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Moyen Orient et Monde - Religion

Avec ou sans la reconnaissance du pape, Medjugorje croit en son miracle

Des touristes rassemblés autour de la statue de la Vierge Marie à Medjugorje. Latinstock/AFP

Une famille italienne avec trois enfants en bas âge commence à monter en priant à haute voix la raide colline rocheuse où, en juin 1981, six enfants et adolescents bosniens ont été témoins de l'apparition de la Vierge. Non loin, l'on vend de l'eau-de-vie dans des bouteilles sur l'étiquette desquelles l'on voit l'effigie de la mère de Jésus. Les boutiques de souvenirs débordant de statues en plâtre de la Vierge et autres babioles s'égrènent en chapelet le long des rues.
À l'approche de la visite du pape François le 6 juin à Sarajevo, les fidèles catholiques qui déferlent du monde entier sur la petite localité bosnienne de Medjugorje voudraient le voir reconnaître les « apparitions » controversées de la Vierge. Et assurent que même dans le cas contraire, leur conviction dans la véracité de ce miracle est inébranlable. Pour les habitants de cette bourgade du sud de la Bosnie, le tourisme religieux qui la fait prospérer est depuis 34 ans une manne céleste. Car, selon les estimations, dans ce pays pauvre – de 3,8 millions d'habitants, dont 10 % de catholiques –, environ un million de pèlerins visitent Medjugorje chaque année.
La prière du soir approche et la grande place située derrière l'église Sveti Jakov (Saint-Jacques) est remplie de centaines de fidèles. Chemise blanche, la voix posée, Ivan Dragicevic, l'un des six « voyants », prend la parole pour raconter sa première rencontre avec celle qui leur a dit être « la reine de la paix ». Assurant qu'il la voit depuis au quotidien, ce quinquagénaire affirme porter « une lourde responsabilité ». « Après chaque rencontre avec elle, il m'est difficile de retourner à la réalité de ce monde. » Selon lui, « la Vierge a une robe grise, un voile blanc, les yeux bleus, les joues rosâtres et les cheveux noirs. Elle plane sur un nuage et a une couronne d'étoiles ».

« Certains malades sont partis guéris »
Vêtu d'une robe brun foncé des franciscains, ceinture de corde et sandales, le père Marinko Sakota assure qu'il n'y a aucune urgence pour avoir une reconnaissance papale. « Nous ne souhaitons rien accélérer. Ici, nous ressentons qu'il s'agit d'une œuvre de Dieu », dit à l'AFP le curé de la paroisse de Medjugorje. Pour le père Marinko, ces apparitions ne sont qu'une continuation de celles de Fatima, au Portugal, et de Lourdes, en France, phénomènes reconnus par le Vatican. Il note que la Vierge a transmis un message par l'intermédiaire d'un des voyants : « La Vierge a dit : Ce que j'ai commencé à Fatima et Lourdes, je veux le parachever à Medjugorje. »
Pour les milliers de fidèles qui fourmillent à Medjugorie, la présence de la Vierge est une évidence. « Regardez tous ces gens, certains qui sont venus malades sont partis guéris, c'est ça la vraie reconnaissance », dit Daria Vidovic, une Croate vivant en Autriche. Regine Hofbauer, une sexagénaire allemande d'Altötting, près de Munich, se rend ici chaque année depuis dix ans. « Je voudrais que le pape reconnaisse officiellement ces apparitions. La Vierge de Medjugorje m'a aidée à redécouvrir l'Église », murmure-t-elle. Dans un grand parc derrière l'église, des dizaines de fidèles font la queue près d'une statue moderniste d'un Jésus géant, les bras écartés comme s'il était crucifié. Mouchoirs à la main, ils les imbibent de « larmes du Christ » qui tombent goutte à goutte au niveau de son genou droit, avant de se toucher le visage et les yeux avec. Certains embrassent avec ferveur la statue en métal, érigée en 1998.
Face aux controverses suscitées par les apparitions mariales quotidiennes, plusieurs enquêtes ont été menées. Le dernier rapport d'une commission ecclésiale a été achevé en janvier 2014, mais le pape n'a fait aucune annonce depuis. Cependant, en novembre 2013, François avait prononcé une petite phrase qui pourrait être une invitation à la prudence face à ce type de phénomène. « La Vierge, disait-il, n'est pas un chef du bureau de poste qui enverrait des messages tous les jours. »
(Source : AFP)

Une famille italienne avec trois enfants en bas âge commence à monter en priant à haute voix la raide colline rocheuse où, en juin 1981, six enfants et adolescents bosniens ont été témoins de l'apparition de la Vierge. Non loin, l'on vend de l'eau-de-vie dans des bouteilles sur l'étiquette desquelles l'on voit l'effigie de la mère de Jésus. Les boutiques de souvenirs débordant de statues en plâtre de la Vierge et autres babioles s'égrènent en chapelet le long des rues.À l'approche de la visite du pape François le 6 juin à Sarajevo, les fidèles catholiques qui déferlent du monde entier sur la petite localité bosnienne de Medjugorje voudraient le voir reconnaître les « apparitions » controversées de la Vierge. Et assurent que même dans le cas contraire, leur conviction dans la véracité de ce miracle est...
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