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Économie - Banques

Enfant à problèmes de l’Allemagne, le secteur bancaire en quête d’avenir

Peu rentable et fragilisé par l'environnement de faibles taux d'intérêt, le secteur bancaire allemand, colosse de près de 1 800 établissements, cherche à repenser son modèle alors que l'union bancaire en marche en Europe menace ses équilibres traditionnels. Dans les rapports de l'OCDE ou de la Commission européenne sur l'Allemagne, par ailleurs élogieux, le secteur financier est souvent montré du doigt pour ses maigres performances.
À fin 2013, et malgré de gros efforts de recapitalisation, la rentabilité des fonds propres plafonnait à 1,3 % en Allemagne, loin derrière la Grande-Bretagne (2,2 %), l'Espagne (5,8 %) ou la France (6 %), selon les chiffres de la Fédération bancaire européenne (EBF). Avec une banque pour 45 000 habitants, « il y a un phénomène de surbancarisation en Allemagne, qui aboutit à une très forte concurrence », explique M. Kemmer. Comme leurs consœurs européennes, les banques allemandes souffrent des très faibles taux d'intérêt, du poids croissant de la réglementation et de la concurrence de nouveaux acteurs du monde numérique.
Pour ne rien arranger, une vague de scandales et de litiges ont fortement dégradé leurs finances et leur image. La plus grande, Deutsche Bank, va de procès en amendes. Et se prépare à une énième cure d'amaigrissement pour rattraper l'avance de ses rivales anglo-saxonnes.

Banque de proximité
Hostiles à l'image du banquier sans scrupules aux boni juteux, les Allemands privilégient la banque de proximité, qui finance l'entreprise familiale et fait fructifier les économies du petit épargnant. Longtemps a prévalu le principe « une entreprise, un banquier à vie ». Le modèle allemand « a prouvé sa valeur pendant la crise. À la différence d'autres pays, il n'y a pas eu d'assèchement du crédit en Allemagne », défend Gunter Dunkel, président de la Fédération des banques publiques.
Organisée autour de trois piliers – privé, public et mutualiste –, l'industrie bancaire compte quelque 1 780 instituts, le tiers du total de la zone euro et le quart de l'Union européenne. Les banques privées ne représentent que 36 % du total des actifs bancaires allemands. Le reste se répartit entre une poignée de banques publiques régionales, sorties très éprouvées de la crise financière, des caisses d'épargne souvent municipales et un vaste archipel de petites banques coopératives locales.
« Le secteur bancaire allemand, très fermé et isolé, n'a pas d'équivalent en Europe. Dans la vision allemande, il n'a pas vocation à être compétitif mais à être au service de l'économie, d'où un lien très fort entre la finance et les milieux politiques », explique Nicolas Véron, chercheur à l'institut bruxellois Bruegel et au Peterson Institute de Washington.
De nombreux élus locaux siègent au conseil de surveillance des banques publiques régionales, les « Landesbanken », ou jouent un rôle de premier plan dans la direction des caisses d'épargne, qui bénéficent d'aménagements réglementaires spécifiques. Berlin se met régulièrement en travers du durcissement de la règlementation financière européenne, inadaptée selon lui aux particularités du modèle bancaire allemand, et exige que ses plus petites banques soient exemptées de certaines obligations.
« Il y a fort à parier que les tensions vont se renforcer entre ce secteur très corporatiste et l'approche uniformisée » qui s'impose au niveau européen, ajoute M. Véron.
(Source : AFP)

Peu rentable et fragilisé par l'environnement de faibles taux d'intérêt, le secteur bancaire allemand, colosse de près de 1 800 établissements, cherche à repenser son modèle alors que l'union bancaire en marche en Europe menace ses équilibres traditionnels. Dans les rapports de l'OCDE ou de la Commission européenne sur l'Allemagne, par ailleurs élogieux, le secteur financier est souvent montré du doigt pour ses maigres performances.À fin 2013, et malgré de gros efforts de recapitalisation, la rentabilité des fonds propres plafonnait à 1,3 % en Allemagne, loin derrière la Grande-Bretagne (2,2 %), l'Espagne (5,8 %) ou la France (6 %), selon les chiffres de la Fédération bancaire européenne (EBF). Avec une banque pour 45 000 habitants, « il y a un phénomène de surbancarisation en Allemagne, qui aboutit à une...
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