Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov. Sergei Karpukhin/Pool/AFP
L'Union européenne (UE) ainsi que plusieurs de ses pays membres, comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ont vertement critiqué la « liste noire » de la Russie interdisant à des personnalités européennes d'entrer sur son territoire en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l'UE. Au total, 89 noms, dont ceux d'anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise il y a quelques jours à des ambassades.
« Nous n'avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision », a réagi un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l'absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté dans un communiqué. Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, a dit un porte-parole, « cette liste n'a absolument aucune justification, et les autorités russes n'ont aucune base juridique pour la légitimer ». « La moindre des choses aurait été que l'on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les touchent réellement ou au moins que l'on rende ces listes publiques », s'est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « À un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au cœur de l'Europe, cela n'aide pas », a-t-il poursuivi.
Dans le même temps, plusieurs hommes politiques européens se sont dit fiers d'avoir été inclus sur la « liste noire » de la Russie. « Lorsque j'ai vu les autres noms (sur la liste), j'ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d'un club très honorable », a par exemple affirmé l'ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l'égard de l'Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député. Neuf Britanniques figurent, selon une source proche du dossier, sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d'état-major de l'armée, Nicholas Houghton, l'ancien vice-Premier ministre Nick Clegg et l'ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind. On y trouve en outre le nom de l'ancien eurodéputé écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, de la secrétaire d'État allemande à la Défense Katrin Suder et du général Karl Müllner, haut responsable de l'armée de l'air allemande, d'après le journal Bild. Il y a aussi, selon différentes sources, ceux d'hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, et l'ex-président du Parlement européen et ancien chef de gouvernement polonais Jerzy Buzek. Idem pour le président du Sénat polonais, l'ancien opposant Bogdan Borusewicz.
Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l'efficacité de leur action en faveur de l'Ukraine. « Être sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l'Ukraine », a ainsi écrit sur son compte Twitter l'eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l'encontre du président russe. « Je me sens davantage fière que je n'en ai peur (...). La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire », a-t-elle affirmé.
(Source : AFP)


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