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Moyen Orient et Monde - Commémoration De La Fin De La Seconde Guerre Mondiale

Chacun a fait la fête dans son coin... dans une atmosphère inquiétante

Pour le 70e anniversaire, le monde en ordre dispersé et « nationaliste » ; les présidents russe et chinois affichent leur « forte amitié ».

Sous le regard de vétérans des Forces françaises libres, le président François Hollande a présidé hier une cérémonie à l’arc de triomphe, à Paris, rallumant symboliquement la flamme éternelle sur la tombe du soldat inconnu. Rémy de la Mauvinière/Pool/AFP

L'Europe et les États-Unis ont célébré hier le 70e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie, symbole d'espoir et de liberté retrouvée, alors que la guerre couve de nouveau à l'Est, en Ukraine, et que plane la menace jihadiste.
« Tenons-nous unis aux côtés de nos alliés, en Europe et au-delà (...), contre le sectarisme et la haine sous toutes leurs formes, afin de donner un sens à ce serment : n'oublions pas. Plus jamais ça », a lancé le président américain Barack Obama. Il a également rendu un hommage appuyé à la « génération qui a sauvé le monde », estimant que l'annonce « sans fanfare » par le commandant suprême des forces alliées, le général Dwight D. Eisenhower, de la reddition de l'Allemagne ne rendait pas justice à la « nature extraordinaire de la victoire alliée ». De vénérables avions de guerre américains, symboles de la victoire, ont survolé Washington durant 45 minutes à la mi-journée. Mais loin des commémorations solennelles qui avaient marqué en 2014 le 70e anniversaire du débarquement allié en Normandie, en présence de nombreux chefs d'État, dont le russe Vladimir Poutine, chaque pays a opté cette fois pour une coloration plus nationale.
À Paris, le président François Hollande a mis l'accent, quatre mois après les attentats jihadistes sanglants de janvier, sur l'héritage de la Résistance face au nazisme alors que la France connaît une montée en puissance du communautarisme, de l'antisémitisme et de l'extrême droite. M. Hollande a ensuite présidé une cérémonie à l'arc de triomphe en présence du Premier ministre Manuel Valls et de John Kerry, le plus européen des secrétaires d'État US, venu rencontrer à Paris ses homologues du Golfe.
En Grande-Bretagne, tout juste sortie d'une bataille électorale ponctuée par la victoire du Premier ministre conservateur David Cameron, les rivaux de la veille se sont retrouvés pour une cérémonie de la concorde au mémorial du Cénotaphe de Londres. De Glasgow à Birmingham, de Cardiff à Londres, le pays s'est figé dans le silence pendant deux minutes, 70 ans après le discours historique de Winston Churchill à la radio proclamant la fin de la guerre.
L'Allemagne, anéantie en 1945 mais qui a retrouvé depuis toute sa place en Europe comme démocratie modèle et puissance économique, a remercié, lors d'une cérémonie au Parlement, Alliés occidentaux et Armée rouge pour avoir mis fin au nazisme « au prix de sacrifices inimaginables ». Enfin, à Vienne, une fête de la Joie était prévue en soirée sur la place des Héros, là même où des centaines de milliers d'Autrichiens avaient acclamé Hitler lors de l'annexion du pays à l'Allemagne nazie en 1938.
Et s'ils étaient tous présents autour de Vladimir Poutine pour le 60e anniversaire de la fin de la guerre en 2005, les dirigeants occidentaux bouderont cette fois, en raison du conflit ukrainien, les célébrations fastueuses prévues aujourd'hui à Moscou. Symbole du retour en force militaire de la Russie, 16 000 soldats et 194 unités blindées défileront sur la place Rouge, avec au-dessus de leurs têtes un ballet de 143 avions et hélicoptères. De son côté, prenant acte de la rupture avec Moscou, l'Ukraine, ex-république d'URSS, a décidé de célébrer désormais la fin de la guerre le 8 mai et non plus le 9 comme elle le faisait depuis 70 ans, à l'unisson de la Russie.
La capitulation allemande a été signée le 8 mai 1945 au soir à Berlin, soit le 9 mai heure de Moscou.
(Source : AFP)

 

Vladimir Poutine et Xi Jinping ensemble, mais bien seuls...

 


Moscou a organisé hier, comme un avant-goût des fastueuses célébrations d'aujourd'hui, un enterrement symbolique de soldats de l'Armée rouge tués au combat lors de la Seconde Guerre mondiale. Olga Maltseva/AFP

 

Les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, dont les pays ont essuyé les plus lourdes pertes humaines pendant la Seconde Guerre mondiale, ont affiché hier leur amitié à la veille des célébrations à Moscou du 70e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne de Hitler. L'URSS, dont la Russie est héritière, a perdu au moins 25 millions de ressortissants et la Chine a déploré plus de 20 millions de victimes.
« Dans cette guerre, nos pays ont subi les plus grandes pertes. C'est pourquoi nous sommes contre toute tentative de falsification de l'histoire et (...) de réhabilitation du fascisme et du militarisme », a déclaré M. Poutine, à l'issue d'une rencontre avec son homologue chinois. « Nos peuples se souviendront toujours de l'histoire (...) et se prononcent contre sa falsification », a ajouté M. Xi. Le président chinois était arrivé dans la matinée à Moscou, qui apportait les dernières touches à l'organisation d'une parade militaire sans précédent, prévue aujourd'hui sur la place Rouge. M. Xi a loué la « forte amitié » entre les deux pays, « née dans les combats » de la Seconde Guerre mondiale alors que la Russie luttait contre les Allemands et que la Chine faisait face à l'agression japonaise. Moscou et Pékin marquent cet anniversaire « non pour détester d'autres États, mais pour rendre hommage aux héros tués, pour immortaliser leur mémoire dans l'histoire, pour que la tragédie de la guerre ne se répète jamais », a encore souligné le président chinois.

« Le partenaire stratégique principal »
Aujourd'hui, M. Xi va assister au défilé militaire sur la place Rouge aux côtés notamment de ses homologues cubain et indien, Raul Castro et Pranab Mukherjee, déjà arrivés à Moscou, envahie d'affiches à la gloire des soldats soviétiques et de rubans rayés orange et noir de l'ordre de Saint-Georges, symbole de la Russie impériale, devenu celui du patriotisme russe. Àl'occasion de cette visite, une quarantaine de documents (accords, partenariats, etc.) dans les domaines énergétique, aérien, financier et spatial ont été signés entre Moscou et Pékin, « le partenaire stratégique principal » de la Russie, selon M. Poutine, qui a remercié Xi Jinping pour son « attention personnelle permanente » au développement des relations bilatérales.
Au total, une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, parmi lesquels les présidents serbe et vietnamien, Tomislav Nicolic et Truong Tang Shang, ainsi que le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, vont assister à ces célébrations dont le point d'orgue sera le défilé de 16 000 soldats, de 194 unités blindées et de 143 avions. Les présidents de la majorité des ex-républiques soviétiques ayant accédé à l'indépendance en 1991 font également partie des hôtes d'honneur. Vladimir Poutine leur a souhaité un bon anniversaire pour la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie, mais a omis les présidents géorgien et ukrainien, en froid avec le Kremlin.
Pour leur part, les dirigeants occidentaux boycottent les festivités en raison du rôle joué par Moscou dans la crise ukrainienne. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, sera toutefois aujourd'hui à Moscou pour rendre hommage aux sacrifices consentis par l'URSS entre 1941 et 1945, mais il n'assistera pas à la parade militaire. La chancelière allemande Angela Merkel viendra, elle, demain pour rencontrer M. Poutine.

(Source : AFP)

L'Europe et les États-Unis ont célébré hier le 70e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie, symbole d'espoir et de liberté retrouvée, alors que la guerre couve de nouveau à l'Est, en Ukraine, et que plane la menace jihadiste.« Tenons-nous unis aux côtés de nos alliés, en Europe et au-delà (...), contre le sectarisme et la haine sous toutes leurs formes, afin de donner un sens à ce serment : n'oublions pas. Plus jamais ça », a lancé le président américain Barack Obama. Il a également rendu un hommage appuyé à la « génération qui a sauvé le monde », estimant que l'annonce « sans fanfare » par le commandant suprême des forces alliées, le général Dwight D. Eisenhower, de la reddition de l'Allemagne ne rendait pas justice à la « nature extraordinaire de la victoire alliée ». De...
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