Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a remis hier la démission de son gouvernement d’union. Mussa Qawasma / Reuters
Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a remis hier la démission de son gouvernement d'union, devant la fracture grandissante entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, et le défi représenté par les discussions que le Hamas mènerait secrètement avec Israël.
L'annonce de cette démission a donné lieu à une confusion indicative de la profonde crise politique palestinienne.
Nimr Hamad, conseiller du président Mahmoud Abbas, a commencé par annoncer que « Hamdallah (avait) remis sa démission à Abbas qui lui a ordonné de former un nouveau gouvernement », avant d'être démenti par le porte-parole de la présidence Nabil Abou Roudeina.
M. Hamdallah a bien présenté sa démission à M. Abbas qui ne l'a ni acceptée ni rejetée, a dit un responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) sous le couvert de l'anonymat. En fait, l'avenir du gouvernement pourrait se décider lundi lors d'une réunion du Comité exécutif de l'OLP, direction palestinienne collégiale et resserrée, a-t-il dit.
En attendant, le gouvernement reste en place et, même dans l'éventualité d'une démission, resterait en place jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé, a-t-il dit.
Ces développements sanctionnent la persistance des dissensions palestiniennes et l'incapacité d'agir du gouvernement d'union formé en 2014, précisément pour mettre fin aux divisions entre les deux principales formations palestiniennes, le Fateh laïque et modéré de M. Abbas et le Hamas, le mouvement islamique aux commandes dans la bande de Gaza. Elles ajoutent aux profondes incertitudes du moment.
Près de tomber depuis longtemps
Les perspectives de création prochaine d'un État palestinien ont rarement paru plus sombres. La réconciliation proclamée est restée un vœu pieux, la bande de Gaza est un « baril de poudre » selon les mots du chef de la diplomatie allemande et, sous la coupe du Hamas, l'enclave paraît s'éloigner toujours davantage politiquement de la Cisjordanie, dont elle est séparée physiquement par le territoire israélien.
Mais le président Abbas se serait surtout alarmé de contacts indirects que le Hamas, court-circuitant l'Autorité palestinienne, aurait avec l'ennemi israélien pour tenter de conclure une trêve durable dans la bande de Gaza.
Si l'Autorité accepte la possibilité d'un accord qui lui échapperait entre le Hamas et Israël, « c'est toute l'idée d'un État palestinien qui disparaît complètement », explique un responsable de l'OLP.
Les discussions internes aux Palestiniens ont mis en lumière la nécessité d'un gouvernement non plus de technocrates, mais de politiques, a-t-il ajouté.
Un tel gouvernement peut-il associer le Hamas ? Ce dernier a dit officiellement refuser une dissolution à la seule instigation du président Abbas. « Le Hamas rejette tout changement unilatéral de gouvernement sans le consentement de toutes les parties », a dit à l'AFP Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.
Au-delà des déclarations de principe, un haut responsable du Hamas, Ziad al-Zaza, a laissé une porte ouverte. Il a appelé le président Abbas à former un gouvernement plus politique, « avec tous les mouvements nationaux et islamiques, pour faire face à l'occupation israélienne ».
Le Hamas trouverait son intérêt à un tel gouvernement s'il lui permettait de devenir un interlocuteur acceptable pour la communauté internationale. Mais une grande partie de celle-ci refuse de traiter avec une organisation considérée comme terroriste par les États-Unis, l'Union européenne ou Israël.
(Source : AFP)


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