Haut, très haut dans les intentions de vote, le Front national a pourtant vécu l'une des pires semaines de ses 15 dernières années, avec la violente brouille père-fille à laquelle vient se greffer, bien plus discrètement, l'accélération de l'enquête judiciaire sur ses campagnes électorales.
Jean-Marie Le Pen, qui n'est plus que président d'honneur du FN depuis 2011, n'avait jamais été aussi frontalement contesté par un membre de sa famille. « On n'est jamais trahi que par les siens », a-t-il lâché à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol. Sans grande nouveauté, son entretien a déclenché l'incendie. Marine Le Pen avait déjà par le passé condamné des propos polémiques de son père. Mais pour la première fois, elle envisage une sanction. Elle s'opposera à une liste frontiste menée par son père aux régionales de décembre en Paca. M. Le Pen a déjà prévenu : il « défendra » sa candidature, « sans grande illusion ».
Deuxième front ouvert : la convocation du paternel devant le bureau exécutif du parti, réuni en formation disciplinaire. Probablement dans les derniers jours d'avril. Pour l'instant, aucune décision n'est prise. Le patriarche, lui, accuse sa fille, qui lui a demandé de faire preuve de « sagesse » et d'arrêter la politique, de se soumettre au « système ».
« On ne sait pas ce qui va se passer », résument des frontistes, qui font le service après-vente de « l'appel à l'unité » de Marine Le Pen d'hier matin : un souhait d'apaisement envers le paternel. Mais cet appel vient aussi cristalliser le sentiment que ça ne tourne pas rond au « Carré », le siège du FN, où les rivalités internes affleurent.
Derrière le choc père-fille, l'enquête judiciaire sur les campagnes électorales du FN s'est accélérée. Dans le viseur des juges d'instruction, la société Riwal, proche du mouvement d'extrême droite, et son patron Frédéric Chatillon. Ils ont été mis en examen mercredi pour financement illégal de parti politique, en l'occurrence le FN. Riwal a aussi été mise en examen pour escroquerie. Plus inquiétant encore pour le FN, l'enquête a été élargie à des faits de financement illégal de campagne électorale, mais aussi au délit « d'acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale ». La loi française interdit aux entreprises de financer un mouvement politique.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - France
Brouille père-fille, enquête judiciaire à l’horizon : dure semaine pour le FN
Marine Le Pen lance un appel à « l'unité » au sein du parti.
OLJ / le 11 avril 2015 à 00h00


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