« Un prêt du Mécanisme européen de stabilité (MES) à la Grèce avec un taux bas permettrait d’attirer des investisseurs et marquerait le retour du pays sur les marchés financiers », a déclaré samedi Yanis Varoufakis. Photo AFP
Le rachat par Athènes des obligations grecques détenues par la BCE faciliterait le retour du pays sur les marchés internationaux d'emprunt, a estimé le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis dans un entretien paru samedi dans la presse.
Selon l'AFP, dans le cadre d'une aide aux pays les plus touchés par la crise de la dette, la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé en 2010 de racheter des obligations souveraines grecques d'une valeur nominale de 27 milliards d'euros.
« Ces obligations créent un double problème aux finances grecques : d'une part, l'arrivée à échéance d'une partie de ces obligations en été – l'État grec devra rembourser 6,7 milliards à la BCE (en juillet et août) –, crée un gap budgétaire important. D'autre part, leur détention par la BCE empêche Athènes de participer au vaste programme de rachat de dettes souveraines (" QE ") lancé par la BCE », a expliqué Yanis Varoufakis dans un entretien au quotidien grec Avghi.
Selon le ministre grec des Finances, la solution à ces problèmes « serait un prêt du Mécanisme européen de stabilité (MES) à la Grèce avec un taux bas de 1,5 % afin que le pays puisse racheter les obligations détenues par la BCE. Cela permettrait le transfert de la dette de la BCE au MES ainsi que la participation du pays au programme QE. Cette démarche permettrait d'attirer des investisseurs et marquerait le retour du pays sur les marchés financiers ».
Ce retour, « qui requiert également une restructuration de la dette publique, pourrait couvrir une grande partie de nos dettes au FMI, soit 19,9 milliards d'euros, grâce à l'émission de nouvelles obligations », ajoute-t-il.
Les investisseurs rechignent actuellement à acheter la dette du pays car Athènes et ses créanciers, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire européen (FMI), peinent toujours à arriver à un consensus sur l'avenir financier du pays.
Le gouvernement de la gauche radicale Syriza souhaite alléger la politique d'austérité tandis que les créanciers veulent leur imposer de poursuivre le plan d'aide en vigueur depuis cinq ans.
En raison des difficultés financières et du manque de confiance des investisseurs dans le gouvernement de gauche, la Grèce peine à revenir sur les marchés obligataires d'emprunt de moyen et long terme après son premier retour il y a un an pour se financer.
Malgré certains progrès enregistrés récemment dans les négociations entre Athènes et ses créanciers, ces derniers ont indiqué qu'il faudra encore un certain temps avant d'arriver à conclure un accord.
À Athènes, le Premier ministre Alexis Tsipras a présidé samedi après-midi une réunion-marathon de plus de huit heures, samedi, avec des ministres chargés de la négociation avec les créanciers du pays.
Parallèlement, à Bruxelles « d'intenses discussions » ont eu lieu samedi entre les experts grecs et des créanciers, visant à parvenir à un accord, selon l'Agence de presse grecque (Ana, semi-officielle). Elles devaient se poursuivre hier, selon la même source.
Le patron du MES, l'Allemand Klaus Regling, avait appelé de nouveau samedi le gouvernement grec à poursuivre les réformes structurelles afin d'éviter des conséquences négatives sur l'avenir du pays.
« Si le gouvernement grec refuse de poursuivre le processus de réformes, il risque de mettre en danger l'avenir économique du pays », a-t-il déclaré au magazine allemand Focus.


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