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Aix rend hommage à Baalbeck

Bernard Foccroulle à « L’OLJ » : J’admire la capacité des Libanais à continuer de vivre et de créer

Grand organiste, Bernard Foccroulle préside depuis 8 ans aux destinées du Festival lyrique d'Aix-en-Provence. Auparavant, il avait été durant 15 ans le directeur du non moins prestigieux Théâtre royal de la monnaie à Bruxelles. S'il voue une passion pour « l'éternelle sérénité » de la musique de Jean-Sébastien Bach (il a à son actif l'enregistrement de l'intégralité de l'œuvre d'orgue du compositeur allemand), ce musicien, « classique mais non conformiste », n'en cherche pas moins à insuffler « la vie et les cultures entre les notes ». Celles notamment du pays du Cèdre, qu'il a introduit dans sa programmation de 2015 avec le concert-spectacle « Ilek ya Baalbeck » (À toi Baalbeck). Rencontre express avant l'entrée en scène au théâtre du Jeu de paume de la fine fleur des artistes libanais.

Pour le président du festival d’Aix, « il y a un vif intérêt pour les musiciens et poètes libanais ». Photo © ArtcomArt / Pascal Victor

Vous accueillez, dans le cadre du Festival d'Aix-en-Provence, « Ilek ya Baalbeck » un spectacle hommage au Festival de Baalbeck. Comment est née l'idée de cette programmation ?
Cette idée vient de Nayla de Freige, la présidente du Festival de Baalbeck. Je l'ai trouvée excellente, car depuis plusieurs années, notre Festival d'Aix-en-Provence développe une politique d'ouverture à la Méditerranée, et le Festival de Baalbeck est le plus ancien et le plus prestigieux du Proche-Orient.



Peut-on considérer cette invitation sur les planches aixoises comme une marque de solidarité (ou de sollicitude) d'un grand frère (le Festival d'Aix a été institué il y à 67 ans) envers son benjamin (le Festival de Baalbeck fêtera bientôt ses 60 ans) qui se débat pour survivre dans un contexte périlleux, miné par les répercussions, notamment « daechiennes », de la guerre syrienne ?
Il y a d'abord et avant tout un vif intérêt pour les musiciens et poètes libanais, qui comptent des artistes de dimension universelle. Ensuite, dans le contexte très tendu et inquiétant que nous connaissons aujourd'hui, exprimer une solidarité avec des peuples de la Méditerranée me semble être une priorité.

 

Vous avez dit : « Le monde de l'opéra s'est trop longtemps contenté de vivre en vase clos, replié sur l'Europe et les États-Unis. Il est temps de l'ouvrir aux cultures proches et lointaines. » Votre festival opère, donc, une ouverture vers de nouveaux horizons. Tandis que le nôtre (de festival) se retrouve, après un passé glorieux, a faire acte de résistance culturelle dans un environnement dominé par la violence et la barbarie. Avec son florilège d'artistes libanais, peut-on considérer « Ilek ya Baalbeck » comme l'un des porte-flambeaux de cette double cause ?
Oui, car je crains que la violence et la barbarie ne soient en train de se répandre partout dans le monde. Le Liban a connu plusieurs décennies de souffrances indicibles. J'admire la capacité des Libanais à faire face à l'adversité, à continuer de vivre et de créer. Cette force de résistance, nous en avons tous besoin. L'art et la culture ont un rôle d'autant plus important à jouer aujourd'hui.

 

Que représentait à vos yeux le Festival de Baalbeck avant cette collaboration ?
Et quelle image en avez-vous aujourd'hui ?
Je garde le souvenir d'images de spectacles de Maurice Béjart, de concerts des plus grands artistes mondiaux, dans un environnement d'une qualité exceptionnelle. Je ne suis jamais allé à Baalbeck, mais j'espère pouvoir m'y rendre prochainement et vivre sur place les émotions de ce grand festival.

 

Une production à cent pour cent libanaise à l'affiche d'un festival lyrique et éminemment mozartien, n'est-ce pas un pari risqué ?
Le concert est sold-out depuis plusieurs mois, signe de l'intérêt du public pour cette manifestation artistique et toute la symbolique qu'elle revêt.


Vous accueillez, dans le cadre du Festival d'Aix-en-Provence, « Ilek ya Baalbeck » un spectacle hommage au Festival de Baalbeck. Comment est née l'idée de cette programmation ?
Cette idée vient de Nayla de Freige, la présidente du Festival de Baalbeck....

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