Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Éclairage

L’Arabie saoudite minimise les WikiLeaks sur sa « diplomatie du chéquier »

Le prince héritier et ministre de l’Intérieur, Mohammad ben Nayef (à droite), accompagné du futur prince héritier et ministre de la Défense, Mohammad ben Salmane (à gauche). © SPA/HO/Photo AFP

La publication par WikiLeaks de dizaines de milliers de documents confidentiels saoudiens a jeté une lumière crue sur la « diplomatie du chéquier » du royaume, mais Riyad cherche à minimiser la portée de ces câbles et le tort qu'ils pourraient lui causer.
WikiLeaks qui assure être en possession d'un demi-million de documents, dont la source serait un piratage informatique effectué dans le royaume en mai dernier, a commencé à en diffuser 70 000 incluant des communications d'ambassades, des échanges de courriers électroniques entre diplomates et des notes préparées par d'autres organismes du royaume saoudien. Ces déclarations montrent, entre autres, que l'Arabie saoudite a financé des partis politiques libanais et de grands médias pour accroître son influence diplomatique. Ainsi, la chaîne MTV a obtenu d'après ces documents un financement saoudien de deux millions de dollars, soit le dixième de ce qu'elle réclame en contrepartie de sa promotion des positions saoudiennes.
Ces révélations, largement relayées par des internautes, interviennent alors que l'Arabie saoudite est engagée depuis fin mars dans une opération militaire contre des rebelles chiites au Yémen, alliés à l'Iran, et fait face à des critiques croissantes sur son bilan en matière des droits de l'homme. La puissante monarchie pétrolière du Golfe a souvent recours à l'argent pour s'assurer du soutien de grands médias arabes et de personnalités politiques du Moyen-Orient, indiquent en substance ces « câbles saoudiens » dont la teneur ne leur apparaît cependant pas surprenante.
En effet, un responsable saoudien a notamment déclaré que les fuites n'avaient pas perturbé outre mesure les dirigeants du royaume, tout en admettant qu'elles pourraient embarrasser certaines personnes dont les noms sont mentionnés dans les câbles.

Allégeance au royaume
D'après ces câbles, ce sont d'abord des journalistes, des politiciens et d'autres personnalités de tous bords, notamment au Liban, qui ont sollicité l'aide financière du royaume. La réponse de ce dernier n'a été liée qu'au degré d'allégeance des uns et des autres. Ainsi, le royaume fait le tri pour accorder des visas et invitations aux journalistes et hommes politiques afin d'éviter que des personnalités « suspectes » ne puissent accéder aux faveurs des princes, selon ces documents publiés par le quotidien al-Akhbar.
Selon l'analyste saoudien Abdel Wahab Badrakhan, basé à Londres, « les câbles diffusés jusqu'ici ne révèlent pas de secrets. Ils portent sur des faits courants en politique et en diplomatie ». Comme de nombreux pays occidentaux, « le royaume saoudien cherche des soutiens et alliés et le fait qu'il finance des groupes pour leurs activités politiques et culturelles n'est pas un mystère », ajoute cet expert. Il considère aussi que, dans l'ensemble, « les dégâts sont minimes pour le royaume ».

Facture impayée
Un autre document indique que la France a demandé en 2012 à l'Arabie saoudite un « point d'appui » à Djeddah pour le stockage d'armes, de munitions et d'équipements destinés à des unités luttant contre la piraterie maritime. WikiLeaks rapporte aussi qu'un fils d'Oussama ben Laden a réclamé en 2011 aux États-Unis un certificat de décès après la mort du chef d'el-Qaëda, tué quelques mois plus tôt au Pakistan par un commando américain.
D'autres documents confirment le grand train de vie de certains membres de la famille royale, comme cette princesse qui a laissé en 2009 une ardoise de plus d'un million d'euros représentant une facture impayée à une compagnie de taxi de luxe en Suisse. Une série de câbles relate aussi une polémique entre les ministères saoudiens des Affaires étrangères et de l'Intérieur sur l'octroi d'un visa à la star Nancy Ajram pour visiter le royaume ultraconservateur avec son époux.
Enfin, un câble diplomatique indique que l'Iran a transféré la même année des équipements nucléaires au Soudan. Selon des experts, les messages illustrent surtout la ferme volonté de l'Arabie saoudite sunnite de faire face à « l'expansionnisme » de l'Iran chiite. Cependant, pour Élie Hindy, professeur de sciences politiques à l'université libanaise Notre-Dame-de-Louaizé, « ces câbles montrent en fait une image déformée de la réalité car l'Iran a aussi ses propres réseaux pour soutenir l'opposition saoudienne sur les plans politique, médiatique et même militaire ».

Pour mémoire
WikiLeaks, la série des « secrets libanais dévoilés » se poursuit

WikiLeaks : Riyad met en garde contre la diffusion de "faux" documents

La publication par WikiLeaks de dizaines de milliers de documents confidentiels saoudiens a jeté une lumière crue sur la « diplomatie du chéquier » du royaume, mais Riyad cherche à minimiser la portée de ces câbles et le tort qu'ils pourraient lui causer.WikiLeaks qui assure être en possession d'un demi-million de documents, dont la source serait un piratage informatique effectué dans le royaume en mai dernier, a commencé à en diffuser 70 000 incluant des communications d'ambassades, des échanges de courriers électroniques entre diplomates et des notes préparées par d'autres organismes du royaume saoudien. Ces déclarations montrent, entre autres, que l'Arabie saoudite a financé des partis politiques libanais et de grands médias pour accroître son influence diplomatique. Ainsi, la chaîne MTV a obtenu d'après ces...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut