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Moyen Orient et Monde - Yémen

Les États-Unis tentent d’accélérer les pourparlers avec les houthis

La coalition a multiplié ses raids à Sanaa et à Aden où 18 rebelles ont été tués.

Un membre des séparatistes du Sud, hier, à Aden. Saleh al-Obeidi/AFP

Les États-Unis, inquiets de l'enlisement du conflit au Yémen et au risque de froisser leurs alliés saoudiens, ont pris langue avec les rebelles houthis pro-iraniens pour tenter d'accélérer la tenue de pourparlers de paix. Les États-Unis ont engagé ces derniers jours des contacts diplomatiques avec les houthis à Mascate, la capitale d'Oman, seule monarchie du Golfe à ne pas participer à la coalition arabe au Yémen qui a lancé fin mars une campagne de frappes aériennes contre les rebelles.
Le département d'État avait confirmé mardi ces contacts ayant impliqué la haute diplomate américaine pour le Proche-Orient Anne Patterson. Sa rencontre avec des houthis avait pour but de « renforcer notre idée que seule une solution politique (...) est possible », a précisé une porte-parole du département d'État.
Anne Patterson s'était également rendue en Arabie saoudite où elle s'est entretenue du conflit avec des responsables saoudiens et le président yéménite en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi.
L'émissaire de l'Onu au Yémen a annoncé hier devant le Conseil de sécurité que le gouvernement yéménite participerait à des pourparlers de paix à Genève provisoirement fixés au 14 juin. L'émissaire Ismaïl Ould Cheikh Ahmad a précisé que le gouvernement et les principales parties au Yémen étaient prêts à se rendre à Genève, mais qu'il « continuait ses consultations » avec les houthis et le parti de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, le Congrès général du peuple, pour s'assurer de leur présence, selon la même source.
Réunis hier à Riyad, le gouvernement yéménite en exil et ses alliés politiques ont souligné leur « soutien à tout effort international fondé sur la résolution 2216 » du Conseil de sécurité de l'Onu qui somme les rebelles de se retirer des vastes territoires conquis ces derniers mois, dont la capitale Sanaa. M. Hadi fait de l'application de cette résolution un préalable à une reprise de dialogue avec les houthis, selon l'agence Saba contrôlée par ses partisans.
« L'Arabie saoudite lie toute trêve ou tout cessez-le-feu à la mise en œuvre de la résolution 2216 », a indiqué l'analyste Mustafa Alani du Gulf Research Center, estimant que « les Américains n'ont d'autre choix que d'agir conformément à cette résolution » dans leurs contacts avec les houthis.
Les États-Unis, qui ont obtenu lors des contacts à Mascate la libération par les houthis d'un ressortissant détenu au Yémen, « ne peuvent pas fâcher les Saoudiens dont ils attendent le soutien, ou du moins le silence, à la conclusion (prévue fin juin) d'un accord nucléaire avec l'Iran », le rival régional du royaume saoudien, a ajouté M. Alani.

Résolution 2216
Ce spécialiste des questions de sécurité, proche des milieux politiques saoudiens, estime que « les opérations militaires de la coalition se poursuivront tant que les houthis n'auront pas accepté la résolution 2216 ».
Pour leur part, les houthis ont notamment exigé l'arrêt des bombardements saoudiens et un acheminement sans entrave de l'aide humanitaire, alors que Riyad empêche des navires iraniens d'accéder directement au Yémen, selon une source diplomatique.
Or la coalition multiplie ses frappes, toujours plus violentes, comme hier, en touchant un complexe militaire à Sanaa où s'est déclaré un incendie et où 3 personnes ont été tuées, mais aussi dans des positions des rebelles dans des provinces du nord, du centre et du sud du Yémen, selon des témoins.
À Aden, la grande ville du Sud, 18 rebelles ont été tués dans des raids de la coalition, menés en soutien aux forces pro-Hadi, engagés dans de violents combats contre les miliciens chiites, selon des sources militaires.
Pour l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdallah, « les frappes aériennes se poursuivront pour affaiblir les houthis et leurs alliés », les militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Cet expert des affaires du Golfe a dit par ailleurs s'attendre à « une longue trêve au Yémen sous le parrainage des États-Unis, suivie de pourparlers de paix durant le ramadan », prévu à partir du 17 juin.
(Source : AFP)

Les États-Unis, inquiets de l'enlisement du conflit au Yémen et au risque de froisser leurs alliés saoudiens, ont pris langue avec les rebelles houthis pro-iraniens pour tenter d'accélérer la tenue de pourparlers de paix. Les États-Unis ont engagé ces derniers jours des contacts diplomatiques avec les houthis à Mascate, la capitale d'Oman, seule monarchie du Golfe à ne pas participer à la coalition arabe au Yémen qui a lancé fin mars une campagne de frappes aériennes contre les rebelles.Le département d'État avait confirmé mardi ces contacts ayant impliqué la haute diplomate américaine pour le Proche-Orient Anne Patterson. Sa rencontre avec des houthis avait pour but de « renforcer notre idée que seule une solution politique (...) est possible », a précisé une porte-parole du département d'État.Anne Patterson...
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