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Culture - Fête De La Musique

Au cœur de Beyrouth, toutes les musiques qu’on aime

Pour sa quinzième édition dans la capitale libanaise, la fête, populaire à souhait, se jouait sur quatorze scènes disséminées à travers la capitale, avec presque autant de genres musicaux différents. 92 groupes, libanais dans leurs grande majorité, avides de prouver l'étendue de leurs talents respectifs. Focus sur cinq concerts marquants sous le signe de la découverte et du partage.

Photo Michel Sayegh

 

20h20 : Philippe el-Hage / Église Saint-Louis des capucins


Photo Michel Sayegh


D'une dextérité hors du commun, le pianiste libanais interprète une musique classique baignée dans le jazz. Après une entrée avec la grandiloquente Flying with elephants, place à la dramatique Byblos. Lui qui détestait les carcans de la musique classique lorsqu'il l'étudiait, y revient doucement, mais en tout liberté. Et avec classe, s'il vous plaît. Il reprend le Canon de Pachelbel, transformé à la sauce Philippe el-Hage. Empreint de swing et d'embardées mélancoliques, mais toujours maîtrisé, le morceau baroque devient subitement moderne. Le musicien sait être pédagogue : il prend le temps d'expliquer chacun de ses morceaux. Le jour où un Woody Allen libanais existera, celui qui composera sa bande-originale à un nom : el-Hage.

 

21h00 : Rocketeers / Souk el-Tawilé


Photo Michel Sayegh


« Ils sont l'avenir du hip-hop libanais », confiait à L'Orient-Le Jour il y a quelques jours Michèle Paulikevitch, la programmatrice de la fête de la Musique à Beyrouth. Difficile de la contredire tant le duo tripolitain Rocketeers présente un rap sans concessions, débité à la vitesse d'une mitraillette et porté par des rythmes brutaux. Mais ils savent aussi (ré)inventer des hymnes aux refrains enfantins sur lesquels on dansera cet été sur les plages de Batroun. Ammar Basha a.k.a 3B, le rappeur des Rocketeers, ne se ménage pas. Ce n'est pas un concert, mais une performance. Il court davantage dans le public, afin de réveiller les spectateurs neurasthéniques, qu'il ne reste sur scène. Mais l'effort en concert est souvent récompensé : les badauds prennent le temps de s'arrêter pour applaudir chaleureusement.

 

22h00 : Epic / Place des Martyrs


Photo Michel Sayegh


Se tenir devant la scène rock de la place des Martyrs est un exercice beaucoup plus difficile. Il faut avoir un certain sens de l'équilibre et des nerfs solides. Ici, la foule de trentenaires s'adonne à de réjouissants pogos. Le groupe de rock progressif Epic, formé en 2013, donne des frissons aux fans d'Aerosmith, de Led Zeppelin et de Bon Jovi. Autour de la chanteuse Tanya Rizkala à la chevelure crépue et à la voix puissante, le bassiste et le guitariste se défient à coups de solos enflammés et masturbatoires. Qu'importe le show, pourvu qu'il y ait des envolées lyriques et une batterie qui tienne le choc face aux assauts répétés de son tortionnaire...

 

22h30 : hip-hop contestataire dans un cadre de luxe


Photo Michel Sayegh


Sur le quai de Zaytouna Bay, la brise marine souffle sur les promeneurs, nombreux ce soir. Ici, la fête a commencé un peu avant le coucher du soleil. Beaucoup de jeunes assis sur les escaliers, sur le gazon. Et des moins jeunes, attablés aux restaurants ou aux terrasses des cafés. Face à la mer, avec vue sur les yachts de luxe, un groupe de reggae libanais, Rabih and the Playmates, scande des souvenirs de soirées passées dans les abris, en mangeant des... oignons. Quelques applaudissements plus tard, voila le groupe tant attendu, Fareeq el-Atrash. Huit gaillards s'emparent de la scène et entraînent le public dans un tourbillon de paroles crachant des vérités particulièrement crues. Trois Mc's déclament dans un arabe des plus volubiles, un beat-boxeur mène le rythme sur des grooves funk, tenant le dialogue avec une basse et une batterie. Le hip-hop de ce Fareeq est loin d'être « atrash ». Il s'imprime dans les tympans comme une cicatrice de « reality check ». On y est toute ouïe.
Minuit, la foule devenue disparate goûte au rock alternatif et psychédélique de Audisyea. Aziza, la chanteuse qui monte et qui fusionne la musique arabe classique à la pop, ne viendra pas. Essuyant notre déception, on tourne les talons à la mer, après avoir ingurgité une bonne dose d'oxygène musicalement iodé.

 


23h15 : Alan Abi Sleiman / Thermes romains


Photo Michel Sayegh


« La scène des Thermes romains n'aime pas notre son », se désole le chanteur du groupe Alan Abi Sleiman, anciennement Alan's trio. Après deux problèmes majeurs de sono qui les empêchent tout bonnement de se produire, tout rentre finalement dans l'ordre. Touchés dans leur orgueil, les trois musiciens se vengent sur leurs instruments pour un show blues rock maîtrisé. Louchant parfois joyeusement vers de l'électro rock orientale qui rappelle le tourmenté groupe canadien Suuns, d'autres vers un son brut de décoffrage à la Black Keys, Alan Abi Sleiman fait résonner le Grand Sérail comme il se doit. De l'énergie et de la rage en bloc pour (re)commencer la semaine du bon pied.

 

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20h20 : Philippe el-Hage / Église Saint-Louis des capucins
Photo Michel Sayegh
D'une dextérité hors du commun, le pianiste libanais interprète une musique classique baignée dans le jazz. Après une entrée avec la grandiloquente Flying with elephants, place à la dramatique Byblos. Lui qui détestait les carcans de la musique classique lorsqu'il l'étudiait, y revient doucement, mais en tout liberté. Et avec classe, s'il vous plaît. Il reprend le Canon de Pachelbel, transformé à la sauce Philippe el-Hage. Empreint de swing et d'embardées mélancoliques, mais toujours maîtrisé, le morceau baroque devient subitement moderne. Le musicien sait être pédagogue : il prend le temps d'expliquer chacun de ses morceaux. Le jour où un Woody Allen libanais existera, celui qui composera sa bande-originale à un nom :...
commentaires (3)

LES MUSIQUES DES ARTISTES MUSICIENS NOUS CALMENT ET NOUS ENSORCELLENT... CELLES DES ABRUTIS POLITICIENS TAPAGISTES NOUS CASSENT LES OREILLES !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

20 h 29, le 22 juin 2015

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Commentaires (3)

  • LES MUSIQUES DES ARTISTES MUSICIENS NOUS CALMENT ET NOUS ENSORCELLENT... CELLES DES ABRUTIS POLITICIENS TAPAGISTES NOUS CASSENT LES OREILLES !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 29, le 22 juin 2015

  • Qu'en pense, le héZébbb ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 35, le 22 juin 2015

  • Dire être un libanais provoque un effet magique dans tous les pays du monde , sauf en usurpie d'israrecel !

    FRIK-A-FRAK

    12 h 48, le 22 juin 2015

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