En pratique, les étudiants écrivent et réalisent des projets qui couvrent tous les formats de la télé. Ils passent par la régie et le plateau, et s’entraînent à la réalisation avec une seule ou plusieurs caméras.
Plus que le cinéma, la télé compte parmi les plus grands recruteurs. En effet, le nombre de chaînes a augmenté en quelques années, ce qui a induit une forte demande dans ce secteur. Or « les personnes qualifiées ne sont pas suffisantes. Il faut répondre à ce besoin », affirme Rosy Raggi, directrice de la section télévision. Ayant à son actif une longue carrière dans le monde de la télé, elle initie cette formation avec Alain Brenas, directeur de l'École de cinéma et de réalisation audiovisuelle à l'Alba, qui ajoute que « le défi, c'était de mettre la barre haut. C'est le bac +5 pour faire la télévision. Il y a des gens qui demandent pourquoi, mais pourquoi pas ! La télé, c'est le 8e art, et si on veut former quelqu'un, pourquoi faire un détour ? »
Alors que, d'ordinaire, ceux qui travaillent à la télé viennent du cinéma ou du journalisme, la tendance actuelle, de par le monde, est d'établir des formations universitaires dédiées exclusivement à la télévision. C'est dans ce cadre que l'Alba, en collaboration avec l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Canal France International et la Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (COPEAM), a consacré une section à la télévision.
« Le but ultime quand on a commencé à y réfléchir, c'était de donner ses lettres de noblesse à ce 8e art, à travers lequel on peut très bien s'exprimer, de différentes façons, grâce à ses divers formats », explique Mme Raggi. La télé a, d'ailleurs, ses spécificités. C'est un domaine de création à part entière et non pas un sous-produit du ciné. « C'est une volonté de notre part d'élever le niveau de la création dans le domaine de la télé à un niveau équivalent à celui du ciné, avec des exigences comparables à celles données par les écoles de cinéma » continue M. Brenas.
De plus, pour cette académie francophone, dispenser la formation télévision en anglais est une évidence. Ce choix de la langue poursuit un double objectif : d'une part, s'ouvrir aux étudiants venant des pays arabes et aux anglophones en général et, d'autre part, faciliter l'insertion des diplômés dans le marché de l'emploi qui communique principalement en anglais, que ce soit sur le niveau local ou régional.
Les codes de la télé dans une approche multidisciplinaire
Par ailleurs, à travers des méthodes pédagogiques actives qui engagent la réflexion de l'étudiant, les cours, les séminaires et les ateliers de travail sont prodigués par des professionnels locaux et internationaux. Exhaustive et polyvalente en licence, la formation permettra à l'étudiant en master de se spécialiser soit en création de concept et écriture, soit en réalisation.
Quant au programme de la formation, il englobe un large éventail de disciplines. Ainsi, la partie théorique couvre, entre autres, les concepts fondamentaux, l'analyse, l'étude de l'image, du son et du montage, les différents types d'écriture et de réalisation télévisées.
En outre, la formation met l'accent sur l'acquisition de connaissances, tel en histoire de l'art, de la télévision et du cinéma. En effet, selon le directeur de l'école, « la 1e année, c'est celle de la mise à niveau sur le plan de la culture artistique. Quand on parle du 8e art, ça veut dire qu'il y en a sept avant. Et on se doit de les connaître. Malheureusement, on n'est pas dans un environnement qui apporte cela naturellement, donc l'étudiant a besoin de passer par ces étapes. Par le fait qu'on est dans une école de beaux-arts, notre souci premier c'est de former des créatifs ».
De plus, la formation technique permettra d'effectuer des travaux pratiques. Le but : non seulement développer la capacité de l'étudiant à travailler en groupe, une faculté indispensable dans ce domaine, mais aussi se familiariser avec tous les formats de la télé, tels les séries, les sitcoms, les reportages ou les diverses émissions de plateaux. « L'objectif de la formation technique, c'est de maîtriser les outils pour s'exprimer et créer. Dans la région, nos télés ont besoin de personnes qui apportent de nouvelles idées et un nouveau regard. Il y a toute une sensibilisation à mettre en place », estime M. Brenas. Ainsi, il s'agit de miser sur le potentiel local afin d'innover et de développer des productions ayant une identité propre, reflétant la société libanaise. « On doit faire rêver dans une formation. Je cite souvent Montaigne pour qui l'enseignement ce n'est pas un vase qu'on remplit, c'est un feu qu'on allume. Alors que l'un des réflexes, c'est d'empiler des couches d'informations, pour nous il suffit de déclencher une passion et, une fois que c'est fait, l'étudiant ira plus loin que nous ! » lance, avec enthousiasme, ce directeur.


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