La Russie a mis sur la table hier, lors du rendez-vous annuel de ses milieux d'affaires à Saint-Pétersbourg, un projet de gazoduc vers l'Allemagne, se posant en partenaire économique incontournable des Européens malgré les sanctions, avant d'accueillir le Premier ministre grec Alexis Tsipras.
Le chef du gouvernement de gauche radicale, critique à l'égard des sanctions européennes et engagé dans de houleuses discussions avec ses créanciers pour éviter un défaut de paiement, est arrivé dans l'après-midi au Forum économique international de Saint-Pétersbourg et a discrètement rencontré le patron de Gazprom Alexeï Miller. Aujourd'hui, il doit rencontrer Vladimir Poutine et pourrait à cette occasion signer un accord avec le géant public russe pour la construction d'un gazoduc de deux milliards de dollars sur le territoire grec, prolongeant le projet TurkStream entre la Russie et la Turquie.
À la veille de cet entretien, Gazprom a créé la surprise en annoncant un projet de gazoduc vers l'Allemagne avec l'allemand EON, l'anglo-néerlandais Shell et l'autrichien OMV. Cet accord, qui reste pour l'instant au stade de la lettre d'intention, porte sur deux nouvelles branches au fond de la Baltique d'une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an. Cela reviendrait à doubler les volumes potentiellement transportés actuellement par le gazoduc Nord Stream, lancé en 2011 et long de 1 220 kilomètres.
Ce projet constitue un camouflet pour Bruxelles, en conflit avec Gazprom sur plusieurs fronts et qui multiplie les initiatives pour trouver de nouvelles sources d'approvisionnement et réduire sa dépendance au gaz russe. De son côté, le groupe russe ne cesse de mettre en avant la diminution de la production locale en Europe et la tendance à l'augmentation de la demande pour cette ressource considérée comme relativement propre. Selon elle, d'ici à dix ans, le Vieux Continent aura des besoins impossibles à combler par des importations des États-Unis ou d'Azerbaïdjan.
(Source : AFP)
Économie - Diplomatie Économique
La Russie se pose en partenaire économique des Européens
OLJ / le 19 juin 2015 à 00h51


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