaux. Il a en outre insisté sur le fait que « le HDP n'est pas la branche politique du PKK », comme l'assure le pouvoir. Selon lui, le véritable objectif est « d'entretenir une atmosphère de chaos dans la perspective d'élections anticipées » qui permettraient à M. Erdogan de reconquérir la majorité au Parlement.

Cauchemar récurrent
Dans le même temps, trois soldats turcs ont été tués lors d'une embuscade d'un convoi militaire circulant dans le sud-est du pays à majorité kurde. L'attaque, perpétrée dans la matinée et attribuée au PKK, est la plus meurtrière depuis le déclenchement le 20 juillet d'un nouveau cycle de violences. Un policier et un civil sont morts dans une autre attaque hier matin. La réponse de l'armée turque n'a pas tardé : en début d'après-midi, une trentaine de F-16 ont mené une série de raids massifs contre des positions rebelles dans le nord de l'Irak, où est réfugié l'état-major du PKK.
Ce cycle de représailles se poursuit de manière ininterrompue depuis l'attentat-suicide du 20 juillet à Suruç, qui a bouleversé la donne. Attribué à l'EI, il a fait 32 morts parmi de jeunes militants de la cause kurde et suscité la colère de la guérilla contre le pouvoir central, accusé de ne pas protéger la population locale. Depuis, au moins 11 représentants des forces de l'ordre ont été tués, et la télévision nationale retransmet chaque jour en direct les funérailles officielles accordées aux « martyrs » victimes du PKK. Des enlèvements de policiers sont régulièrement signalés et des postes de police attaqués. La Turquie se retrouve ainsi replongée « dans son cauchemar récurrent du problème kurde », estimait hier le journal à grand tirage Hurriyet.

Priorité
Pour autant, le président Erdogan a jugé hors de question de « reculer dans la guerre contre le terrorisme », en mettant sur le même plan le PKK et l'État islamique. L'attentat de Suruç, où l'EI frappait pour la première fois en Turquie, a contraint M. Erdogan à réagir à son encontre. Longtemps soupçonné de complaisance, il a ordonné des frappes contre l'EI en Syrie, à la grande satisfaction des Américains qui mènent la coalition internationale antijihadiste. Ankara a aussi donné son feu vert à l'utilisation de sa base stratégique d'Incirlik pour rapprocher l'US Air Force de ses cibles en Syrie. Mais, côté turc, la priorité opérationnelle est clairement restée la lutte contre la guérilla kurde. En une semaine, l'armée a ainsi fait état de dizaines de frappes aériennes contre des objectifs du PKK, mais n'en a mentionné que trois contre l'EI, annoncées le 25 juillet.

(Source : AFP)

Alors que le pays s'enfonce dans une guerre ouverte avec la rébellion kurde, les autorités judiciaires ont ouvert une enquête à l'encontre du leader du parti HDP (le Parti démocratique des peuples, prokurde) Selahattin Demirtas pour « troubles à l'ordre public » et « incitation à la violence ». Les faits reprochés à M. Demirtas remontent à 2014. S'il est jugé, il pourrait encourir jusqu'à 24 ans de prison, selon l'agence gouvernementale Anatolie.Depuis les législatives du 7 juin, qui ont mis en ballottage le parti au pouvoir, l'AKP (Parti de la justice et du développement), M. Demirtas est devenu une cible privilégiée du président turc Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse de soutenir le « terrorisme ».Dans une interview accordée hier avant l'annonce de ses ennuis judiciaires, M. Demirtas avait accusé M....
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