Les diabétiques suivant un traitement à base de sulfamides ou d’insulines mélangées, c’est-à-dire une combinaison d’insuline rapide et lente, ne peuvent pas observer le jeûne du ramadan, selon les experts, parce que ces traitements peuvent entraîner une hypoglycémie. Photo Tashatuvango/Bigstock
Le ramadan présente de sérieux risques de santé pour les personnes diabétiques qui observent le jeûne, en raison notamment du changement des habitudes alimentaires. Les repas, généralement plus copieux en ce mois sacré, sont pris après le coucher du soleil. De plus, les horaires de prise des médicaments sont modifiés.
De ce fait, de nombreuses complications liées au diabète peuvent survenir, comme l'hyperglycémie si le patient ne prend pas son médicament de façon régulière, un évanouissement, une acidocétose (c'est-à-dire un coma suite à une hyperglycémie sévère non traitée) principalement chez les diabétiques de type 1 et une déshydratation. À cela s'ajoutent le risque des thromboses vasculaires ou encore de la mauvaise alimentation.
Or, selon les études internationales, plus de 50 millions de diabétiques musulmans (près de 43 % et de 86 % de musulmans souffrant respectivement de diabète de type 1 et de diabète de type 2, selon l'étude Epidiar effectuée dans treize pays) observent le jeûne durant le ramadan, malgré les mises en garde des spécialistes, sachant que l'islam exempte de jeûne toute personne souffrant d'une maladie chronique, y compris le diabète.
Comment allier diabète et ramadan ? L'Orient-Le jour aurait souhaité, à la veille du début de ce mois sacré, mieux éclairer ses lecteurs sur la question, en rapportant essentiellement les nouvelles recommandations émises dans ce cadre. En raison, toutefois, des instructions « strictes » du président de l'ordre des médecins, interdisant aux spécialistes, à la suite d'une émission télévisée, d'accorder des interviews aux médias, même à caractère scientifique, on se contentera d'une compilation des principales recommandations ayant fait l'objet de précédents articles.
Conseils médicaux
Selon les spécialistes donc, ne peut pas observer le jeûne du ramadan tout diabétique suivant un traitement à base de sulfamides ou d'insulines mélangées (c'est-à-dire une combinaison d'insuline rapide et lente), ces traitements pouvant causer une hypoglycémie.
Une personne diabétique ne peut pas non plus jeûner si sa maladie présente des complications nécessitant un équilibre strict, comme un infarctus du myocarde, une rétinopathie diabétique (atteinte de la rétine), une insuffisance rénale ou encore s'il présente un pied diabétique. Il est également interdit de jeûner si la personne diabétique souffre en plus d'une bronchite, d'un cancer, d'une infection, d'une déficience immunitaire, ou si elle a été opérée.
Plus encore, les spécialistes recommandent aux diabétiques de type 1 de ne pas jeûner :
– s'ils prennent entre trois et quatre doses d'insuline par jour;
– s'ils utilisent une pompe à insuline;
– s'ils vivent seuls, par crainte qu'ils ne trouvent personne pour les aider en cas de malaise.
Une personne diabétique dont le taux de Hb1Ac (une valeur qui permet de déterminer la concentration du glucose dans le sang sur les trois derniers mois) est supérieur à 6,5 ne peut pas non plus jeûner.
Quel que soit le cas, il est impératif que la personne diabétique consulte son médecin avant d'entamer le jeûne, pour un meilleur contrôle de sa maladie. On considère que le diabète est contrôlé si le taux de la glycémie est inférieur à 100 mg/dl lorsque le patient est à jeun et à 140 mg/dl, deux heures après le repas. De plus, durant le mois de jeûne, l'équilibre glycémique du patient doit être suivi de près. Pour cela, les diabétiques de type 1 doivent mesurer le taux du sucre quatre fois par jour. Quant aux diabétiques de type 2, ils doivent le faire deux fois par jour : à jeun et après un repas.
Conseils diététiques
La qualité des plats doit également être surveillée au cours de ce mois sacré. Il est ainsi recommandé d'éviter, dans la mesure du possible, les excès, mais aussi de ne pas trop modifier le régime alimentaire qu'on suivait avant le ramadan.
Les spécialistes recommandent ainsi :
– de prendre le souhour (repas du matin) le plus tard possible. Ce repas doit être l'équivalent du petit déjeuner. Il doit comprendre des glucides complexes comme le pain complet, des protéines et un fruit. Il est important de ne pas sauter ce repas, pour pouvoir tenir la journée, mais aussi pour hydrater le corps. Il est également conseillé de prendre son café quelques minutes avant la prière de l'aube (Imsak) pour empêcher une éventuelle migraine due au manque de caféine;
– de faire deux repas équilibrés (iftar et souhour) entrecoupés par un en-cas. Celui-ci sera composé d'un verre de yaourt ou de lait, d'un fruit ou encore, occasionnellement, d'une portion d'une pâtisserie simple comme le sfouf, le kellage cru, les katayefs crus, ou encore une petite tasse de mhallabiyé, de meghlé, de riz au lait...
– d'éviter les plats riches en matières grasses et de privilégier les fruits et les légumes, ainsi que les aliments à digestion lente qui durent comme le pain complet, les pâtes, les légumineuses, le riz...
– de respecter les quantités définies par son médecin traitant;
– de boire beaucoup d'eau, au moins deux à trois litres pour éviter la déshydratation, et de fuir les boissons sucrées. Contrairement à ce qu'on pense, les jus n'aident pas à rétablir les minéraux dans l'organisme. Deux dattes, un bol de soupe et un verre de yaourt suffisent pour les rétablir. Sans oublier que les jus sont riches en sucre. Un verre de jellab, à titre d'exemple, renferme l'équivalent de cinq à six cuillères à café de sucre !
Les personnes qui désirent maintenir une activité physique peuvent faire leur sport une heure après l'iftar.
Pour mémoire
Diabète : le mode de vie malsain pointé du doigt
Les édulcorants augmenteraient le risque de diabète et d'obésité


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine