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Économie

Harb révèle « sa vision » pour moderniser les infrastructures fixes et mobiles

Télécoms

Le ministre des Télécoms a présenté hier sa stratégie de développement du secteur à l'horizon 2020. Doté d'une enveloppe globale de près de 750 millions de dollars, ce plan repose principalement sur le déploiement et la mise en service du réseau de fibre optique jusqu'à l'utilisateur final et sur l'élargissement de la couverture des réseaux 4G.

02/07/2015

« Stand-up » face à la foule, cinématiques retraçant l'histoire des télécoms de la standardiste à Steve Jobs, messages de soutien des représentants de grandes entreprises et sociétés financières... L'annonce, hier au Grand Sérail, de la stratégie de Boutros Harb pour poursuivre la modernisation des infrastructures de télécommunications du pays tenait davantage des « keynotes » en vogue à la Silicon Valley que des conférences de presse institutionnelles. L'occasion pour le ministre de dévoiler les contours de « Liban 2020 : la vision des télécoms à l'ère du numérique ».
Une « vision » qu'il a résumée ainsi : « Depuis mon arrivée, j'ai supervisé les projets hérités de mes prédécesseurs et décidé d'en lancer de nouveaux afin de redonner au Liban un rôle important dans le monde des télécoms. Cela permettra d'alimenter la croissance économique, de créer de nouveaux emplois, d'encourager les investissements étrangers et surtout de convaincre nos jeunes de rester dans le pays. » Vaste programme, qu'il décline essentiellement en deux volets : la poursuite du déploiement de la fibre optique jusqu'à l'utilisateur final et la standardisation à terme de la couverture de la téléphonie mobile sous la norme 4G.

« Dernier kilomètre »
Le premier volet consiste à améliorer la capacité du réseau fixe de télécommunications pour proposer des connexions Internet à très haut débit et de nouveaux services – comme le fameux « triple play » (Internet, téléphonie et télévision sur le même réseau) – aux usagers. Initiée en 2010 par le ministre Charbel Nahas, la substitution de ce nouveau réseau de 4 700 km de fibre optique au réseau en fibre de cuivre jusque-là en usage a été finalisée en 2014. Mais ce déploiement ne concerne pour l'instant que la liaison entre les centaines de centraux téléphoniques gérés par Ogero.
Or, si cette épine dorsale bénéficie pleinement de la puissance de la fibre optique, tout le problème réside dans ce que les professionnels des télécoms appellent le « dernier kilomètre », soit la partie qui la relie aux utilisateurs finaux. Concrètement, tout l'enjeu consiste à raccourcir les paires de cuivre résiduelles sur cette liaison afin d'augmenter le débit du signal. Et ce, en arbitrant entre les exigences de performance pour l'utilisateur et les investissements à consentir – la réutilisation du cuivre sur le « dernier kilomètre » s'avérant nettement moins coûteuse qu'un raccordement intégral en fibre optique. Alors que l'ancien ministre Nicolas Sehnaoui avait opté pour une logique semblable à celle de la plupart des opérateurs mondiaux en différenciant le niveau d'équipement en fibre optique du « dernier kilomètre » selon le profil des uttilisateurs et les zones géographiques, son successeur a décidé, lui, d'aboutir à un déploiement intégral de la fibre optique jusqu'au domicile (FTTH pour « Fiber To The Home » ) de tous les ménages à l'horizon 2022.
Entre-temps, cette conversion sera graduée : une première phase de 18 mois concernera environ 15 000 organisations et entreprises, une deuxième phase de cinq ans consistera à déployer la fibre optique jusqu'aux sous-répartiteurs – c'est-à-dire le point de raccordement entre une zone géographique et le réseau principal – , ainsi qu'à équiper les zones encore non couvertes en haut débit. Tandis que la phase FTTH se déroulera entre 2016 et 2022, en commençant par équiper en très haut débit les immeubles en cours de construction. Une option qui a un prix proportionnel à ses ambitions : le coût de ce volet est estimé à plus de 600 millions de dollars, soit près de dix fois la somme dépensée pour relier les centraux en fibre optique...

4G, 4G+, 5G...
Le deuxième volet de la téléphonie mobile de ce plan quinquennal consiste à déployer progressivement les réseaux de quatrième génération (4G) sur tout le territoire libanais d'ici à 2017. Introduite dans le Grand Beyrouth au printemps 2014, cette norme augmente significativement la vitesse de connexion par rapport à la 3G mais ne concernerait actuellement, selon le ministère, que 7 % des abonnés. « Pour permettre à tous (les usagers) d'accéder à cette technologie », le ministre prévoit de rendre compatible avec cette norme les plus de 2 000 antennes-relais du pays (contre un peu plus de 400 actuellement) d'ici à deux ans. Le plan prévoit ensuite un passage progressif à la 4G+ – un dérivé plus performant de cette norme – dans certaines zones d'ici à 2017, puis à partir de 2020 que le Liban soit en mesure de passer à la norme 5G dans le cadre d'une nouvelle stratégie. Le coût de ce deuxième volet est, lui, estimé aux alentours de 150 millions de dollars. Au total, la facture de ce plan quinquennal se chiffrerait aux alentours des 750 millions de dollars, grevés sur le budget du ministère des Télécommunications. L'augmentation attendue de la pénétration des services fixes et mobiles suffira-t-elle à financer cet investissement ? Celui-ci servira-t-il à justifier une future privatisation du secteur, dont M. Harb est un farouche partisan ? Ces questions devraient trouver une réponse au fur et à mesure que le ministère précisera son plan.

 

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