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Économie - Tournée En Amérique Du Sud

Le pape poursuit sa croisade contre un « modèle économique idolâtre »

Alessandro Bianchi/Reuters

Le pape François, qui achevait hier une visite d'une semaine en Amérique latine, a visité un bidonville à Asuncion, la capitale du Paraguay, et exhorté ses habitants à rester unis dans leur lutte pour de meilleures conditions de vie. Dans le quartier de Banado Norte, où les paysans déplacés sont nombreux, le chef de l'Église catholique a salué « la lutte » pour la terre dans un pays où 1 % de la population possède 77 % des terres agricoles. Cet engagement « ne vous a pas enlevé la solidarité, bien au contraire, a-t-il fait remarquer, il l'a stimulée, il l'a fait grandir ».
Une porte-parole de cette zone d'une population de 33 000 habitants, et régulièrement inondée, a dénoncé le mépris de l'État pour les pauvres et demandé au pape de porter leurs revendications. « Il faut régulariser la propriété de la terre », a notamment plaidé María García. Comme dans le reste de l'Amérique latine, la demande des paysans de redistribution des terres cultivables est généralement restée lettre morte au Paraguay.
Avec ses sept millions d'habitants, le Paraguay a affiché une croissance économique de 14,5 % en 2013 et de 4,5 % l'an dernier, mais 40 % de la population vit toujours dans la pauvreté. Il est devenu ces dernières années le quatrième exportateur mondial de soja, derrière le Brésil, les États-Unis et l'Argentine. « J'espère seulement qu'après la visite du pape, le gouvernement fera quelque chose pour nous prêter assistance », a souligné une habitante du quartier, Silvia Sánchez, après avoir écouté le discours de samedi de François, appelant les décideurs à agir contre la pauvreté.
Affublé du titre de « pape révolutionnaire » par la presse, le souverain pontife avait appelé samedi les dirigeants de la planète à rechercher un nouveau modèle économique pour aider les pauvres et renoncer aux politiques qui « sacrifient des vies humaines sur l'autel de l'argent et du profit ». « L'adoration de l'antique veau d'or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l'argent et dans la dictature de l'économie sans visage », avait regretté François lors d'un discours largement improvisé, auquel assistait le président paraguayen Horacio Cartes. « Certainement, pour un pays, la croissance économique et la création de richesse sont très nécessaires, et il faut que celles-ci arrivent à tous les citoyens sans que personne ne soit exclu », « et non au profit d'une minorité », avait-il martelé, sous les applaudissements de 5 000 personnes, dont des syndicalistes, des leaders paysans et communautaires. Ceux qui sont chargés de promouvoir le développement économique doivent s'assurer qu'il a « un visage humain », a ajouté l'ancien archevêque de Buenos Aires.
C'était la deuxième fois de son périple en Amérique du Sud que le chef de l'Église catholique profitait d'un discours important pour condamner le capitalisme débridé et défendre les droits des plus modestes. La main tendue aux pauvres et aux oubliés du système est la grande constante de ce voyage papal en Équateur, en Bolivie et au Paraguay. Jeudi, en Bolivie, il avait appelé à un nouvel ordre économique mondial, dénonçant le « nouveau colonialisme » de ceux qui imposent des programmes d'austérité.
Il s'agit du deuxième déplacement sud-américain du premier pape jésuite et issu de ce continent de l'histoire, après les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) au Brésil en 2013. Il effectuera cette année un troisième voyage en Amérique latine, à Cuba, pour célébrer le dégel des relations entre l'île communiste et les États-Unis.
(Source : agences)

Le pape François, qui achevait hier une visite d'une semaine en Amérique latine, a visité un bidonville à Asuncion, la capitale du Paraguay, et exhorté ses habitants à rester unis dans leur lutte pour de meilleures conditions de vie. Dans le quartier de Banado Norte, où les paysans déplacés sont nombreux, le chef de l'Église catholique a salué « la lutte » pour la terre dans un pays où 1 % de la population possède 77 % des terres agricoles. Cet engagement « ne vous a pas enlevé la solidarité, bien au contraire, a-t-il fait remarquer, il l'a stimulée, il l'a fait grandir ».Une porte-parole de cette zone d'une population de 33 000 habitants, et régulièrement inondée, a dénoncé le mépris de l'État pour les pauvres et demandé au pape de porter leurs revendications. « Il faut régulariser la propriété de...
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