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Culture - Interview

Salma Hayek à « L’Orient-Le Jour » : Attendez... Je n’ai pas encore fait entendre ma vraie voix

Aurait-on pu imaginer un jour les paroles du « Prophète » de Gibran s'animer, danser et chanter dans un film ? Ce rêve est devenu possible grâce à la volonté et la vision de l'actrice/productrice Salma Hayek. Elle est au Liban pour la première fois, pour retrouver ses racines, pour présenter le film en première mondiale et pour se confier à « L'Orient-Le Jour », bomba latina, ambassadrice de paix déterminée à montrer qu'elle a encore plus d'un tour dans son sac (Gucci).

Salma Hayek, au cœur du Liban. Photos Georges Chahoud

Elle entre d'un pas assuré dans la suite de l'hôtel Le Gray où on l'attend depuis de longues minutes. Ses cheveux couleur de jais se marient avec le noir qu'elle porte si bien (et souvent), mais aussi avec ses yeux noirs et pétillants. Elle s'excuse aussitôt pour le « petit » retard. Sa journée était longue, « mais si belle » et riche en émotions : elle s'était rendu quelques heures auparavant dans un camp de réfugiés syriens...

Salma Hayek se meut comme un félin, comme cette Kitty de Puss in Boots dont elle partageait l'affiche avec l'Antonio de ses débuts. Son aventure cinématographique avait ainsi commencé dans le Desperado de Roberto Rodriguez, aux côtés, déjà, d'Antonio Banderas. Depuis, cette boule de feu, cette bomba latina, comme on l'appelle, s'est mise à se frayer son petit chemin. Véritable électron libre dans le milieu hollywoodien, elle y a affirmé ses particularités et, encore une fois, comme une féline, elle a su marquer son territoire.

 

(Lire aussi : Salma Hayek à Bécharré, pieds nus et tout contre Gibran)

 

Obsession de paix
Impatiente mais décidée et téméraire, l'actrice choisit ses rôles par intuition. Car le cinéma pour elle peut être « divertissant, ou engagé ». Après Frida Kahlo dans lequel elle incarnait littéralement la peintre géniale et folle, et la série télévisée Ugly Betty qu'elle a produite et par laquelle elle a voulu porter haut la voix des travailleuses colombiennes, la voilà qui donne naissance à un projet qui lui tient à cœur depuis longtemps, soutenue par un travail collectif tant sur le plan financier et technique que libanais et international.
Son nom, Salma, évoque tout naturellement la paix, et celui de sa fille Paloma (colombe en français...) en est le symbole... Elle réplique immédiatement : « D'ailleurs, elle est née le 21 septembre, date de la Journée mondiale de la paix. » Et c'est exactement cette empreinte que Salma Hayek voudrait laisser dans ce Liban, son Liban, embourbé dans la tourmente d'une région bouleversée. « Gibran a réussi à transmettre ce message de paix, puisque cet ouvrage, vendu à plus de cent millions d'exemplaires dans le monde et perçu comme véritable ouvrage de philosophie, est lu et apprécié par toutes les religions et par toutes les générations. Je voulais rappeler au monde qu'il y avait un Arabe qui a été rassembleur avec sa philosophie et qui disait la vérité sans offenser personne. »

 

(Lire aussi : Le papa de Salma Hayek veut devenir l'ambassadeur du Liban au Mexique)

 

Mamma...
Mais la vraie raison de l'implication de cette passionaria dans cette production est plus simple que cela et remonte à son enfance, vers ses six ans, lorsque son grand-père lui lisait des passages du Prophète. « À ma manière, je me reconnecte avec lui, puisqu'il n'est plus là, et j'applique les préceptes qu'il m'a enseignés. » La famille est une valeur particulièrement importante pour cette mamma qui, lorsqu'elle parle de sa fille, sort les griffes : « Vous savez, elle m'épate. Je suis d'accord avec Gibran : les enfants ne sont pas à nous, ils appartiennent à la Terre, mais pour l'instant elle est encore à moi », dit-elle en rigolant.
« Cet ouvrage parle de paix, certes, mais aussi de liberté. Quand nous tournions le film, nous nous sentions libres d'utiliser toutes les techniques. D'ailleurs, les vrais faiseurs de films sont les spectateurs qui portent en toute liberté un regard démultiplié et différent sur The Prophet. »

 

... mais aussi al-Mitra
En évoquant le projet qui a nécessité plus de quatre ans de travail, ses yeux de braise s'enflamment. On y lit des souvenirs, des images d'une enfance heureuse, ce « riche imaginaire des enfants que chacun de nous perd en grandissant ». Et l'on devine que bien que l'actrice prête sa voix au personnage de la maman, elle serait également le personnage de la petite fille, la al-Mitra du film.
Salma Hayek esquisse alors un sourire malicieux et, tout en repliant ses jambes pour mieux se lover dans le fauteuil, elle répond de cette voix chaude reconnaissable entre cent : « C'est vrai. Le caractère d'al-Mitra, bien qu'inspiré de ma fille Paloma selon certains réalisateurs, c'est également moi. Muette au début du film, elle retrouvera par la suite sa voix. Grâce à l'art, par les challenges et la poursuite d'un but, on peut trouver sa voix, sa voie. Si je me suis lancée dans cette carrière de productrice qui me plaît énormément, au fond de mon cœur j'ai encore un seul souhait : réaliser un film. » Et d'asséner : « Attendez... C'est à ce moment-là que vous entendrez ma vraie voix. »

 

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Elle entre d'un pas assuré dans la suite de l'hôtel Le Gray où on l'attend depuis de longues minutes. Ses cheveux couleur de jais se marient avec le noir qu'elle porte si bien (et souvent), mais aussi avec ses yeux noirs et pétillants. Elle s'excuse aussitôt pour le « petit » retard. Sa journée était longue, « mais si belle » et riche en émotions : elle s'était rendu quelques...

commentaires (2)

IL FAUT ET L'ADMIRER ET LA FÉLICITER !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 00, le 27 avril 2015

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Commentaires (2)

  • IL FAUT ET L'ADMIRER ET LA FÉLICITER !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 00, le 27 avril 2015

  • Vraiment un beau soleil , éblouissante .

    Sabbagha Antoine

    18 h 42, le 27 avril 2015

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