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Nos effets papillon

C'est amusant, les gens qui disent « maintenant qu'un accord a été trouvé sur le nucléaire iranien, on va peut-être avoir un président ». C'est amusant et touchant, cette certitude que le Liban est tellement le centre du centre du nombril du monde, tellement à l'intersection de toutes les lignes de tension du monde, qu'il suffit que des mains se serrent ici, ou qu'un coup de poing parte de là pour que chez nous tout se dénoue ou se complique. Enfants gâtés, va. Ce qui est sûr, c'est qu'en aucun autre pays au monde il n'est possible de trouver autant de géopoliticiens au mètre carré qu'il n'en existe sous la bannière frappée du cèdre. De l'épicier au chauffeur de taxi, de l'institutrice à la concierge, du plombier à la femme de ménage, de l'étudiant au valet parking, du barman au plagiste, tout le monde, quatre millions de citoyens et des poussières, tout le monde sait ce que le reste du monde ignore : les dessous de l'accord nucléaire et ses conséquences, sur l'euro, la dette grecque, la partition de la Syrie et/ou de l'Irak, le prix du pétrole, le devenir du Hezbollah, de Daech, de l'Arabie saoudite et des chrétiens d'Orient, le réchauffement de la planète, le sexe de l'enfant à naître de la voisine du 3e, la lune du ramadan et le déjeuner du dimanche.

Quatre millions, à l'échelle d'un pays, ce n'est pas un nombre scandaleux, mais le pays est petit, et avec 1,5 million de réfugiés, nous voilà de nouveau à l'étroit. Pas de souci, nous sommes, paraît-il, 16 millions hors nos murs. Ce qui fait du Liban le pays le plus extensible et donc le plus étendu de la planète. Et nous met en bonne position pour analyser l'état du monde, en recoupant les informations du beau-frère grec, de la tante américaine, du neveu australien, du petit-fils français, de la belle-fille ukrainienne, du gendre saoudien, des Brésiliens, Irakiens, Iraniens, Canadiens, Jordaniens, Turcs et Britanniques de la famille, tous ces visages qui réapparaissent dans les obituaires devant la mention « à l'étranger » (entre parenthèses) et dont nous couvrons de baisers le contour flou et spasmodique à travers les écrans de nos ordinateurs. Cette dispersion nous offre une belle ouverture, il est vrai, mais elle fait aussi de nous de grands mélancoliques. Des nerveux, comme on dit, d'éternels séparés. Il y a un peu de nous dans chaque pays où nous avons quelqu'un, même si nous n'y avons jamais mis les pieds. Nous sommes multinationaux dans l'âme. Cette nostalgie, poussée à l'extrême, invite en retour tous ces pays cousins à interférer dans l'intimité du nôtre. Et que je t'assassine un rival politique, et que je te bloque une élection, et que je te finance une télévision, et que je te protège une communauté aux dépens d'une autre, et que je te suspende sine die le scrutin de la première magistrature. Du coup, le moindre esclandre de voisinage peut se transformer aussitôt en une similiguerre mondiale.

Oui, nous en savons des choses. Nous le savons, que la brise furtive soulevée par ce papillon qui a battu des ailes entre l'Amérique et l'Iran va provoquer chez nous une sorte de tornade. Reste à deviner s'il nous en pleuvra des grenouilles ou des pétales de rose.

Fifi ABOU DIB

C'est amusant, les gens qui disent « maintenant qu'un accord a été trouvé sur le nucléaire iranien, on va peut-être avoir un président ». C'est amusant et touchant, cette certitude que le Liban est tellement le centre du centre du nombril du monde, tellement à l'intersection de toutes les lignes de tension du monde, qu'il suffit que des mains se serrent ici, ou qu'un coup de poing parte de là pour que chez nous tout se dénoue ou se complique. Enfants gâtés, va. Ce qui est sûr, c'est qu'en aucun autre pays au monde il n'est possible de trouver autant de géopoliticiens au mètre carré qu'il n'en existe sous la bannière frappée du cèdre. De l'épicier au chauffeur de taxi, de l'institutrice à la concierge, du plombier à la femme de ménage, de l'étudiant au valet parking, du barman au plagiste, tout le monde, quatre...
commentaires (8)

c'est la faute au libanais eux memes!! il n'y a qu'a regarder comment les libanais "CERTAIN" ont jubiler face a l'annonce de la signature, comme si l'iran etait une region libanaise ....COMMENT VOULEZ VOUS BATIR UN PAYS AVEC DES ENERGUMENE DE CE GENRE?!?!?

Bery tus

16 h 55, le 16 juillet 2015

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Commentaires (8)

  • c'est la faute au libanais eux memes!! il n'y a qu'a regarder comment les libanais "CERTAIN" ont jubiler face a l'annonce de la signature, comme si l'iran etait une region libanaise ....COMMENT VOULEZ VOUS BATIR UN PAYS AVEC DES ENERGUMENE DE CE GENRE?!?!?

    Bery tus

    16 h 55, le 16 juillet 2015

  • C'est tout le dilemme ..., faudra bien un jour choisir entre effet papillon et nœud gordien papillon ....!

    M.V.

    15 h 02, le 16 juillet 2015

  • Incertitude ???????????? en attendant Godot ?? Pauvre Liban !!!!

    Soeur Yvette

    12 h 14, le 16 juillet 2015

  • Et pourquoi pas de couloeuvres a avaler ..!! Sans vouloir contredire une seule ligne de votre excellent article Mme Fifi , on voit aujourd'hui les pourfendeurs de l'ingerence iranienne NPR chez nous se mettre a congratuler ce grand pays et qu'on verra bientot ces memes detracteurs pousser a le prendre en exemple . Les libanais sont comme ca , debout , toujours avec celui qui l'est . Quand l'Iran NPR etait a terre , 35 ans , il y a eu des gens a cote d'elle , ils n'ont pas attendu qu'elle se releve pour se faire bien voir . Ils l'ont aide , parce qu'ils ont cru aux vertus du combat contre l'injuste implantation chez nous d'un etat voyou usurpateur . Et c'est sur les ailes poudreuses du papillon que s'envoleront les espoirs de ces nouveaux convertis . La Verite , elle restera jusqu'a l'accomplissement de sa realisation .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 07, le 16 juillet 2015

  • Depuis que "l’exégète" libanais(h) eut la judicieuse idée de ramasser un bête bâton-bambou ou un très gros caillou dans l'intention de poursuivre, avec d'autres moyens "civilisés" mahééék, l'examen de la divergence de vues qui le séparait d'un semblable et autre "bel exégète" libanais(h) à sa "belle" image, on n'a jamais cessé de déplorer la guerre "civile", de la dénoncer, de la vomir et.... de la faire. Mais oui ! C'est pourquoi, malgré la formidable décharge émotionnelle qui a marqué ces énièmes pourparlers-bastringues tenus dernièrement n'est-ce pas à Vièèènne, malgré ces longs poncifs et ces salamalecs dans lesquels, ce n'est pas si fréquent, les Libanais(h) "amateurs experts" en géopolitique avaient rejoint les Libanais(h) "experts professionnels" en ce même domaiiine ; malgré le cœur qui bat plus vite et l'espoir qui luit comme un brin de chïîîîr ou de paille, il faut maintenant se dire qu’après toutes ces décennies et ces nombreuses années définitivement perdues, yâ hassértéhhh, tout est déjà joué pour cette ferme-bled à la libanaiiise. Mais bon, disons, yîîîh, "à la grâce de dieu" ; et n’challâh, yâââï, yâ allâh qu’avec ce nouveau "battement d’aile", ne s’abatte sur leurs petites et/ou grosses têtes une nouvelle nuée de sauterelles style mille neuf-cents seiiize !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 38, le 16 juillet 2015

  • "Reste à deviner s'il nous en pleuvra des grenouilles ou des pétales de rose." ! Que ce ne soit pas, surtout pas, encore des criquets cette fois !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 28, le 16 juillet 2015

  • Plein dans le mille!!! bravo Fifi

    Le Herisson

    06 h 16, le 16 juillet 2015

  • "C'est amusant et touchant, cette certitude que le Liban est le centre du centre du nombril du monde et tellement à l'intersection de toutes les lignes de tension du monde qu'il suffit que des mains se serrent ici, ou qu'un coup de poing parte de là pour que chez nous tout se dénoue ou se complique". Avec une extrême élégance Mme Abou Dib s'exprime sur l'influence que certains pays et gouvernements étrangers ont au Liban, à travers des formations, des chefs et des hommes politiques "indigènes". Dans un langage bien populaire et bien moins élégant, on désigne ces derniers tout simplemnt et tout crûment comme "laquais" de ces pays et gouvernements étrangers.

    Halim Abou Chacra

    04 h 29, le 16 juillet 2015

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