Le chef historique de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen a contesté hier en justice sa suspension du parti Front national (FN), présidé depuis 2011 par sa fille Marine qui envisage aussi de le priver de son titre de président d'honneur. Après plus de deux heures de débats centrés sur le droit des associations et les statuts du FN, le tribunal de Nanterre (région parisienne) a renvoyé sa décision au 2 juillet. Impassible à l'audience, le chef historique du parti pendant près de 40 ans demandait l'annulation de sa suspension en tant qu'adhérent, prononcée le 4 mai au cours d'un bureau exécutif, la plus haute instance du parti, décision « illégale, anormale et excessive », selon lui. Marine Le Pen avait fait adopter la suspension de son père après de nouvelles déclarations provocatrices début avril : répétition de sa vision plusieurs fois condamnée par la justice des chambres à gaz, qu'il a qualifiées de « détail » de l'histoire, ou défense du maréchal Pétain, l'un des artisans de la collaboration française avec l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Marine Le Pen a déclaré hier à des médias n'avoir « aucune crainte » quant à l'offensive engagée par son père. L'un des vice-présidents du Front national, Florian Philippot, a par ailleurs annoncé vendredi que le bureau politique du parti avait décidé de proposer au vote de ses adhérents la suppression des statuts du FN de l'article prévoyant une présidence d'honneur, ce qui retirerait de fait à Jean-Marie Le Pen ce titre.
Moyen Orient et Monde
Suspendu du FN, Jean-Marie Le Pen contre-attaque en justice
OLJ / le 13 juin 2015 à 00h52


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