Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé hier le Parlement grec à voter en faveur de l'accord conclu lundi à Bruxelles en expliquant que même s'il s'agissait d'un mauvais accord imposé par la force, c'était le seul moyen d'éviter le Grexit. Son gouvernement, comme exigé lundi par ses créanciers européens, a soumis au Parlement grec une première liste de mesures extrêmement sévères. Elles concernent surtout la hausse de la TVA et d'autres taxes visant à augmenter les recettes publiques, ainsi que l'introduction d'une règle d'or budgétaire. Un second volet de réformes devrait être voté d'ici au 22 juillet.
« J'assume totalement mes responsabilités pour mes fautes (...) et pour avoir signé un texte auquel je ne crois pas mais que je suis contraint de mettre en œuvre (...) pour éviter le désastre au pays », a déclaré le chef du gouvernement à la télévision publique. « Nous nous sommes battus pour ne pas avoir à baisser les salaires et les retraites », a insisté Alexis Tsipras, qui doit calmer la fronde de l'aile gauche de son parti, Syriza, plusieurs députés pouvant voter ce soir contre le texte.
« Cet accord va passer avec les voix de l'opposition, pas avec celles du peuple », a prévenu le ministre de l'Énergie Panagiotis Lafazanis. Face à cette contestation, M. Tsipras s'est dit déterminé à mener les réformes en excluant la convocation d'élections anticipées et en expliquant vouloir « essayer d'appliquer (son) programme politique » jusqu'au terme de son mandat, dans quatre ans. Pour le vote de ce soir, il devrait pouvoir compter sur le soutien des voix des partis de l'opposition, essentiellement le Pasok, la Nouvelle Démocratie et Potami. Quant au parti des Grecs indépendants (Anel), allié de Syriza, il laissait planer le doute sur son vote tout en indiquant la nécessité « de soutenir » le gouvernement.
Dans son allocution télévisée, Alexis Tsipras s'est aussi montré virulent envers les créanciers, dont l'intransigeance avait « envoyé comme message que les élections sont inutiles dans les pays sous assistance financière ». Ces derniers doivent néanmoins trouver des financements d'urgence pour la Grèce, le temps qu'un nouveau plan d'aide soit formellement mis en place. Les diverses options sur la table s'avèrent toutes « difficiles à mettre en œuvre sur le plan légal comme politique », a affirmé Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne. La Grèce doit trouver 12 milliards d'euros d'ici à la fin août, y compris pour rembourser la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). Hier, elle a encore échoué à honorer un paiement au FMI mais a remboursé 148 millions d'euros à des créanciers privés au Japon. Une goutte d'eau par rapport à une dette totale de près de 312 milliards d'euros.
M. Tsipras a par ailleurs laissé entendre que les banques du pays, fermées depuis le 29 juin, allaient le rester encore un bon moment : « L'ouverture des banques dépend de l'accord final qui n'aura pas lieu avant un mois. » Mais il a espéré que la BCE augmente leur ligne de crédit d'urgence, donc « il y aura la possibilité de retirer plus. »
(Sources : agences)


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