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"Qui est Charlie ?" : un intellectuel de gauche français bouscule "l'unanimisme"

L'historien anthropologue, Emmanuel Todd, affirme que la majorité des personnes qui ont défilé à Paris manifestaient en réalité pour des raisons "égoïstes" et "xénophobes".

Quatre mois après les attentats de Paris, l'intellectuel français de gauche, Emmanuel Todd, suscite une vive polémique en France en qualifiant "d'imposture" les manifestations géantes du 11 janvier pour défendre le droit à la liberté d'expression, qu'il juge "xénophobes". AFP PHOTO /BERTRAND GUAY

Quatre mois après les attentats de Paris, un intellectuel français de gauche, Emmanuel Todd, suscite une vive polémique en France en qualifiant "d'imposture" les manifestations géantes du 11 janvier pour défendre le droit à la liberté d'expression, qu'il juge "xénophobes".

Dans un ouvrage intitulé "Qui est Charlie?" (Éditions Seuil), l'historien anthropologue affirme que la majorité des 4 millions de personnes qui ont défilé à Paris et dans toute la France après les attaques contre Charlie Hebdo, une policière et une épicerie casher, faisant 17 morts, manifestaient en réalité pour des raisons "égoïstes" et "xénophobes", contre l'islam. C'est le droit de caricaturer le personnage central d'une religion de dominés (...) qui était défendu et en ce sens, cette manifestation était xénophobe", a-t-il redit cette semaine. "La diabolisation de l'islam répond au besoin intrinsèque d'une société totalement déchristiannisée" qui se réfugie dans un "laïcisme radical", a-t-il lancé.

La charge, à contre-courant et qui vise aussi le parti socialiste au pouvoir, a fait l'effet d'un coup de massue, tant cette journée de manifestations autour du slogan "je suis Charlie, juif, musulman, et policier" avait été vécue par nombre d'acteurs comme un moment important de rassemblement national face à la menace terroriste. L'auteur, qui est aussi démographe et travaille à partir de données cartographiques depuis une trentaine d'années, insiste sur la surreprésentation des cadres et professions intellectuelles supérieures dans les manifestations, l'absence d'ouvriers, et surtout "l'imprégnation catholique" des provinces qui ont le plus manifesté.

L'ouvrage, sous-titré "autopsie d'une crise religieuse", ravive le souvenir des grandes blessures sociétales de la France des 30 dernières années, autour des manifestations contre le mariage homosexuel en 2013 ou pour la défense de l'école privée en 1984, menées par les catholiques.

 

(Lire aussi : Un prix américain à Charlie Hebdo fait polémique )

 

Le parti d'en rire
Hasard du calendrier, cette polémique fait écho à des critiques proférées au même moment par quelque 150 romanciers essentiellement anglo-saxons, dont l'Australien Peter Carey ou le Canadien Michael Ondaatje. Ils ont boycotté ce week-end le gala de remise du prix PEN de la liberté d'expression à Charlie Hebdo en critiquant les choix éditoriaux du journal qui, selon eux, a dénoncé trop souvent l'islam.

Les principaux intéressés, les journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo, réagissent en démolissant les arguments de Todd aussi bien que ceux des opposants au Pen club, tout en prenant le parti d'en rire, dans une double page du numéro mercredi. "Évidemment, il a le droit de caricaturer Charlie. Ce qu'il dit n'est d'ailleurs pas scandaleux. C'est tout simplement faux", a écrit dans cette double page le journaliste Guillaume Erner, critiquant la "méthode" utilisée par l'historien, et son parti pris de prendre les 4 millions de manifestants pour des "crétins". "La méthode de Todd ne révèle pas l'inconscient de la société française, mais le sien", ajoute M. Erner, dont l'article est entouré de caricatures peu amènes pour Todd.

 

(Lire aussi : Après le deuil, l'argent divise la rédaction de Charlie Hebdo)

 

Parmi les autres critiques, le quotidien de gauche Libération a qualifié le livre de Todd de "blasphème contre le 11 janvier". Le démographe François Héran, ancien directeur de l'Institut national d'études démographiques (Ined), a aussi réfuté le "déterminisme sociologique" de l'historien. M. Todd "a finalement oublié que la France avait d'abord réagi à l'horreur du massacre de 17 personnes sans défense, tuées pour leurs idées, leurs fonctions, leur religion", a-t-il écrit dans une tribune.

Jusqu'au romancier britannique Salman Rushdie, victime en 1989 d'une fatwa pour "blasphème", qui s'est indirectement joint au débat en répondant sur un tweet aux auteurs du Pen qui refusent un prix à Charlie Hebdo: "Le pire n'est pas que nos amis français aient perdu des amis et des artistes talentueux, le pire est que des idiots ne réalisent pas qu'ils ont toujours combattu contre le racisme".

 

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Quatre mois après les attentats de Paris, un intellectuel français de gauche, Emmanuel Todd, suscite une vive polémique en France en qualifiant "d'imposture" les manifestations géantes du 11 janvier pour défendre le droit à la liberté d'expression, qu'il juge "xénophobes".
Dans un ouvrage intitulé "Qui est Charlie?" (Éditions Seuil), l'historien anthropologue affirme que la majorité des 4 millions de personnes qui ont défilé à Paris et dans toute la France après les attaques contre Charlie Hebdo, une policière et une épicerie casher, faisant 17 morts, manifestaient en réalité pour des raisons "égoïstes" et "xénophobes", contre l'islam. C'est le droit de caricaturer le personnage central d'une religion de dominés (...) qui était défendu et en ce sens, cette manifestation était xénophobe", a-t-il redit cette...
commentaires (5)

Dans une France perdue ,sans foi , et qui perd ses principes en chute libre ,le peuple est devenu égoïste et peureux .

Sabbagha Antoine

15 h 46, le 07 mai 2015

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Commentaires (5)

  • Dans une France perdue ,sans foi , et qui perd ses principes en chute libre ,le peuple est devenu égoïste et peureux .

    Sabbagha Antoine

    15 h 46, le 07 mai 2015

  • "M. Todd a oublié que la France avait d'abord réagi à l'horreur du massacre de 17 personnes sans défense, tuées pour leurs idées, leurs fonctions, leur religion ! Le pire est que de parfaits idiots ne réalisent pas que ceux de Charlie ont toujours combattu contre le racisme !". Basta ! Tout est dit !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 18, le 07 mai 2015

  • CHARLIE... UN PARAVENT ! QUI S'Y CACHE DERRIÈRE D'AUTRES QUE CEUX... BIEN CONNUS... QUI VEULENT ENFLAMMER LA RÉGION DU M.O. ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 53, le 07 mai 2015

  • C'est un désinformateur .."le laïcisme radical " ou pas ,est instrumentalisé par les marxo/socialismes ,d'ailleurs , c'est tellement pratique pour promouvoir une religion dogmatique.. sans faire référence à un dieu.....!

    M.V.

    07 h 21, le 07 mai 2015

  • L'auteur de cet ouvrage, Qui est Charlie, Emmanuel Todd, dit d'un côté : "La diabolisation de l'islam répond au besoin intrinsèque d'une société totalement déchristianisée". D'un autre, "il insiste sur l'imprégnation catholique des provinces qui ont le plus manifesté" (contre le massacre perpétré en janvier par des islamistes extrémistes). N'y a-t-il pas là une visible contradiction ?

    Halim Abou Chacra

    06 h 16, le 07 mai 2015

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