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Économie - France

Vote double : après Renault, l’État veut imposer ses vues à Air France

Une semaine après avoir remporté son bras de fer avec Renault, l'État s'attaque désormais à la compagnie aérienne Air France-KLM, en achetant 1,7 % de son capital pour y imposer lors de la prochaine AG les droits de vote double pour les actionnaires fidèles. L'information est tombée avant l'ouverture des marchés hier matin : le ministre des Finances, Michel Sapin, et celui de l'Économie, Emmanuel Macron, ont annoncé que l'État, qui détient 15,88 % du capital d'Air France-KLM, achetait 5,1 millions d'actions supplémentaires, soit 1,7 % du capital. La stratégie est identique à celle appliquée au constructeur automobile Renault. Les pouvoirs publics avaient annoncé le 8 avril un rachat d'actions pour 814 à 1 232 millions d'euros, qui faisait monter la participation de l'État dans le capital de 15 à 19,74 %.
Dans le cas d'Air France-KLM, dont il détient 15,8 % du capital, l'effort financier de l'État est moins important, puisqu'il débourse « entre 33,15 millions d'euros (37,2 millions de dollars) et 45,9 millions d'euros (51,5 millions de dollars) » pour augmenter sa participation, selon le communiqué commun de M. Sapin et de M. Macron. Cette augmentation de la participation devrait toutefois lui permettre de faire barrage à une résolution à l'agenda de la prochaine assemblée générale des actionnaires, prévue le 21 mai, qui s'oppose aux droits de vote double.

Capitalisme de long terme
Les ministres rappellent que la loi du 29 mars 2014, dite loi Florange, prévoit que les actionnaires qui conservent leurs titres pendant au moins deux ans sont récompensés par l'octroi de droits de vote double, sauf si une décision contraire est adoptée par l'assemblée générale des actionnaires.
« Dans un contexte où une résolution s'opposant à leur introduction sera soumise au vote des actionnaires d'Air France-KLM lors de la prochaine assemblée générale de l'entreprise, prévue le 21 mai, l'État, qui détient 15,88 % du capital d'Air France-KLM, a souhaité se donner les moyens de soutenir l'adoption des droits de vote double par Air France-KLM », précise le texte.
L'État s'est ainsi porté acquéreur « d'un maximum de 5 100 000 de titres Air France-KLM », représentant 1,7 % du capital. De source proche de la compagnie aérienne, on observe toutefois que « l'État n'avait pas besoin de monter au capital pour sécuriser ses droits de vote double ».
Dans le cas de Renault, grâce à l'augmentation de sa participation, l'État avait bloqué l'approbation de la résolution rejetant les votes doubles, en empêchant son approbation par la majorité qualifiée des deux tiers des actionnaires lors de l'assemblée générale du 30 avril. Les détenteurs de titres n'ont voté qu'à 60,53 % en faveur de la résolution. Une victoire des pouvoirs publics saluée par M. Macron. « Je me félicite que l'assemblée générale ait rejeté à 40 % cette résolution qui visait à déroger à une loi selon une philosophie qu'on ne partageait pas, c'est une bonne nouvelle cohérente avec notre volonté de défendre un capitalisme de long terme qui favorise les actionnaires qui sont durablement installés et qui accompagnent les entreprises dans les transitions », a-t-il déclaré. Ce vote mettait fin à la bataille que se livraient l'État et le groupe au Losange depuis début avril.

(Source : AFP)

Une semaine après avoir remporté son bras de fer avec Renault, l'État s'attaque désormais à la compagnie aérienne Air France-KLM, en achetant 1,7 % de son capital pour y imposer lors de la prochaine AG les droits de vote double pour les actionnaires fidèles. L'information est tombée avant l'ouverture des marchés hier matin : le ministre des Finances, Michel Sapin, et celui de l'Économie, Emmanuel Macron, ont annoncé que l'État, qui détient 15,88 % du capital d'Air France-KLM, achetait 5,1 millions d'actions supplémentaires, soit 1,7 % du capital. La stratégie est identique à celle appliquée au constructeur automobile Renault. Les pouvoirs publics avaient annoncé le 8 avril un rachat d'actions pour 814 à 1 232 millions d'euros, qui faisait monter la participation de l'État dans le capital de 15 à 19,74 %.Dans le...
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