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Économie - Énergie

Boudé en Europe, le charbon reste le carburant massif des émergents

Entreprises, banques et fonds d'investissement, surtout européens, multiplient ces dernières semaines les annonces de désinvestissement du secteur du charbon, encourageantes pour la réduction des émissions de CO2, mais qui pèsent encore peu face à l'appétit grandissant de certains pays émergents.
Hier, la Norvège a entériné l'obligation faite à son fonds souverain, le plus gros du monde, de se désengager des entreprises dont une part substantielle de l'activité est liée au charbon.
En début de semaine, le groupe Total s'est engagé à sortir des activités qu'il possède dans ce secteur. Fin mai, c'est l'assureur français Axa qui a annoncé le retrait de ses investissements dans les entreprises les plus consommatrices de charbon. Il suivait de peu la banque Crédit agricole qui a décidé de réduire son exposition à la plus polluante des énergies fossiles.
Si ces annonces envoient un signal important dans la perspective de la lutte contre les émissions de CO2, elles ne sont qu'une goutte d'eau. « Le charbon est toujours la colonne vertébrale de la production d'électricité dans le monde », affirmait en décembre la directrice exécutive de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Maria van der Hoeven. Selon l'AIE, la demande mondiale de charbon va continuer à croître d'ici à 2019, même si ce sera à un moindre rythme (+2,1 % par an) qu'entre 2010 et 2013 (+3,3 %).
Si la Chine, premier utilisateur mondial de charbon, a légèrement réduit sa consommation l'an dernier, selon les chiffres du cabinet Enerdata, le pays représentera encore les trois cinquièmes de la hausse de la demande d'ici à 2019. Fin 2014, le charbon était toujours à l'origine de 73 % de la production électrique du pays.
Et d'autres émergents sont sur ses talons. L'Inde notamment, qui a vu sa consommation s'envoler de 11 % l'an dernier. Le pays est en train d'investir massivement pour sortir d'une situation de sous-capacités de production d'électricité. Depuis l'an dernier, le charbon représente 74 % de son bouquet électrique, et le pays est passé devant les États-Unis en volume de consommation.
Outre l'Inde, la demande de charbon sera aussi tirée dans les prochaines années par d'autres pays d'Asie du Sud-Est, mais aussi le Japon et la Corée du Sud, anticipe l'AIE.
Même en Europe, l'attitude de certains États est ambivalente. En avril, le gouvernement norvégien a ainsi déboursé quelque 50 millions d'euros pour sauver la compagnie minière Store Norske, qui extrait du charbon dans l'Arctique.
Face à ce mouvement inéluctable mais « insoutenable », selon l'AIE, une solution pour atténuer son impact sur les émissions de CO2 serait de développer la capture et la séquestration du CO2 et de concentrer les investissements dans des centrales à charbon plus efficaces, dites supercritiques.

(Source : AFP)

Entreprises, banques et fonds d'investissement, surtout européens, multiplient ces dernières semaines les annonces de désinvestissement du secteur du charbon, encourageantes pour la réduction des émissions de CO2, mais qui pèsent encore peu face à l'appétit grandissant de certains pays émergents.Hier, la Norvège a entériné l'obligation faite à son fonds souverain, le plus gros du monde, de se désengager des entreprises dont une part substantielle de l'activité est liée au charbon.En début de semaine, le groupe Total s'est engagé à sortir des activités qu'il possède dans ce secteur. Fin mai, c'est l'assureur français Axa qui a annoncé le retrait de ses investissements dans les entreprises les plus consommatrices de charbon. Il suivait de peu la banque Crédit agricole qui a décidé de réduire son exposition à la...
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