À Aden, une délégation gouvernementale arrivée d’Arabie saoudite a tenu ce week-end une première réunion avec les autorités locales concernant entre autres la remise en état de l’aéroport. Photo AFP
Près de 60 civils ont été tués et 215 autres blessés, dont 25 enfants et 15 femmes, dans des bombardements menés hier par des rebelles chiites houthis contre un quartier du nord de Aden, a indiqué un responsable des services de santé de la ville du sud du Yémen, précisant que les armes utilisées étaient des roquettes de type Katioucha et des obus de mortier. Le gouverneur de Aden par intérim, Nayef al-Bakri, a vivement dénoncé ces bombardements en déclarant à des journalistes que « bombarder des zones résidentielles du quartier de Dar Saad est un acte suicidaire de la part des houthis ».
Pendant ce temps, les forces progouvernementales yéménites tentaient hier de sécuriser Aden dont certains quartiers sont toujours tenus par les houthis trois jours après l'annonce de la « libération » de la cité portuaire par le gouvernement en exil. Des membres de ce gouvernement, arrivés vendredi soir à Aden, ont inspecté dans la matinée des secteurs de la grande ville méridionale où les combattants antihouthis ont progressé dans la nuit vers le siège de la présidence, selon des sources militaires. La délégation gouvernementale, incluant les ministres de l'Intérieur et des Transports, a tenu samedi une première réunion avec les autorités locales pour examiner « les moyens de sécuriser » la ville, selon l'agence gouvernementale Saba. La remise en état de l'aéroport et du port pour y acheminer de l'aide humanitaire, et le rétablissement du courant électrique et des réseaux de distribution d'eau potable ont été au centre de la réunion, selon l'agence.
Lueur d'espoir pour les habitants de Aden
Le retour de membres du gouvernement en exil suscite l'espoir d'une normalisation. Des centaines de familles déplacées par la guerre ont ainsi pu regagner leurs quartiers pour se rendre compte des dégâts provoqués par les violents combats, y compris dans leurs propres maisons, selon des habitants. Certains ne cachent pas leur déception : « Rien n'a changé, il n'y a ni vivres, ni hôpitaux, ni électricité, ni eau. Sans les deux puits du quartier, les gens seraient morts de soif », a déploré Moatez al-Maysouri, un habitant du quartier Crater.
Mais trois jours après l'annonce de sa « libération », Aden reste le théâtre de féroces combats entre les forces progouvernementales et les rebelles chiites encore présents dans certains quartiers. « La Résistance populaire a réussi à pénétrer dans (le quartier de) Tawahi, et à avancer vers le palais de la République et le QG de la 4e division militaire », a déclaré une source militaire, en référence aux combattants favorables au président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi. Les combattants au sol bénéficient de l'appui aérien de la coalition arabe, qui a mené depuis samedi soir une quinzaine de raids contre des positions rebelles à Tawahi, ainsi que dans les banlieues nord et est de Aden, a indiqué une autre source militaire.
Les avions de la coalition conduite par l'Arabie saoudite ont ainsi touché un dépôt de munitions de la rébellion, provoquant pendant deux heures de fortes explosions à al-Ribat, à l'entrée nord la ville, où les rebelles ont renforcé leur présence au cours des deux derniers jours, ont rapporté des témoins. Dans la nuit de samedi, 9 rebelles ont été tués dans un raid aérien à Khor Maksar, dans le centre de Aden, alors que des combats opposaient les forces progouvernementales aux houthis et à leurs alliés autour de Dar Saad et à Crater, deux autres quartiers de Aden, selon des sources militaires et des habitants.
Par ailleurs, le porte-parole des houthis, Mohammad Abdessalam, a estimé dans un communiqué que l'Onu était « consciemment ou inconsciemment » responsable de la poursuite du conflit pour n'avoir pas imposé le respect de la trêve.
(Source : AFP)


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