La saga politico-judiciaire entre Jean-Marie Le Pen et sa fille, Marine Le Pen, tourne de plus en plus à l’avantage du vieux tribun. Photo AFP
Le leader historique de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, a remporté hier une nouvelle manche de sa bataille judiciaire contre le Front national (FN), le parti qu'il a cofondé et d'où la présidente, sa propre fille Marine, veut le mettre au ban. La cour d'appel de Versailles, près de Paris, a ainsi confirmé la suspension d'un congrès organisé par correspondance par le FN pour supprimer les fonctions de président d'honneur, qui avaient été attribuées M. Le Pen en 2011 après qu'il eut cédé les rênes de la formation à Marine. Cette décision constitue la troisième victoire du tribun, âgé de 87 ans, en quelques semaines devant les tribunaux.
M. Le Pen a réagi en se félicitant d'une « défaite personnelle » pour Florian Philippot, bras droit de sa fille Marine et vice-président du FN, son adversaire le plus virulent au sein de la direction du parti. « J'ai fondé le Front national, je l'ai dirigé pendant 40 ans et j'en suis encore aujourd'hui un des chefs, président d'honneur », a-t-il martelé. « Le FN devrait maintenant tirer les leçons de ce qui lui arrive. Il faut qu'ils arrêtent cette guerre », a réagi l'avocat de M. Le Pen, Me Frédéric Joachim.
De son côté, le FN s'est borné à faire part, dans un communiqué, de son « étonnement » face à « une série de décisions de justice qui visent à conserver à Jean-Marie Le Pen un titre qu'il ne mérite évidemment plus, vu son comportement de plus en plus inqualifiable ». Le parti a en outre annoncé qu'il « dépouillera et rendra publics », aujourd'hui, « les quelque 30 000 votes de la consultation » postale de ses adhérents. « Malgré la suspension de ses effets juridiques », ce vote « a une incontestable autorité politique », revendique-t-il.
La mise au ban de Jean-Marie Le Pen avait été décidée par le FN après une nouvelle série de dérapages du responsable historique de l'extrême droite française, qui avait suscité la colère de Marine Le Pen, engagée dans une stratégie de « dédiabolisation » de la formation. Habitué des provocations, son père avait réitéré début avril des propos sur les chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale, un « détail de l'histoire » selon lui, qui lui ont déjà valu plusieurs condamnations en justice dans les années 1990, en France et en Allemagne. La répétition de ses propos sur la Shoah valent aujourd'hui de nouvelles poursuites à M. Le Pen, que le parquet de Paris a cité à comparaître en justice pour contestation de crime contre l'humanité. La date de son procès n'est pas encore fixée.
La stratégie de « dédiabolisation » du FN mise en place par Marine Le Pen vise à conforter ses ambitions en vue de l'élection présidentielle de 2017 en France, pour laquelle tous les sondages, depuis près d'un an, lui prédisent une qualification pour le second tour.
(Source : AFP)


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