Nicolas Lyan, alias Technickly, enregistrant l’un de ses titres.
Le jeune homme a grandi à Beyrouth où il a découvert, très jeune, la poésie et la musique hip-hop. Conquis, il nourrit une véritable passion pour cet art et ressent, durant l'adolescence, le besoin de mettre en mots certaines expériences douloureuses qu'il traverse. « Produire des textes et les interpréter, je l'ai d'abord vécu comme une sorte de thérapie, ensuite c'est devenu un médium pour pouvoir exprimer, en plus de mes sentiments, mes opinions », note Nicolas qui prépare actuellement son premier album. Devant ses amis séduits par son talent, l'artiste en herbe se forge un personnage de rappeur, « Technickly ». « Gamin, dit-il, je m'entraînais dans ma chambre, devant ma bande de copains. Je rappais, muni de mon micro à 10 dollars, devant mon premier public qui me filmait avec des téléphones portables. »
Soutenu par ses proches et bien déterminé à mettre la musique au centre de sa vie, Nicolas s'installe à Boulder, au Colorado, à l'âge de 20 ans, avec l'espoir de poursuivre, dans ces contrées lointaines, son rêve d'intégrer l'industrie de la musique hip-hop. « Les artistes de la scène hip-hop évoluent trop souvent dans l'ombre et l'on oublie qu'ils ont un rôle à jouer tant dans la vie sociale que culturelle », clame le jeune homme qui trouve en cet art un vecteur de changement permettant de dénoncer une certaine réalité sociale et, en même temps, un moyen d'aller de l'avant en se déconnectant de la négativité qui emplit le monde. Aux États-Unis, le jeune auteur-compositeur et rappeur a l'occasion de faire des rencontres professionnelles intéressantes et décisives, de se produire devant un public étranger et critique et de développer son réseau de contacts, puisque, précise-t-il, « ce pays est le point de ralliement de la grande scène hip-hop internationale ».
Cet étudiant en communication audiovisuelle à l'Université du Colorado Boulder avoue avoir refusé une première offre d'un label américain de hip-hop qui l'avait repéré afin de pouvoir terminer ses études supérieures. Il ajoute cependant : « Je poursuis le travail, en parallèle, sur ma première mixtape avec une équipe composée d'amis, de producteurs, de musiciens et de réalisateurs talentueux. Je posterai bientôt de nouvelles vidéos sur le Net. » Cherchant sans cesse à se perfectionner, Nicolas Lyan n'hésite pas à se produire sur son campus ou ailleurs, lors de soirées dédiées aux jeunes. « La scène est une bonne école, c'est un moyen de se soumettre au regard critique d'inconnus, et cela me permet surtout d'aller de l'avant en partageant mes histoires avec les autres, moi qui suis de nature introvertie », confie l'artiste en herbe.
Des textes forts
Trois titres diffusés en ligne, The Cause, Open Your Eyes et Code-Shifting, qui feront partie du futur album de Technickly, nous donnent un aperçu de ce que pourrait être le hip-hop libanais anglophone aujourd'hui. « Je cherche avant tout, dit Nicolas, à interpréter des titres authentiques dans lesquels se reflètent mon vécu et mes opinions. Mes textes parlent du jeune Libanais de 22 ans que je suis, de mon histoire, de mon pays, de mes doutes, de la jeunesse, de politique, du monde actuel, etc. » Avec une bonne technique de chant, des compositions variées et des textes forts, personnels et engagés dans lesquels la nouvelle génération libanaise se retrouve, les morceaux de Technickly séduisent les internautes au Liban, au Colorado et ailleurs. Nicolas Lyan n'a pas encore déployé tout son talent. Ceux qui aiment la diversité et la nouveauté apprécieront certainement son art.
Pour écouter les titres de Technickly, rendez-vous sur : https ://soundcloud.com/nicky-lyan.


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