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Culture

Un Japonais, un Belge, un Togolais et un Libanais dans « Beytna »

Danse

C'est dans son village natal de Baakline, sur les hauteurs du Chouf, que le chorégraphe Omar Rajeh a décidé de revenir pour travailler son dernier projet.

20/07/2015

Omar Rajeh présente Beytna comme une « grande première dans le monde de la danse ». Quatre chorégraphes des quatre coins du monde se réunissent pour créer ensemble un spectacle dont ils seront eux-mêmes les danseurs. La pièce, une réflexion autour de la tradition libanaise du repas, devrait voir le jour à Vienne en avril 2016.
Omar Rajeh, chorégraphe libanais, est un activiste de la danse. En 2002, il fonde et dirige la compagnie de danse Maqamat Dance Theater dont les projets se comptent aujourd'hui par dizaines. En 2004, il lance Bipod (Beirut International Platform of Dance), un festival de danse contemporaine qui attire des artistes du monde entier. En 2015, il est l'initiateur de Beit el-Raqs, projet partagé entre la municipalité de Baakline et l'Institut français de Deir el-Qamar. Beit el-Raqs, ce sont des résidences d'artistes, des collaborations, des cours de danses, pour donner un nouvel élan à la danse libanaise, également en dehors de Beyrouth. Le dernier projet en cours, Beytna, se déroule en ce moment à Baakline.
Omar Rajeh raconte la
genèse de ce projet un peu fou: «J'avais envie de revisiter les anciennes traditions du Liban... Petit, j'allais souvent déjeuner chez mon grand-père. Nous étions une quarantaine à nous réunir chez lui, chaque semaine. Ces déjeuners du dimanche me manquent terriblement.» Néanmoins, le chorégraphe n'entend ni ressasser les traditions ni tomber dans le piège de la nostalgie improductive. «Je voulais du neuf, je voulais créer quelque chose», affirme-t-il. Le passionné de danse est aussi curieux de nature et désireux de découvrir ce que d'autres cultures ont à lui apprendre : «Je me suis simplement demandé comment mange-t-on ensemble, comment s'assoit-t-on autour d'une même table?» À partir de ce questionnement, Rajeh a invité plusieurs de ses amis chorégraphes à monter ensemble un spectacle autour de ce thème de la table.
Trois chorégraphes ont répondu à son appel : Hiroaki Umeda (Japon), Koen Augustijnen (Belgique), et Anani Sanouvi (Togo). Trois chorégraphes aux styles contrastés et aux pratiques bien distinctes. Ce sont aussi ces différences qui sont au cœur du projet de Omar. «D'un point de vue artistique, il est très intéressant aussi de travailler sur nos différences, nous n'avons pas du tout les mêmes techniques ni les mêmes habitudes. Il y a une véritable énergie des différences qui se dégage de notre travail.. Ce ne sont pas des chorégraphes que j'ai choisis au hasard ou par appel à projet», explique Omar Rajeh.

Danser sur les hauteurs
Qu'est-ce qui a bien pu convaincre des chorégraphes étrangers de venir se perdre dans les montagnes libanaises pour danser? «J'étais déjà venu au Liban pour le Bipod festival. Lorsque Omar m'a proposé ce projet, j'ai rapidement dit oui. J'étais impressionné par sa passion et par l'énergie qu'il consacre au développement de la danse au Liban », explique le Japonais Hiroaki Umeda.
Le Belge Koen Augustijnen avoue, pour sa part, une longue histoire avec la culture orientale : « C'est Omar qui m'a introduit, il y a longtemps, à la danse traditionnelle de la dabké. Nous étions à une fête, il y a eu la musique, et tout d'un coup grâce à Omar, je me suis retrouvé à danser avec tout le monde : quelle expérience ! J'ai aussi voyagé en Palestine, et j'ai même monté un spectacle de danse avec dix danseurs palestiniens, qui se joue depuis deux ans à Londres. »
Ces chorégraphes sont aussi venus pour découvrir une autre culture. Grâce à la danse. « Il est fascinant de voir comment on peut partager nos cultures par l'intermédiaire de l'art », s'enthousiasme Hiroaki Umeda. De ses nombreuses visites au Liban, Koen Augustijnen, ne connaissait que Beyrouth. «La brume qui enveloppe les montagnes druzes est magique... Quand j'étais petit, cette communauté me rendait perplexe, elle avait quelque chose de très mystérieux!» dit-il.
C'est, enfin, le caractère résolument novateur du projet, mâtiné d'un sens du défi, qui pousse ces chorégraphes passionnés jusqu'à Baakline. «Beytna est un projet unique : tous les chorégraphes seront sur scènes, les musiciens (le trio Gibran de Palestine) aussi, et peut-être même la mère de Omar, derrière les fourneaux!» lance le chorégraphe belge. « C'est la première fois que je participe à un projet chorégraphique international», renchérit son acolyte japonais.
Ce projet pourrait aider à propulser la danse et la culture libanaises sur la scène internationale. Réponse à Vienne en avril 2016.

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