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Liban - L’Éclairage

Salam apporte son plein appui à Kahwagi, tout en refusant de braquer Aoun et le Hezbollah

C'est avec une grande prudence que le Premier ministre avance ses pions sur l'échiquier local ; une prudence qui contraste avec l'imprudence dont certains des autres joueurs font preuve quand ils se jouent, en paroles, du sort du commandant de l'armée, bafouant toutes les règles de la guerre, portant atteinte au moral des troupes, et mettant en danger le Liban, à des fins purement partisanes.
C'est cette vertu qui a poussé Tammam Salam à se rendre au ministère de la Défense, en compagnie de Samir Mokbel, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et à rencontrer le général Jean Kahwagi. Une visite qui dit avec éloquence où il se situe par rapport à la campagne orchestrée contre le commandement de l'armée par un camp qui a perdu le sens de la mesure. Une façon aussi d'apporter sa couverture à la stratégie militaire actuelle, si réservée par rapport à la politique aventuriste suivie par le Hezbollah, et dans laquelle ce dernier parti tente d'entraîner le Liban.
M. Salam qui a eu droit aux explications du chef des opérations de l'armée sur le déploiement des troupes à la frontière orientale, face au no man's land libano-syrien, a pu se rendre compte combien la stratégie de tension contenue, de vigilance et d'opérations éclair de l'armée, était à l'heure actuelle la plus raisonnable et la moins coûteuse en termes de vies humaines.


La visite de M. Salam à Yarzé a suivi la démonstration militaire et les tirs de missiles organisés par l'armée dans la Békaa, en présence de l'ambassadeur américain au Liban, David Hale. Là aussi, les images parlent d'elles-mêmes. Elles expriment, sans phraséologie inutile, la constance de l'appui américain à l'armée libanaise, à l'heure où des sanctions sont imposées par Washington à des hommes d'affaires liés au Hezbollah, un parti avec lequel l'administration américaine a un compte particulier à régler depuis les années 80.
La visite à Yarzé intervient aussi à l'heure où le Courant patriotique libre de Michel Aoun réclame l'élection immédiate de Chamel Roukoz comme nouveau commandant de l'armée, et assure qu'il paralysera le gouvernement tant que cela n'aura pas été fait. Elle suit enfin l'annonce par le Hezbollah qu'il a commencé à s'attaquer au groupe État islamique, après avoir selon lui mis hors de combat, dans le Qalamoun, le Front al-Nosra.


L'heure est grave et délicate. L'armée, de son côté, continue de faire la sourde oreille au harcèlement médiatique du Hezbollah et de ses acolytes, qui souhaitent la voir intervenir directement à l'intérieur de Ersal, sachant bien qu'une confrontation dans ce village virera immédiatement à la discorde confessionnelle et s'étendra comme une traînée de poudre à l'ensemble des régions libanaises où chiites et sunnites vivent ensemble.
La retenue de la troupe se justifie d'autant plus que le régime syrien subit des revers en plusieurs régions de Syrie et que la mise à l'écart de Bachar el-Assad semble de plus en plus nécessaire, si l'on doit parvenir à un modus vivendi et à une solution politique de la crise syrienne. Ces questions et d'autres ont certainement été soulevées lors de la visite en Russie du vice-prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane. Une visite dont les thèmes ne doivent pas être très différents de ceux que Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, a soulevés avec le chef du courant du Futur, Saad Hariri, lors de sa récente visite en Russie, et qui a pu paver la voie à celle du prince saoudien.


L'un des ministres en exercice estime que les enchères politiques actuelles sont directement liées au dossier du nucléaire iranien, au regard de l'accord qui sera signé d'ici à la fin du mois entre l'Iran et les 5+1. Des surenchères qui prouvent que le dossier du Liban, hélas, est devenu indissociable de celui de la région, et que la présidence de la République libanaise est désormais liée à ce qui se passe au Yémen, en Irak, en Syrie et en Iran. Encore que, selon ce ministre, il est préférable pour le Liban de rester sans président que d'avoir un président comme Michel Aoun.
Toujours selon le ministre cité, l'enjeu nucléaire est en particulier l'une des raisons qui pousse le Hezbollah à grossir démesurément les « victoires » qu'il remporte dans le Qalamoun, dans le but d'en engranger ultérieurement les dividendes politiques.


Mais l'appui convaincu apporté par Salam à l'armée ne lui fait pas perdre son remarquable sens de l' équilibre, qui est, à n'en pas douter, sa marque propre.
En effet, en dépit des pressions qui s'exercent sur M. Salam de la part de ministres qui affirment que les communautés chrétiennes sont représentées avec ou sans leurs deux collègues aounistes, on prête à ce dernier – après consultation de Nabih Berry – l'intention de se montrer prudent sur ce plan et de ne rien faire qui puisse braquer le CPL et le Hezbollah, et compliquer d'avantage encore une situation assez complexe comme ça.
En somme, plus de Conseil des ministres avant la signature de l'accord sur le nucléaire. Et qui vivra verra.

 

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C'est avec une grande prudence que le Premier ministre avance ses pions sur l'échiquier local ; une prudence qui contraste avec l'imprudence dont certains des autres joueurs font preuve quand ils se jouent, en paroles, du sort du commandant de l'armée, bafouant toutes les règles de la guerre, portant atteinte au moral des troupes, et mettant en danger le Liban, à des fins purement partisanes.C'est cette vertu qui a poussé Tammam Salam à se rendre au ministère de la Défense, en compagnie de Samir Mokbel, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et à rencontrer le général Jean Kahwagi. Une visite qui dit avec éloquence où il se situe par rapport à la campagne orchestrée contre le commandement de l'armée par un camp qui a perdu le sens de la mesure. Une façon aussi d'apporter sa couverture à la stratégie...
commentaires (1)

Certains chroniqueurs imputent aux chrétiens la responsabilité du blocage de l'élection d'un Président de la république... Non, Messieurs, seuls les supplétifs chrétiens du Hezbollah bloquent le processus pour la simple raison, celle de Naïm Qassem : Ou Aoun ou personne. Dont acte.

Annie

11 h 46, le 12 juin 2015

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Commentaires (1)

  • Certains chroniqueurs imputent aux chrétiens la responsabilité du blocage de l'élection d'un Président de la république... Non, Messieurs, seuls les supplétifs chrétiens du Hezbollah bloquent le processus pour la simple raison, celle de Naïm Qassem : Ou Aoun ou personne. Dont acte.

    Annie

    11 h 46, le 12 juin 2015

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