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Nos lecteurs ont la parole - Danièle Aramouny

Malgré tout : « Against all odds »...

Le problème de la petite Ella est pour le moins qu'on puisse dire catastrophique. Dramatique pour les parents.
Le comble est que des milliers de personnes se veulent et se montrent compatissantes, malheureusement en paroles et en pensées seulement. Parce que, quand on leur demande de l'aide matérielle, que ce soit en temps ou en argent, tout le monde disparaît. C'est notre expérience avec notre ONG justement, pour aider les personnes souffrant d'un handicap. Il faut mendier et frapper à toutes les portes pour que les mêmes, toujours les mêmes donateurs, discrets et généreux, des gens de bonne foi, répondent à l'appel.
Mettons au clair plusieurs points relatifs au cas du Dr Issam Maalouf :
1. On est considéré innocent, jusqu'à preuve du contraire. Malheureusement, les commissions d'enquête et tous ceux qui condamnent font de la médecine rétrospective. A posteriori, tout est facile. Un exemple de American College of Emergency Physicians, ACEP News Septembre 2010, le prouve : Dr Jerry McLaughlin a présenté à 75 medecins un cas d'une fille de 1 an, alerte, mais paraissant fatiguée, avec 2 jours de fièvre et des vomissements, examen des urines normal, extrémités froides, pression artérielle basse. Quand il leur a demandé, leur diagnostic, tous ont répondu : déshydratation après une gastro-entérite. Quand il leur demande si quelqu'un pense à un choc septique, seulement l'un d'eux lève la main. Donc, même en leur indiquant la réponse, 74 personnes sur 75 n'ont pas pu deviner.
2. En se dirigeant vers l'AUMC, le 2e jour après l'hospitalisation d'Ella Tannous, un pédiatre de renommée chez qui les parents sont passés, de leur propre gré, a vu Ella jouer normalement, ce qui réfute théoriquement qu'elle était dans un si mauvais état (voir Yale score).
3. Aucune relation entre tous les germes de diarrhée et le streptocoque en cause du purpura fulminans.
4. Le pédiatre Issam Maalouf, arreté par les autorités, est un professeur qui a 25 ans d'expérience et suit une formation poussée continue : il assiste à des congrès annuel aux États-Unis.
5. Les fautes médicales sont différentes des erreurs inévitables. Lucien Bouchard, Premier ministre du Québec, est hospitalisé d'urgence à l'hôpital Saint-Luc de Montréal. Il se fait amputer de la jambe gauche la nuit suivante. Les médecins ne peuvent pas garantir qu'il survivra. La nouvelle provoque la consternation partout dans le pays, que ce soit parmi les politiciens ou au niveau de la population. Bouleversés, des gens s'entassent devant l'hôpital et attendent avec impatience la fin du suspense. Pour plusieurs, le sort qui s'abat sur Lucien Bouchard touchera tout le Québec.
Après plus de 36 heures d'angoisse, l'espoir renaît : Lucien Bouchard sort vainqueur de ce pénible combat. Devant les médias, un des médecins brandit une note griffonnée par son patient où l'on peut lire : « Que l'on continue, merci. » Une note qui deviendra un véritable symbole.
6. Il y a en moyenne trois plaintes quotidiennes déposées devant l'ordre des médecins qui prend des mesures sérieuses, quand il le faut, sans diffamation. C'est pourquoi le commun des mortels n'est pas au courant.
Je rappelle que les médecins ne se couvrent pas entre eux, au contraire, parce qu'on est le seul pays où il y a une abondance de médecins, et donc la compétition est farouche. Si faute il y a, tout le monde médical est mis au courant.
7. Enfin, on ne peut pratiquer les standards américains, dans un pays sous-développé, avec une économie en récession, avec des lois rétrogrades. On finira par abuser encore davantage des examens (la plus haute densité d'IRM, par exemple), usage excessif d'antibiotiques (alors qu'on a un des plus forts taux de résistance aux germes), etc.
Beaucoup de données inutiles, vous me direz. De la foutaise. Cela ne nous mènera nulle part. Il y a déjà deux clans, et les croyants ne vont pas convaincre les athées et vice versa. Mission impossible.
Pour conclure, La catastrophe, la grande catastrophe est tombée. Évitons les deux autres.
Les parents sont portés, pour le moment, au haut de la vague, par quelques mass médias « profiteurs » et par les gens de « haute compassion ». Cela durera, malheureusement, peu de temps, mais pas longtemps. Après, ils vont se retrouver seuls et retomber au bas de la vague, avec hélas, beaucoup de problèmes liés à leur situation, mais surtout de l'entourage bien intentionné qui va raviver régulièrement la flamme pour engendrer le maximum de haine, jusqu'à abîmer leur âme... La deuxième famille, celle du corps médical, sera aussi ruinée, même si l'accusé n'est pas considéré fautif.
Prière de garder un peu de respect et de décence.

Danièle ARAMOUNY

Le problème de la petite Ella est pour le moins qu'on puisse dire catastrophique. Dramatique pour les parents.Le comble est que des milliers de personnes se veulent et se montrent compatissantes, malheureusement en paroles et en pensées seulement. Parce que, quand on leur demande de l'aide matérielle, que ce soit en temps ou en argent, tout le monde disparaît. C'est notre expérience avec notre ONG justement, pour aider les personnes souffrant d'un handicap. Il faut mendier et frapper à toutes les portes pour que les mêmes, toujours les mêmes donateurs, discrets et généreux, des gens de bonne foi, répondent à l'appel.Mettons au clair plusieurs points relatifs au cas du Dr Issam Maalouf :1. On est considéré innocent, jusqu'à preuve du contraire. Malheureusement, les commissions d'enquête et tous ceux qui condamnent font de...
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