Rechercher
Rechercher

Campus - Zéna Chamoun

Première journée d’études sur la théorie du cinéma

De gauche à droite, les intervenants aux deux tables rondes : Guillaume Robillard, José Moure, Laila Charadi, Wissam Mouawad, Élie Yazbek et Toufic el-Khoury.

Une réflexion autour de la théorie du cinéma peut sembler vague pour certains, cependant tel est le thème qu'a voulu explorer Wissam Mouawad, coordinateur de la formation en audiovisuel de l'AUT, et qui est à l'origine de la journée d'études. À travers deux tables rondes, des spécialistes libanais et étrangers ont abordé en profondeur la notion de théorie du cinéma et son enseignement. Soutenu dans son initiative par les principales écoles de cinéma dont notamment l'Alba, l'Iesav (USJ), l'Usek et la NDU, Mouawad voit dans cette rencontre une opportunité pour les professionnels de se rencontrer afin de réfléchir ensemble sur la thématique de la théorie du cinéma.

Histoire, définitions et applications
La première question qui s'est (im)posée est : qu'est-ce que la théorie du cinéma ? Deux heures durant, ces chercheurs et spécialistes cinéma ont retracé le parcours de la réflexion sur le cinéma depuis ses débuts avec les frères Lumière jusqu'à nos jours. Se basant sur les études des grands théoriciens contemporains tels que Francesco Casetti ou plus anciens tels que Hugo Münstenberg, José Moure, directeur de l'Unité de formation et de recherches en arts plastiques et sciences de l'art de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dresse un panorama assez détaillé de la réflexion sur le cinéma, son existence, sa représentation. Selon José Moure, la théorie ou la pensée du cinéma a commencé à exister dès les premières projections de films. « C'est l'un des seuls arts dont on a des traces écrites, des témoignages de son origine, explique-t-il. La réflexion sur le cinéma a commencé dès la première projection, il y a eu des gens qui ont écrit sur cette expérience (...). Ils sont liés au processus d'institution du cinéma. »
Élie Yazbek, directeur de l'Iesav, demande à son tour où en est la théorie du cinéma aujourd'hui ? « À partir des années 90, il y a eu un ralentissement du questionnement sur la théorie du cinéma. Les textes sont devenus des questionnements autour de ce qu'est la théorie et non plus de nouvelles lignes de réflexions sur le cinéma. Notre époque n'est pas une époque théorique, mais une période de crise de la théorie », affirme
M. Yazbek.
Autre point de vue, celui de Guillaume Robillard, doctorant à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui prend exemple sur le cinéma des Antilles, sujet de sa recherche de doctorat. « Il n'y a pas d'histoire de cette cinématographie, il n'y a pas d'industrie, donc pas de cinéma antillais. » Élie Yazbek lui fait écho en confirmant que l'on ne peut parler de cinéma libanais non plus tant qu'il n'y a pas de véritable industrie du cinéma. « Il y a des cinéastes, des films libanais, mais il n'y a pas de cinéma libanais qui puisse faire l'objet d'une étude théorique », dit-il.

État des lieux et perspectives
Au cours de la deuxième table ronde, les intervenants ont abordé la thématique de l'enseignement et l'importance de l'articulation entre la pratique et la théorie. Les étudiants au Liban sont peu nombreux à se tourner vers les masters de recherche, leur choix se porte vers des masters professionnels qui leur offrent un plus large éventail de débouchés « techniques ».
« Au Maroc, les jeunes sont attirés par la pratique, tourner des films ! La licence leur permet de se rendre compte qu'un passage par la théorie est obligatoire », explique Laila Charadi, doctorante à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Selon Toufic el-Khoury, coordinateur de l'école de cinéma à l'Alba, « l'enseignement théorique existe dans les écoles de cinéma au Liban. Cet enseignement se développe, mais la recherche en études cinématographiques est encore un peu vague. »
José Moure, quant à lui, pense qu'il est possible de faire des « études cinématographiques » sans la pratique, comme on ferait une spécialisation en lettres. C'est le support qui est différent. « Nous ne sommes pas des producteurs de théorie, dit-il, nous donnons les outils aux étudiants pour mieux penser. »
Le débat est long, toujours est-il, en conclusion, que des ponts se créent et les choses convergent : la théorie va vers la pratique et la pratique vers la théorie.
À l'issue de cette journée, Wissam Mouawad a exprimé l'espoir d'une « deuxième et troisième édition pour qu'on puisse sortir avec plus de questions mais surtout quelques réponses ».

 

Une réflexion autour de la théorie du cinéma peut sembler vague pour certains, cependant tel est le thème qu'a voulu explorer Wissam Mouawad, coordinateur de la formation en audiovisuel de l'AUT, et qui est à l'origine de la journée d'études. À travers deux tables rondes, des spécialistes libanais et étrangers ont abordé en profondeur la notion de théorie du cinéma et son enseignement. Soutenu dans son initiative par les principales écoles de cinéma dont notamment l'Alba, l'Iesav (USJ), l'Usek et la NDU, Mouawad voit dans cette rencontre une opportunité pour les professionnels de se rencontrer afin de réfléchir ensemble sur la thématique de la théorie du cinéma.
Histoire, définitions et applicationsLa première question qui s'est (im)posée est : qu'est-ce que la théorie du cinéma ? Deux heures durant, ces...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut