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Riad Assoum, l’étudiant qui voit loin

En licence de traduction à l'Université de Balamand, le jeune homme non-voyant brise les préjugés et se dirige d'un pas assuré vers une brillante carrière.

Intelligent, positif et déterminé, Riad Assoum est une source d’inspiration pour tous ceux qui le connaissent.

C'est suite à des réflexions poussées que Riad Assoum choisit la spécialisation qu'il suivra : les langues et la traduction. « Au début, je pensais poursuivre des études en lettres et littérature arabes, ou en histoire. Mais au vu du nombre de jeunes gens qui ont des diplômes dans ces domaines et qui sont au chômage, j'ai voulu choisir une autre filière que j'apprécie également et qui est beaucoup plus convenable pour moi. Si les personnes voyantes n'arrivent pas à trouver un emploi, alors que dirais-je d'une personne non-voyante au Liban ? », s'interroge Riad.
Né à Grenoble (France) en 1996, Riad Assoum a été non-voyant, ou presque, depuis sa naissance. À cause d'un défaut dans la taille de son nerf optique (nerf responsable de la transmission des informations sensorielles de l'œil au cerveau) qui empêche le jeune étudiant de voir la plupart des détails du monde qui l'entoure. « Je peux néanmoins distinguer le jour de la nuit, la personne par sa taille ou même reconnaître les membres de ma famille ou mes amis à travers leurs formes et leurs ombres », affirme-t-il.
De Saïda, après son retour de France, à Tripoli, au Collège national orthodoxe à al-Mina, le brillant étudiant a été, tout au long de son parcours scolaire, presque toujours le premier de sa classe. Son succès, il dit le devoir à l'acceptation de ses professeurs et du directeur, mais aussi à ses camarades de classe. Par ailleurs, l'Association des jeunes non-voyants a joué un rôle primordial auprès de lui. « Je lisais et écrivais suivant la méthode de l'alphabet braille, des symboles pointillés écrits à l'aide d'une machine nommée Perkings Brailler sur un papier plus épais. C'est ainsi que j'ai présenté les examens officiels », explique-t-il.

« À peine quelques difficultés »
Avec son nom inscrit sur la liste d'honneur du doyen de la faculté des arts et des sciences sociales dès son premier semestre à l'université, l'ambition de Riad dépasse de loin les limites que la société pourrait bien lui établir. Comment arrive-t-il à suivre ses cours ? « Je fais tout mon travail – prise de notes, devoirs, tests, examens, etc. –sur mon ordinateur portable, en envoyant tout travail noté au professeur par courriel ou sur une clé USB. Et je reçois tout le matériel nécessaire aux études sous forme de fichiers électroniques. »
Par contre, les vrais obstacles auxquels le jeune étudiant de 19 ans fait face en tant que non-voyant sont d'ordre social, d'une part, avec l'idée que peuvent se faire les autres de ce handicap, qu'ils perçoivent comme une maladie ou un manque d'indépendance. Il faut dire, par exemple, que les routes au Liban ne permettent pas à la personne non-voyante de circuler seule à l'aide d'une canne par exemple.
« Sur le campus, je trouve à peine quelques difficultés. Je ne peux pas me déplacer seul et c'est ce qui m'inquiétait au début. Mais les étudiants accourent pour me guider d'un immeuble à un autre, ou bien pour m'accompagner jusqu'au bus. J'admire le fait qu'ils font l'effort avant même que je ne leur demande de l'aide », confie Riad Assoum.
Pour le futur traducteur qui ne se laisse pas limiter par son statut de personne malvoyante, la saison estivale n'est pas synonyme de paresse. « D'abord, je suis administrateur du site blindtec.net, une plateforme qui réunit plus de 3 000 personnes non-voyantes de tous les pays du monde arabe », raconte-t-il. Par ailleurs, le jeune étudiant est un passionné de technologie, se consacrant essentiellement « aux applications intéressantes et accessibles aux non-voyants ».
« J'aime écouter de la musique, notamment la musique arabe des années 1900-1910 enregistrée sur des disques 78 tours », poursuit-il, précisant trouver dans la lecture une passion sans égale, que ce soit à travers des livres audio qu'il télécharge ou des e-books qu'il peut lire grâce à son lecteur d'écran.
Enfin, son optimisme et son espérance, le jeune étudiant les puise de sa foi en Dieu : « Je suis convaincu que Dieu m'a privé de ma vue, mais m'a béni en me donnant un cerveau, une intelligence, un optimisme, des parents et des amis éduqués », conclut-il avec le sourire.

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C'est suite à des réflexions poussées que Riad Assoum choisit la spécialisation qu'il suivra : les langues et la traduction. « Au début, je pensais poursuivre des études en lettres et littérature arabes, ou en histoire. Mais au vu du nombre de jeunes gens qui ont des diplômes dans ces domaines et qui sont au chômage, j'ai voulu choisir une autre filière que j'apprécie également...

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