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Moyen Orient et Monde

Erdogan : Même si nous parvenons à détruire Daech, un autre groupe émergera sous un autre nom

Syrie
OLJ
23/04/2015

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état d'au moins 42 combattants tués en 24 heures dans des combats entre des rebelles islamistes et l'État islamique (EI) au nord-est de Damas. « Au moins 30 rebelles islamistes et 12 combattants de l'EI ont péri dans les combats depuis mardi » dans le Qalamoun, situé dans la province de Damas, indique l'ONG. La région du Qalamoun est divisée en une partie ouest frontalière du Liban et en majorité contrôlée par le régime syrien et son allié le Hezbollah, et une partie est où des combats font rage depuis plusieurs mois entre les rebelles et l'EI pour son contrôle. Cette dernière zone est stratégique car située à la périphérie de la « badiya », la steppe syrienne, qui s'étend du centre à l'est de la Syrie et à travers laquelle passent les routes d'approvisionnement des rebelles de la frontière jordanienne (Sud) et turque (Nord). L'EI, qui veut couper ces routes pour asphyxier les rebelles, est parvenu à contrôler une voie de ravitaillement, selon l'OSDH.
Dans le même temps, au moins 11 personnes ont été tuées par les bombardements des forces gouvernementales dans deux localités de la province de Damas. Et dans la province septentrionale d'Alep, 12 personnes ont été tuées et 40 blessées par des raids aériens de l'armée sur la localité de Deir al-Hafir, contrôlée par l'EI.

« Un virus pour les musulmans »
En réaction aux agissements de l'EI en Syrie et en Irak, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a eu des propos d'une rare fermeté, qualifiant l'organisation islamiste de « virus » destructeur pour la communauté musulmane. Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Fouad Massoum, M. Erdogan a déclaré que « Daech (l'acronyme arabe de l'EI) est un virus destiné à diviser et détruire la Umma (la communauté des musulmans) ». Le chef de l'État turc a également ajouté qu'« une stratégie internationale est essentielle pour éradiquer cette mouvance. Même si nous parvenons à détruire Daech, un autre groupe émergera sous un autre nom. D'où viennent ses armes, ses moyens ? Nous devons nous concentrer là-dessus », a-t-il insisté devant son hôte.
De son côté, la Russie a également réagi à travers son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour lequel le plus grand ennemi de la Russie est l'EI et non les États-Unis, malgré les relations tendues entre Washington et Moscou sur fond de crise ukrainienne. « J'estime que l'État islamique est notre plus grand ennemi à l'heure actuelle », a affirmé lors d'une interview M. Lavrov, alors qu'on lui demandait qui de l'Otan et des États-Unis, de la Chine ou de l'EI, était la principale menace pour la Russie. Le chef de la diplomatie russe a expliqué cette menace par le fait que « des centaines de Russes, des centaines d'Européens et des centaines d'Américains combattent pour l'État islamique. Ils sont déjà en train de rentrer chez eux. Ils rentrent pour se reposer, après avoir combattu, et peuvent se réveiller pour réaliser de mauvaises actions », a-t-il ajouté.

Polémique houleuse autour d'Assad
Dans ce contexte, le président syrien Bachar el-Assad, qui se présente aujourd'hui comme le seul rempart contre l'EI, a provoqué des soubresauts au sein de la classe politique française après son entretien donné à la chaîne France 2. Le quotidien Le Monde a rapporté les réactions du député et ancien ministre François Lamy, qui, s'exprimant sur RFI, a déclaré que « ce n'est pas le rôle » de la télévision publique française d'interroger « un dictateur dont on sait qu'il est responsable du massacre d'une grande partie de sa population civile ». « J'ai trouvé que ça n'honorait pas le service public », a-t-il affirmé. Le journal a également cité les propos de la députée socialiste et présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale Élisabeth Guigoux qui écrit sur son compte Twitter : « N'oublions jamais que les opposants syriens, non jihadistes, ont manifesté pacifiquement, et que Bachar el-Assad les a réprimés avec férocité », ajoutant que le président syrien, « contrairement à ce qu'il prétend, bombarde son peuple avec des barils d'explosifs et des armes chimiques ». Pour sa part, le journaliste David Pujadas a réagi mardi sur Europe 1, en rappelant que sa « mission est d'informer. D'un côté, la diplomatie française a pris des positions dans ce conflit et sur Bachar el-Assad. Il y a des intérêts contradictoires, car on n'a pas les mêmes missions ».
(Sources : agences
et rédaction)

Nouvelle visite en Syrie de touristes français

Un groupe de 17 touristes français effectue cette semaine une visite de sept jours en Syrie, où les autorités multiplient les initiatives pour favoriser ces voyages en dépit de l'opposition du gouvernement français. La délégation comprend dans sa grande majorité des Franco-Syriens désireux de manifester leur « solidarité » avec le gouvernement de Damas au cours de ce voyage organisé par la communauté syrienne à Paris avec le soutien du ministère syrien du Tourisme. Le ministre du Tourisme syrien Bichr Yazigi a rencontré les voyageurs. « Nous apprécions la détermination des Français à briser la barrière psychologique érigée par leur gouvernement et leur volonté de connaître la vérité », a-t-il déclaré.

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ACE-AN-NAS

Je dis bacteries mais on peut tout aussi bien dire virus , pourquoi pas ?
Eh bien je vais te donner une petite idee de ce que tu pourrais faire erdo , ce que tes ancetres ont fait aux armeniens a tort , tu le fais aux bacteros/virus
avec raison et crois moi dans cette situation personne ne t'en voudra et les generations futures ne seront pas inquietees.

Halim Abou Chacra

Le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, reconnaît maintenant que "le plus grand ennemi de la Russie c'est l'EI (Daech) ?? Et qui a contribué le plus au surgissement de Daech ? C'est le ministre Lavrov et son chef, le petit tsar Poutine, par leur appui inconditionnel à la dictature syrienne honnie de son peuple. Car s'ils avaient exigé une solution pacifique, avec le retrait du petit Hitler de Damas, il n'y aurait point eu d'EI (Daech) en Syrie.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI NOUS PARVENONS À DÉTRUIRE DAESCH ! QUELLE PRÉTENTION HYPOCRITE !!!

NAUFAL SORAYA

Ca, c'est sûr... Maintenant l'herbe folle (et mauvaise) est bien enracinée, allez l'arracher... Elle repoussera ailleurs, et renforcée!

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