L’hélicoptère en feu après le crash à Naltar dans la région de Gilgit-Baltistan. Piar Ali/AFP
Au moins sept personnes, dont les ambassadeurs de Norvège et des Philippines au Pakistan, ont été tuées hier dans le crash d'un hélicoptère militaire transportant des diplomates dans une région reculée de l'Himalaya pakistanais, ont indiqué les autorités. Une délégation de diplomates provenant d'une trentaine de pays, accompagnés par des membres de leur famille et quelques journalistes, visitait la région touristique de Gilgit-Baltistan lorsqu'un des trois hélicoptères dans lesquels certains avaient pris place s'est écrasé sur une école, a expliqué un membre de la délégation voyageant dans un des deux autres appareils. « L'hélicoptère a soudainement commencé à tournoyer sur lui-même et a piqué vers le sol. Il y a eu ensuite une énorme explosion et des flammes », a décrit à l'AFP un policier sur place dans le village de Noman, perché dans la vallée de Naltar où les diplomates devaient assister à l'inauguration d'un remonte-pente dans une station de ski locale. Ils devaient également rencontrer plus tard en journée le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif. Ce dernier, qui se dirigeait en avion vers la région de Gilgit-Baltistan au moment du crash avant de rebrousser chemin, a annoncé en fin de journée un deuil national d'une journée en l'honneur des victimes.
Âgé de 61 ans, marié et père d'un enfant, l'ambassadeur norvégien Leif Larsen était en poste à Islamabad depuis septembre 2014. L'ambassadeur des Philippines, Domingo D. Lucenario Jr, était quant à lui âgé de 54 ans. Les épouses des ambassadeurs de Malaisie et d'Indonésie, ainsi que les deux pilotes et un membre de l'équipage de l'hélicoptère MI-17, ont aussi perdu la vie dans ce crash, alors que les ambassadeurs de Pologne et des Pays-Bas ont été blessés. L'ambassadrice de France, Martine Dorance, faisait partie de cette délégation mais ne se trouvait pas dans l'hélicoptère qui s'est abîmé, selon des sources proches du dossier.
« Ce n'est pas possible »
Les talibans pakistanais, en quête permanente de publicité, ont revendiqué comme une « attaque » ce crash survenu dans la vallée de Naltar, un secteur hautement militarisé où ils n'ont pas de présence connue, une revendication qui n'a été étayée pour l'heure par aucun autre témoignage. Les insurgés ont aussi affirmé avoir visé le Premier ministre Nawaz Sharif. Mais ce dernier ne se trouvait dans aucun des hélicoptères de la délégation, selon des sources concordantes.
« Cette revendication est complètement ridicule. Ce n'est pas possible, au moins à Naltar », a déclaré une source sécuritaire. « Les forces armées sont déployées dans et autour de cette vallée peu peuplée depuis au moins trois jours. Les cimes des montagnes sont encore enneigées... D'un point de vue stratégique, ça n'a aucun sens », a ajouté ce responsable. Les autorités pakistanaises ont diligenté une enquête sur les causes de cette tragédie embarrassante pour la puissante armée, mais pointent en direction d'une « erreur technique » sans plus de détails.


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