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Économie - Grèce

Athènes attend toujours ses créanciers et demande officiellement un prêt au FMI

En demandant officiellement, hier, l'aide du Fonds monétaire international (FMI), la Grèce a coché une nouvelle case sur la liste dressée par ses créanciers, au moment même où les préparatifs d'un nouveau sauvetage du pays semblaient patiner.
Se pliant à une demande formulée le 13 juillet lors d'un sommet sous haute tension par les autres États de la zone euro, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos écrit à la directrice générale du FMI, Christine Lagarde : « Nous voulons vous informer que nous demandons un nouveau crédit du Fonds monétaire international », dans une lettre publiée hier.
Athènes souhaitait se passer de tout nouveau plan d'aide du FMI, considéré comme un trop fervent partisan de la rigueur. Mais elle a dû céder à l'Allemagne qui tenait à ce que l'institution de Washington reste à bord. Formellement, l'aide du fonds à la Grèce court encore jusqu'au printemps 2016, et une nouvelle demande n'était pas nécessaire.
Le FMI et le gouvernement grec sont en revanche d'accord pour réclamer un allègement de la dette de la Grèce, que l'office statistique européen Eurostat vient d'évaluer à un montant représentant environ 170 % du PIB.
La lettre est publiée alors que le processus de négociation d'un troisième plan d'aide faisant intervenir le FMI, les États de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE) semblait patiner hier.
Alors qu'Athènes a déjà validé plusieurs étapes, notamment deux votes sur des réformes qui ont coûté une partie de sa majorité parlementaire au Premier ministre Alexis Tsipras, le flou subsistait sur l'arrivée dans le pays de hauts fonctionnaires de la Commission européenne, de la BCE et du FMI.
L'équipe chargée d'évaluer l'économie grecque et les réformes, qui n'avait plus mis les pieds depuis près d'un an en Grèce en raison d'une hostilité grandissante envers cette « troïka », est attendue « dans les prochains jours ». Une source ministérielle grecque avait d'abord annoncé son arrivée hier. D'autres sources proches du dossier ont, elles, évoqué des problèmes « logistiques » autour de la venue de ce groupe désormais pudiquement appelé « les institutions ». Son retour sera un symbole lourd de sens dans un pays qui a massivement rejeté l'austérité par référendum le 5 juillet.
L'enjeu de ce nouveau cycle de réunions est la finalisation, d'ici au 20 août au plus tard, du troisième plan d'aide dont le principe a été accepté dans la douleur le 13 juillet. La Grèce, dont les caisses sont vides, doit rembourser plus de trois milliards d'euros à la BCE le 20 août, puis 1,5 milliard au FMI en septembre.
Le calendrier est extrêmement serré. Il faut en moins d'un mois définir des actions prioritaires à mettre en œuvre, décider du calendrier de versement et trouver un accord sur la trajectoire budgétaire de la Grèce, retombée en récession au premier trimestre, selon une source proche des discussions.
Au cours de ce processus, le montant exact du plan d'aide, évalué pour l'instant à 82-86 milliards d'euros, pourrait être révisé. Une partie de cette somme doit servir à recapitaliser les banques grecques, qui ont rouvert lundi après trois semaines de fermeture, mais dans un cadre très contraint.
La Grèce a en effet interdit les sorties de capitaux, sauf paiement de factures et quelques urgences. Le pays limite aussi les retraits au distributeur pour protéger des établissements fragilisés par une fuite massive de dépôts, ainsi que par l'accumulation de prêts non remboursés.
« Une première injection de capital » dans les banques grecques « serait souhaitable pour stabiliser le secteur » dès la mi-août, a estimé le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, également l'un des dirigeants de la BCE, dans un entretien au journal Le Monde paru hier.
(Source : AFP)

Contrôle des capitaux : un peu d'oxygène pour les entreprises

De nouvelles dispositions assouplissant le contrôle des capitaux pour les entreprises grecques, freinées dans leurs importations, ont été évoquées hier lors d'une rencontre entre les représentants du patronat, du ministère des Finances et de la Banque de Grèce.
À l'issue de cette rencontre, le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, a notamment souligné que les banques pouvaient désormais autoriser elles-mêmes des paiements de facture de leurs clients professionnels à l'étranger jusqu'à un montant de 100 000 euros, et non plus 50 000 euros, sans passer par la lourde procédure de la commission gouvernementale dédiée à délivrer ces habilitations.
« Ce relèvement du plafond à 100 000 euros couvre 70 % des demandes des professionnels. C'est entré en vigueur aujourd'hui, c'est positif, nous devrions en voir les effets la semaine prochaine », a indiqué à l'AFP Vassilis Korkidis, président de la Fédération des commerçants (ESEE).
Les entreprises grecques ne cessent de tirer la sonnette d'alarme depuis l'entrée en vigueur du contrôle des capitaux, pour une durée indéterminée, s'inquiétant de pénuries à venir si elles ne sont pas en capacité de pouvoir renouveler leurs stocks. Les associations professionnelles font état de milliers de conteneurs bloqués dans les ports grecs faute de règlement et de hausse des demandes de paiement en liquide de la part de leurs fournisseurs.

En demandant officiellement, hier, l'aide du Fonds monétaire international (FMI), la Grèce a coché une nouvelle case sur la liste dressée par ses créanciers, au moment même où les préparatifs d'un nouveau sauvetage du pays semblaient patiner.Se pliant à une demande formulée le 13 juillet lors d'un sommet sous haute tension par les autres États de la zone euro, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos écrit à la directrice générale du FMI, Christine Lagarde : « Nous voulons vous informer que nous demandons un nouveau crédit du Fonds monétaire international », dans une lettre publiée hier.Athènes souhaitait se passer de tout nouveau plan d'aide du FMI, considéré comme un trop fervent partisan de la rigueur. Mais elle a dû céder à l'Allemagne qui tenait à ce que l'institution de Washington reste à bord....
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